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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. iâj

tre. Cependant il faut savoir que le miracle de l’adhésion iie rèpfsit qu’á certainsendroits de l’Image. Manque ton d’appliquer la piece à l’endroit? Elle tom-be. C’est Wheler (a) qui nous rapporte la choie, 8c Wheìer étoit sens doute unde ces Hérétiques défians, qui vérifient les choies de cette nature avec rigueur»Il trouva que le miracle de l’adhésion reuífissoit, selon que celui qui appliquoitla piece de monnoye rencontroit le vernis de l’Image, ou le manquoit. Mais cettëadhésion n’auroit pas suffi encore pour constater toute la vérité du miracle, mêmechez les plus ignorans. Il faut donc croire qu’il est arrivé une ou deux fois tout aumoins, que pendant l’adhésion ou la chute de la piece l’Image a rencontré juste, & iln’en faut pas davantage pour certifier à des esprits foibles la vérité de certaines su-perstitions. Mais le récit de celle-ci, me dira-t-on, est ici hors d’œuvre. Il est vraiquelle ne regarde que de fort loin les usages mortuaires ; 8c cependant on nela pouvoit pas mieux placer.

Lorsque l’agonisent a rendu lame, toute la máison du mort devient com-me le tneatre dune tragédie. On n’entend que des pleurs, des cris 8c des ge-missemens. (b) „ Le corps du défunt ou de la défunte est revêtu des plus beaux-, habits, ensuite de quoi on l’étend fur le plancher, on lui met un cierge à„ la tête 8c un autre aux pieds. La femme, si c’est le mari qu’il faut pleu-„ rer, les enfans, les domestiques, les parens & les amis entrent dans la„ chambre de ce mort les habits déchirés, en s’arrachant les cheveux - en se„ frappant la poitrine, & même ajoute Ricaut , en se déchirant le visege avec„ les ongles ”. Le tragi-comique de notre deuil ne va pas si loin, 8c je ne eroipas qu’aujourd’hui, pas même en Gaseogne 8c en Languedoc, l'on trouve desfemmes, des enfans 8c des maris qui portent pour livrée d’un deuil intérieurdes balafres, 8c des égratignures fur le viíàge. Le Christianisme nous apprenda nous consoler en Dieu, 8c il n’est rien que nous prenions plus volontiers àla lettre que ce point de Religion - loríqu’il s’agit de se consoler de la perted’un pere, d’un époux ou dune femme. Le corps du mort ayant été accom-modé , comme on l’a dit, & couché par terre, pour lui faire toute la cérémo-nie du dueil ; lorsque l’heure est venue de l’ensevelir - le Crucifix marche à latète du Convoi funebre, „les Prêtres, & les Diacres, qui accompagnent, en„ récitant les prières ordonnées par l’Eglise - font brûler de l’encens 8c deman-,, dent a Dieu, qu’il lui plaise de recevoir l’ame du mort dans le se jour des„ bienheureux. La femme, (Ricaut nous parle de l’enterrement d’un mari)„ fuit les tristes restes de son cher, baignée de pleurs 8c dans une si grande„ désolation, qu’à en juger. . 4 par ses larmes... » & par la violence de ses„ cris, on croiroit quelle a résolu de forcer son ame á courir après celle du„ défunt. Ricaut ajoute qu’il se rencontre des femmes, dont l’humeur ne s’ac-,, commode pas de ces passions emportées. . * . mais le deuil n’en est pas„ moins lugubre pour cela. . ; ”. On a des pleureuses de profession qui pieu*vent à gage pour la veuve, 8c qui à force d’exercer l’art de pleurer - ont acquisl’adresiè de contrefaire les gestes 8c les mouvemens de la plus Vive douleur.

-, Le service ( mortuaire ) étant achevé, on va baiser le Crucifix : ensuite„ on baise le mort á la bouche 8c au front. Enfin chacun mange un morceau„ de pain, & boit un verre de vin dans l’Eglise, en souhaitant du repos à„ 1 Ame du mort 8c de la consolation à la famille affligée”. J’oubliois, qu’aurapport de quelques Voyageurs (c) la veuve, du mari qui a perdu fà femme,

l’èn- 4

(a) Voyages en Grece & au Levant Tome prem.

(£) R,caut , dans Y Etat de L'Eglise Grecque Chap. 14,

(c) Monconys & autres.

Tome III. Part. I.

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