RELIGION DES GRECS. 67
>} après qu’il a été nommé Prêtre, il ne peut pliìs faire aucune fonction de la„ Prêtrise ; ce qui íè trouve conforme au Concile de Neôceíârée, Sc le maria-) } ge n’est point rompu pour cela : au lieu que dans l’Egliíè Latine le mariage est^ nul, parce que la Prêtrise est un empêchement qui le rompe. Je croi qué>, CaUcus a entendu parler de ces Prêtres qui se marient après l’Òrdination 3ìj quand il a dit, (a) que les Grecs croient que celui qui a été une fois Prêtreput revenir à l'état des Laïques . En effet, il ne garde plus rien de la Prê-3ì trise, si ce n’est qu’il retient encore quelque honneur dans l’Eglise , où ila a son siégé séparé du rang des Laïques.
Les Páppas ou Prêtres séculiers ne pouvant subsister d’un reVenil fixe Sc ho-norable comme en Europe, ils sont aussi contraints de subsister par la Simonie,ainsi qu on l’a déja remarqué. „ Le Clergé, dit un Auteur (b) est presque3, contraint de vendre les mystères ^divins, dont il est dépositaire. Ainsi on„ ne peut, ni recevoir l’absolution , ni être admis à la confession , ni faire„ baptiser ses enfans, ni entrer dans 1 état du Mariage , ni le séparer de se„ femme, ni obtenir l’excommunicatión contre Un autre, ou la Communion„ pour les malades, que l’on n’ait auparavant accordé de prix. Les Prêtres„ font leur marché le meilleur qu’ils peuvent tirant d’un chacun selon son ze--, le Sc ses facultés La rigueur avec laquelle les Papas rançonnent leursparoissiens, va si loin, qua peine jettent ils une goûte d’eau benite, qui nesoit payée d’avance.
Touchant les Beneficiets le P. Simon (c) rapporte , que l’Eglise Grecquen’ayant aucun fond pour leur entretien, elle ne peut subsister que du prove-nu des taxes Sc des libéralités. Chaque Paroisse est obligée d’entretenir sonCuré. Chaque maison est taxée a leur payer tant par an en argent ou enautre fchose. De même le Diocèse est taxé pour l’entretien de son Evêque Scc.Mais l’avarice Sc l’injustice de ceux qui exigent les taxes autorisent les rusesSc les artifices que l’on met en œuvre pour s’en affranchir: Sc pour ce quiest de la charité du peuple, on nous la donne pour si refroidie, qu’elle peutpresque servir a justifier la Simonie du Clergé.
„ Le Monachisme est en grande estime parmi les Grecs, comme l’on peut
Voir par la réponse que le (d) Patriarche Jeremie fit aux Théologiens d’Al-„ lemagne, qui avoient parlé des Moines comme de gens inutiles ; auxquels„ Théologiens il oppose Saint Basile & les autres Peres Grecs , qui ont fait-, l’éloge de la vie Monastique , Sc l’ont considérée comme une maniéré de3, vivre toute Angélique : ce qu’il confirme de plus, par l’autorité des Con-„ ciles ou on fit plusieurs beaux reglemens touchant les Moines. Metropha-„ nés Critopulus loue aussi (<-) le Monachisme, comme très-ancien dans l’E-» glise » & dit qu’il lui sert d’ornement. Leur genre de vie, selon le même3, Auteur, est fortaustere, parce qu’ils ne mangent point jamais de chair3s* sens néanmoins qu’il se soient engagés à cela par aucun vœu, mais seule-
„ ment
tine vierge. S’ ils s’accuscnt d 4 avoir connu des femmes* ils rie sáuroient se faire Prêtres, fi cé n’est qu’ils coqrompent leur Confesseur par argent. Après donc ìque le Confesseur a reçu la déposition du Viacre,i«nifie a l’Evêque, q u’un tel est vierge, & qu’il a dessein d’épouser une vierge : on le marie & enmncon lui confère Y Ordre de Prêtrise ; mais il ne fauroií passer à de secondes Noces. C efl pour ce qlui choisit la plus belle fille du village, & dont le teint promet une longue vie*
(<a) Caucu) Jjijì. de Gracor. errorib.
(f) f l'Eglise Grecque , par Ricàut.
(c) Bibliothèque Critique Tom. I. Chap. 24.
(d) Jerem. Patrìarch. Mefp. r. & 2 .
(f) Metroj/h. Critopul. Epit. Dotlr. tecks. Orient .
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