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ns II. DISSERTATION SUR LA
racles & la sainteté des mœurs ont rendu illustres : mais avant que d’en venirlà, il faut de grans témoignages, & que ces témoignages soient donnés pardes personnes irréprochables. Les Patriarches & les Evêques font des informa-tions très-exactes, & les font en plein Synode. Malgré cela, qui pourroit di-re à combien de préjugés, d’intrigues ôc de cabales on est exposé? Tel qui par-mi nous fait des miracles à Saint Marcel est foudroyé comme jm hérétiqueau Vatican, (a) La Vie d’une Beate du plus haut rang est tournée en ridicu-le (b) par les uns, T A. . P. . Test par les autres. Comment les Grecs,aujourd’hui si ignorans , si destitués de moyens propres à les éclairer neseroient ils pas exposés à ces préjugés de parti , à ces pieuses cabales, quine manquent jamais d’arborer dans leurs étendárs la GLOIRE DEDIEU?
Après toutes les recherches possibles, la personne, fur laquelle on les a faitesest reçue dans le Calendrier. On lui donne un jour pour fa Fête: tous les anson célébré íà mémoire, on dit des Messes à son honneur, on lit ft vie & l’hif-toire de ses miracles. Enfin l’on chante des Hymnes à íà louange & il prendfa place dans le Sjnaxarìum, (qui est comme une Legende) comme il l’a pri-se dans le Ciel. Ricaut ajoute á ces particularités, que les Canonisations nepouvant plus se faire sens de grans fraix, elles sont beaucoup moins d’usege
(a) Marguerite Marie A la Caque , Religieuse de la ^íá/w#,morte ì Earay dans le Charoîoisen 1690. SaVie composée par l’Évêque de Soiísons, depuis Archevêque de Sens, a .été imprimée in 4. à Paris en 1729 VLe grand objet de cette Vie est ’la dévotion au cœur de Jésus, que C. Im-même avait dit à cette Eeli-.gieufe d'établir , ct qui, selon l’Auteur de la Vie, a conté des peines ct des contradictions infinies à la Beatede la part de ses sœurs. Cette Dévotion, déja établie par le P. Eudes , 11’a été qu’etendue & perfection-née par Sœur Marguerite.
(b) Voici quelques traits pris de cette Vie. Pag. 115. „ La Sœur Marguerite étant devant le
St. Sacrement, Jésus Christ se montra a ellë sous une forme sensible & fit reposer doucement
„ la tête de sa servante sur sa poitrine. Dans ce moment il lui découvrit les secrets inexplicables„ de son divin cœur. Ensuite il lui demanda son cœur pour le prix du présent qu’il venoit,, de lui faire. La Religieuse le lui offrit avec toute l’ardeur dont elle pouvoit être capable, &,, il lui sembla alors que Jésus Christ prenoit effectivement son cœur, qu’il le placoit dans le„ sien , qu’elle le voyoit éclatant comme le soleil , à travers la playe de son côté. Notre Sei-,, gneur le retira après tellement embrasé, qu’il sembloit n’être q u’une flamme; & il le remit'„ dans le côté de sa servante, à qui il lesta une douleur continuelle, à l’endroit ois:Jésus Christ„ avoit paru faire l’ouverture pour en tirer son cœur. A cette douleur se joignit une ardeur,, très-vive dans la poitrine. Le remede que Notre Seigneur lui enseigna pour être soulagée*„ ce sut la saignée.
„ Page 165 Jésus Christ demande à la Religieuse qu’elle saíse un Testament par écrit ou une,,, donation entiere de toutes les prières & biens spirituels , que • l’on feroit pour elle , soit pendant„ fa vie, soit après fa mort. U lui dit de demander à fa Superieure, si elle veut servir de Notaire,, pour cet acte ; & qu’il se chargeoit de la bien payer de ses salaires. L’acte est transcrit tei
„ qu’il sut écrit de la main de la Superieure ; & il est signé du sang de sœur Marguerite. A la
„ vue de ce Testament Jésus Christ témoigne un grand contentement & fait à la Religieuse une„ donation de son cœur. Il lui dicte Pacte, qu’elle écrit de son sang. i
„ Cet acte est rapporté en; ces termes : Je te constitue heritierede mon cœur ct de tous fes tri -
,v fors pour le tems ct /’ éternité , te fer mettant ,d’en user selon, ton defìr &c. Marguerite, par recon-,, noiíîance prend un canif Le, forme fur fa poitrine le saint nom de Jésus Christ en caractères,, grands & profonds. ' - . r
A ces deux échantillons on doit ajouter certaines expressions tendres qui se trouvent dans lelivre dont je parle ici. Ces expressions, nous dit-on, sont capables de divertir les Libertins &de leur servir de modelés.
„ Entre plusieurs endroits très-remarquables celui-ci est sûrement des plus singuliers. La Beate re~„ cevoir presque autant de visites du Diable que de Jésus Christ. Un jour le malin esprit avoit„ été plus diligent que le divin époux à faire sa cour à la Religieuse , & avec une corde qu’il„ tenoit entre ses mains, il faisoit mille tours de souplesse pour la distraire de ses prières. Là-„ dessus notre Seigneur ayant paru, le malin fans aucun respect pour son Maitre , lui jetta adroi-„ tement la corde au cou, le pressa vivement, & l’eut étranglé, si la bonne Marguerite ne fut ac-„ courue, n’eut coupé la corde' avec fes ciseaux , & n’eut délivré ainsi son divin époux
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