RELIGION DES GRECS. n 9
qui a manqué â quelque precepte, ou qui a reçu quelque malédiction resteabsolument entiere après la mort.
Celui qui a été frappé d’Anatheme devient jaune, ses doits se retirent tout àfait: celui qui est excommunié par les loix divines paroit tout blanc, mais celuiqui est excommunié par un Prélat paroit tout noir.
Je passe au mariage : il a ses cérémonies particulières, 8c des préliminaires aussiremarquables que ceux des autres pais: mais avant que le décrire du côté despratiques civiles 8c mondaines, il sent le voir par celles qui Rattachent a laReligion. L’Office du Mariage a (a) une priere pour la mariée qui va êtrevoilée ou coiffée. Ceux qui veulent se lier par les liens du mariage, st indissolu-bles dans lè Christianisme, & où l’on se trouve souvent lié avec des Démonsque le plus hardi Exorciste n’oseroit sc vanter de pouvoir chasser- ceux-là, dis-je, se présentent au Prêtre après la Messe. Le Mari futur prend la droite, lafemme la gauche. Il y a sor la sainte Table, 8c à droite deux anneaux toutprès l’un de l’autre; l’un d’argent, tourné vers le côté droit, l’autre dor tour-né vers le gauche. Le Prêtre qui doit accorder ces deux personnes fait des signesde Croix fur elles, leur met entre les mains des cierges allumés, les encense encroix, les conduit au Temple. Les prières soi vent entre le Chœur & le Diacre pourle bonheur, la paix 8c la fécondité de ces futurs mariés. Après ces prières, lePrêtre donne l’anneau dor au galand &: celui d’argent à íà maîtresse, en disantjusqu’à trois fois, f unis (ou j engage) m tel & me telle , serviteur & servantede Dieu,au nom du Pere 8cc. Ayant prononcé cette formule, il fait le signe dela croix fur leur tête avec les anneaux, avant que de les leur mettre aux doitsde la main droite. Un (h) Paranymphe fait ensuite l’échange de ces deux an-neaux 8c le Prêtre dit une assés longue priere, dans laquelle la vertu 8c la di-gnité de l’anneau nuptial sont comparées typiquement aux anneaux de Jo-seph, de Daniel, de Thamar &c.
Lors (c) que l’on couronne les mariés le même Prêtre accompagne la cé-rémonie de plusieurs bénédictions &: de quelques prières pathétiques. Les E-poux entrent dans l’Eglise avec leurs cierges allumés, le Prêtre marche devantavec l’encensoir, en chantant le Pseaume 128 . qui promet aux sidelles du Ju-daïsme un mariage heureux 8c fécond. A chaque Verset du Pseaume Rassem-blée répond par le gloria 8cc. Le Diacre reprend les prières á la fin du Pseau-me, & le Chœur répond comme à Rordinaire. Si après tant de vœux 8c tantde prières, où l’on (d) fait le détail des bénédictions accordées à Abraham, àIsaac, à tous les Patriarches, à Zacharie 8c à Elizabeth , Pere 8c Mere duprécurseur de N. S. 8cc. Si dis-je, après toutes ces bénédictions, un mariageest malheureux ; que peut-on répondre ì Sinon que Rhumanité gâte Rouvragede la Religion.
Après toutes ces prières, le Prêtre couronne l’Epoux en prononçant ces pa-roles, un tel serviteur de Pieu ejl couronné pour le marier à 8cc. ensoite il cou-ronne l’Epouse en récitant la même formule, que soivent une triple bénédic-tion, des leçons, 8c quelque prières. Pour derniere cérémonie le Prêtre fàit
boire
v °y. 1 ’Euchologc du P. Goar.
(b) Ou les Paranymphes, parce qu’il y en a ordinairement plusieurs. Ces Paranymphes font presquetoujours les Parrains & les Marraines des mariés, comme on le verra dans ce que j’extrairai ci après de
Tomnefort.
(c) Usage particulier des Grecs. Voy. Goar dans son Euchologe.
(d) V oy. deux Prières pour les nouveaux Mariés dans Y Euchologe ubi sup.
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