H4 II. DISSERTAT I O N SUR LA
j, sauroient s’allier ensemble qu a quelques générations de là, si elles ne veulent„ te rendre coupables d’inceste , & encourir les censures de l'sigillé. Tous„ ces scrupules ont une seule origine. C’est entr’autres qu il a semblé mal-hon-„ nête qu’un homme épousât la même fille qu’il avoit tenue sor les fontsDans la triple immersion il fiiut remarquer, selon les Grecs , la mort, larésurrection & l’immortalité du Chrétien. La premiere immersion enterre le•vieil homme , la seconde le régénéré ôc lui rend la vie, & la troisième leieve ala vie éternelle. Cette allégorie, par laquelle l'siglitè Grecque a voulu carac-tériser le Baptême, la preuve évidente quelle a crû y trouver de la Trinité parlè rapport des trois immersions aux trois personnes, la distinction quelle mitanciennement par ces immersions entre les Orthodoxes & certains Héréti-ques Antitrinitaires ; tout cela soutenu & fortifié d’une longue & anciennetradition peut avoir persuadé aux Grecs, que l’essusion de l’eau, qui se faitparmi nous fur la tête des enfans, ne suffit pas pour le Baptême. On allu-re même que plusieurs portent l’obstination dans leurs préjugés, juíquá fairerebaptiser les Latins qui passent dans le Rite Grec. D’autres, i ce que rap-porte un (a) Missionnaire, se contentent de ks faire recrémer.
(b) Les Grecs baptisent & confirment en même tems ; mais avant que deparler de cette Cérémonie, je vais décrire la maniéré dont on fait le Chrême.,, (c) Le Vendredi Saint est marqué pour la consécration du Chrême, si'si-„ vêque, ou l’Archevêque en fait autant qu’il juge á propos pour toute l’an-„ née. Ce Chrême % a peu près la même consistence que le beurre. L’hui-„ le en est la base (d) On y fait entrer diverses drogues aromatiques. Le
Prêtre ayant á ses côtés deux Diacres, qui tiennnent (e) 1 éventail à la main,& précédé .du Domestique ôc d’autres Diacres qui marchent avec des lampes.,porte cette composition dans une boëte d’albâtre, ou plutôt dans un petit vasequi porte cesnom, parce qu’autrefois il étoit (f) d’albâtre, quoi qu’aujourd’huiií soit de verre ou de crystal ôcc. Arrivé à la porte du Sanctuaire il présen-te le vase couvert d’un voile á l’Evêque, qui le pose sor la Sainte Table aucôté gauche.. Alors un Diacre dit , acquittons nous de nos prières au Seigneur.Ensoite le Prélat s’avance vers le bord de cette Sainte Table, ôc après avoirdécouvert (g) le Chrême, le consacre ôc le bénit par un triple signe de croixqui est suivi d’une assés longue priere. Je dois remarquer ici que non seule-ment cette priere met le Chrême en parallèle avec l’huile ôc les onctions duJudaïsme, mais quelle assure autsi (h) que les Apôtres ont été oints , comme
les
(a) Richard J duite dans fa Relation de Hie de Sant-Ermì. pag. 139.
(b) Ricant Etat &c. Chap. 8.
(e) Ricmt. Ibid. Il se trompe à l'égard du jour, au lieu du Vendredi saint , iî devoir dire, le Jeu-di saiut. Voy. Habert & le P. Gortr.
(d) Habert tn Observât, adPontif. Grac. & le Pontifical même nomment le vin , le Calamus aromatìcus , lebaume, Y Echinante, qui pourroit bien être la giroflée, le poivre, la myrrhe, la Xylocajfia, que l’on croieêtre la cannelle, les folia Indica qui pourraient bien être la fleur de muscade. Ricant ne nomme quetrois ou quatre drogues en tout. Le Pontifical & Habert en nomment vingt autres, qui peut erre n en-trent plus íì scrupuleusement aujourd’hui dans la composition du Chrême.
(e) 'Pi 7 tiç ou piTiStòv flabrum. Voy. Habert ubi sup.
(fy Voy. Habert ubi sup. àx«j 3 ctçpbu, Lecythus Unguentaria, Latinis etiant alabafier &C.
Qr) La Traduction Latine du Pontifical porte velat pag. 696. c’est une faute. ’Axómjrafe; signifieil découvre. Ricant a copié la faute, parce qu’il a traduit sur le Latin.
(h) Voy. Pontif Gr£c. pag. 69s. ou la traduction que Rìcaut a donnée de cette priere Ch. 8. ubi sup. Jeremarque ici en passant que Ricant a mal traduit cet endroit qui concerne l’onction des Apôtres. IItraduit c'efi de cette onElion que &c. & jusqu'ici tous ont été baptisés par eux &c. au lieu qu’il falloit tra-duire , c’efl de cette onélion que &c. & tous ceux qui ont été' régénérés dms le Baptême par eux , ou par leurssuccesseurs les Evêques. Quoique cette priere suppose l’usage du Chrême dès les tems Apostoliques, onpeut voir comment Habert réfuté ce sentiment dans ses Observations fur k Pontifical Grec. pag. 70^. Scíuiv.