RELIGION DES GRECS. 149
Je remarquerai ici, qu’on appelle Chrétiens de la ceinture une partie desChrétiens Schématiques du Levant, íur-tout ceux de Syrie, les Nestoriens,les Jacobites ôcc. parce qu’ils portent generalement une ceinture de cuir ailéslarge. L'origine de cette coutume vient d’un Calife du neuvième siecle, quiobligea les Chrétiens de ses Etats de sc distinguer de cette façon des Mahomé-tans. (a) Vraisemblablement cette odieuse distinction sécant oubliée, & la cein-ture étant devenue un ornement, elle produisit une autre coutume que je vaisdécrire. Lorsque l’Evêque excommunioit un Chrétien, en le séparant par l’A-natheme, il lui coupoit la ceinture, ôc lui en donnoit quelques coups fur lesépaules. En vertu de cet usege, le mot d z Zonnar, corrompu du Grec, si-gnifie également chez ces Schiímatiques une ceinture ôc la Discipline,.
Des (b) GEORGIENS ou IBERIENS,ceux de la COLCHIDE ou MENGRELIE,
„ Dans (c) l’Histoire que Galanus a fait imprimer a Rome touchant la con-», «filiation de l’Eglise Arménienne avec la Romaine, il y a quelques actes cu-„ rieux qui regardent l’Etat des Iberiens ôc des autres Peuples voisins. Le Pape„ Urbain VIII. envoya à ces Peuples là des Missionnaires, dont le Pere Avita-„ bolis Clerc Régulier étoit le Chef: ÔC ce Religieux escrivit de ce pays-là u-„ ne lettre au Pape, où il lui marque aisés éxactement les erreurs des lbe-,, riens, qui sent les mêmes qu’on attribue aux Grecs ; savoir qu’ils recon-», noiísent, à la vérité, urç Purgatoire, mais non pas á la maniéré des Latins,,, parce (d) qu’ils croyerit que les âmes sent seulement dans un lieu obscur„ & rempli de tristesse, fans y être tourmentées par le feu: qu’ils nient le», Jugement particulier des âmes, étant dans cette persuasion, que quand», quelqu’un meurt, son ame est portée par son Ange Gardien en la présence„ de Jésus Christ ; & si c’est lame d’un Juste qui soit fans péché, elle est in-,, continent envoyée dans un lieu de lumière ôc de joye: si c’est l’ame d’ust», impie, elle est mise dans un lieu obscur. Si cette personne est morte en„ faiseur penitence, elle est envoyée pour un tems dans le lieu d’obscurité ôc», d’horreur, d’où elle est ensuite conduite dans le lieu de joye : ôc tous at-„ tendent le jour de la Résurrection generale, d’autant qu ils nient absolument„ que les âmes voyent Dieu avant ce tems-là. Les Iberiens de plus, selon le„ même Auteur, croyent que les Infidelles sont jugés en un Jugement particu*„ lier seulement, ôc non dans le Jugement général. Ils se fondent fur ces„ paroles de l’Evangiìe, (e) Celui qui ejl infidelle es déja jugé (f) Ils ne croyent», pas de plus, que les peines des damnés soient éternelles: mais ils disent,que„ si un Chrétien meurt en péché mortel, ôc sens avoir fait penitence, oïl», peut le tirer des Enfers avant le Jugement universel, en priant Dieu pour», lui. Je croi néanmoins, que cette creance qui aproche de celle d’Orige-
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(?) Voy. d 'Herbelot Bibliotheq. Orient.
(V Quelques-uns ont prétendu qu’on a donné ce' nom aux Iberiéns, â cáuse de la dévotion qû’ífeònt pour S. George. Cependant il est bon de remarquer que Pomponius Mêla, qui vivoit long temsauparavant, parle des Géorgiens ( Geárgi ) en deux endroits de son livre & les compte parmi les peuplesqui habitent autour du Caucase & aux environs de la Mer Caspiene.
(c) Clent. Gala», m Çoncil. Armen. cum Rom. Edit, Ront. typ. Congreg. de Propag. Ft de t Anno {
(d) Purgatormm affirmant, rum tamen per ignem , sed animas crnciari ift loco obfittro et moefiitndinií.
00 Jean. ;. “ &
(f) Inferorum pœttas Hon facmnt «terriaS.
Tome III. Part. I. p p
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