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[Volume II.]
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n8 II. DISSERTATION SUR LA

par le Prêtre revêtu de íès ornemens pontificaux en présence de ceux qui ontdonné lieu, soit directement .soit indirectement, â PExcommunication dumort, s’ils sont en état de comparoitre. Après ces prières, qui lui donnentl’absolution, (a) il se dissout & il ne reste du corps que des cendres. Supposéque cette dissolution soit vraye, en voici la cause naturelle. L air étrangerpénétré ces corps durcis par les sels terrestres, qui ont occupé les pores, lesfibres, les nerfs de ces corps. Il fond ces sels, 8c relâche par son humidité lesnerfs & les fibres: 1 e corps se résout, Sc c’est lâ le miracle que la nature opérépendant la priere de l’absolution.

Aux Superstitions que je décris, est duë la coutume de déterrer les morts unan après leur sépulture. La belle couleur Lc la bonne odeur sont chez lesGrecs superstitieux une preuve sens équivoque de la seinteté de leurs morts.Ils portent même la prévention juíqua croire que la personne, qui a prononcél’Excommunication, doit auíïì prononcer l’absolution, fut elle devenue Maho-métane ou Payenne. C’est ainsi que, {h) selon Allatius, un Patriarche eut re-cours â un Renégat, pour dissoudre un mort excommunié par ce dernier étantencore Chrétien.

Le Diable n en veut pas seulement aux morts : il arrive aussi, que chez lesGrecs comme ailleurs, il entre dans le corps des vivans. On l’exorcise pourle chaíser. Ckrijìcphle Angélus nous décrit, comme témoin occulaire, (c) l’exor-cisine d’un Démoniaque. On enchaina le possédé â un poteau, après quoi desPrêtres revêtus des ornemens secrés lui lurent pendant six heures une partie desquatre Evangiles. Comme un paísege de (d) St. Mathieu dit formellementque l'on ne chasse les Diables que par les jeunes 8c par les prières, les PrêtresExorcistes avoient eu la précaution de jeûner environ vint 8c quatre heures. Lelendemain les Prêtres jeunerent comme auparavant, 8c continuèrent de lire :á, peine cette lecture fut elle achevée le troisième jour. Cependant le poísedémaudissoit Dieu 8c les hommes, en jurant,hurlant 8c tordant la bouche: maistoutes ces contorsions n’empêcherent pas les Prêtres de continuer la lecture, sensdaigner répondre un seul mot aux impiétés de Satan. Il sent remarquer que lesPrêtres lisoient tour-â-tour sens interruption, 8c cela se fàisoit avec ( e) tantde précaution, qu’au dernier mot de l’un l’autre reprenoit tout aussi-tôt la lectu-re. Loríqu’ils eurent achevé déliré les quatre Evangiles, on choisit un autrePrêtre , bien connu par se vertu & par la simplicité de se vie. Celui-ci lut auDiable les Exorcifmes de S. Basile. Il semble que cette lecture acheva de le dé-concerter: quoiqu’il en soit l’Eíprit malin répondit au Prêtre par des injures,

I mais le Prêtre répliqua par la censure, 8c par un ordre si absolu de déloger,qu’il sortit enfin. En sortant il joua de son reste, maltraitant le possédé autant qu’illui fût possible, 8c jusqu a le laisser pour mort.

Avant que de paíser au Mariage 8c aux cérémonies qui le concernent, jevais rapporter quelques differences que les Grecs ont remarquées dans les Vrou-colaques . Ils croyent que l’Excommunication proportionne son action au crimede celui quelle frappe, ou â la dignité de celui qui excommunie ; 8c c’est lâ selonles Grecs, la cause de ces differences. La partie antérieure du corps de celui

qui

(a) Le même Allatim rapporte ubì supra des exemples de ces dissolutions qui ont suivi l’absolution'. 11ne se donne pas pour avoir vû, mais pour avoir après de quelques personnes dignes de foi.

(b) Allatius ubi sup. '

(c) De Statu Gracor. cap. 49 .

id) S. Mathieu Ch. XVII. v. 2 r.

00 Je paraphrase ainsi les termes Grecs, qui mot à mot signifient, il ravit la parole de la bouche deteint qtti le précede.