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56 DISSERTATION SUR LA
„ dans les Liturgies, ni dans les Symboles, & que même dans la Liturgie„ le pain & le vin font appelles antitypes après la consécration ; ce qui pa~,, roît exclurre entierement la Tranfubstantiation. Mais il 11’y a rien de plus,, vain que cet argument négatif, & qui d’un simple mot conclut une cho-„ fe positive. Si l’on obligeoit les Protestans à s’en tenir à leur principe,,, qui est la feule Ecriture, & même aux anciens Symboles, ils íè trouve-„ roient fort embarassés. Mais pour mettre davantage en évidence la sauf-„ fêté de ce raisonnement, je ne le combattrai point par d’autre Auteur,„ que par Jean Calvin dans son Institution , 011 il relu te judicieusement,, l’Heresie de Servet touchant la Trinité des Personnes en Dieu. Il avan-„ ce cette belle maxime : {a) qu’il est permis d’inventer de nouveaux mots„ pour expliquer les chosos avec plus de netteté, (b) principalement quand„ on a affaire avec des calomniateurs, qui fe mettent à couvert des mots„ pour embarasser les choses. C’est de cette maniéré, ajoute-1 il, que l'E-,, gliso a été obligée d’inventer les noms de Trinité & de Perjonnes. Il est á„ craindre, dit cet Auteur, qu’on ne soit accusé de superbe & de témérité,„ en voulant rejetter des noms qui n ont pas été inventés temerairement.„ (c) On vit d’abord paroître l’impietç, continue le même Calvin, lors que3, les Ariens commencerent á haïr & à avoir en horreur le mot consubflantiel.„ Il est facile d appliquer ces principes de Calvin au fait dont il Vagit. L’E-„ gliso , tant d’Orient que d’Occident, n’a point eu besoin d’inventer de nou-„ veaux termes au sujet de l’Eucharistie, pendant tout le tems que perfon-•„ ne n’a attaqué la vérité de ce mystère. Celle d’Occident a été la pre-„ miere qui s’en est servie, & même la seule pendant plusieurs siécles, par-,, ce qu’elle a eu des Berengariens à combattre. Il n’étoit point besoin que,, l’Eglise Grecque mît en uíâge ce terme , puis qu’elle n’avoit aucune né-Sy ceslìté de l’inventer, ou quelque autre semblable. Mais depuis que la con-,, noissance des nouveaux Berengariens s’est répandue parmi quelques-uns d’en-,, tre eux , & qu’ils ont vu que le mot transubflantiatio inventé par les La-„ tins, n’expliquoit pas moins heureusement le changement qui se fait dans„ l’Eucharistie, que leur expliquoit la confubstantialité du Fils avec
„ Dieu son Pere, ils ont jugé à propos de s’en servir, & l'usage en a encore,, été plus fréquent parmi les Grecs depuis les grandes affaires de Cyrille,, Lucar leur Patriarche. Voilà, ce me semble, la raison simple & naturel-,, le de cette omission du mot fUTacr{eo<n$ dans les anciens livres des Grecs.,, A quoi nous pouvons ajouter , que si le raisonnement de Mr. Smithj, étoit concluant, il prouveroit auísi de la même maniéré, que les Latins,, ne croyent point la Tranfubstantiation , parce que ce mot ne fe trouve3, ni dans leur Messe, ní dans leurs Symboles. Mais venons enfin à la der-„ niere objection.
,, Les Symboles du pain & du vin font appellés antitypes ou figures, mc-,, me après la consécration, dans la Liturgie des Grecs : d’ou l’on inféré,,, qu’ils font très-éloignés en cela de la créance des Latins. Mais Mr. Smith
„ ne
(a) Ouid vetat, qmminus qua captai noflro perplexa in Scripturis impeditaque fìmt , ea verbis planiorib'usexplicenws ? Calv. L. I. Instit. cap. 3.
{b) Hujusmodi autan verborum novitas tum potijjìtnttm ufa venit , dum- adverfits calumnìatores ajferendaeji veritas , qttt ter priverfdndo ipjdrn elùdunt. Ibid. , ,
(c) Ouando tewere non inventa sunt nomina, cavenàttm ejfe ne ea repudiando , fuperba temeritatis argua~
mur.
(d) Hic efferhuit itnpìetas , dttnt nomen ôpoovríov pejjìme odijfe & edtecrari Arianì cceperttnt. Ibid.