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[Volume II.]
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154 III. DISSERTATION SUR LA

„ ment, ils avoient une véritable intention de l’administrer. Et fur cela (a) ii,, doute, s’ils consacrent véritablement le pain &: le vin, parce quils ne íà-„ vent ce que c’est que cette intention. Il leur demanda de plus, en quoi,, ils faisoient consister la forme de la consécration. Et ayant fait cette question„ à plusieurs d’entre eux, il n’y en eut qu’un qui le satisfit, & qui lui reci-,, ta en ester les paroles de cette consécration. Mais il est ailé de juger, que„ le Mengrelien, qui contenta lâ-dessus le P. Zampi, parla plutôt selon le sen-,, riment du Pere , que selon le sentiment de ceux de íâ nation. Ce qui„ mérité le plus d’être remarqué, & qu’on aura de la peine à croire , est la„ feponse d’un Prêtre Mengrelien, a qui le même Pere (h) demanda, si après,, la consécration du pain & du vin, ce pain &c ce vin étoient véritablement,, changés au Corps & au Sang de Jeíùs Christ ? A quoi il répondit en soû-„ riant, qu’on ne pouvoir comprendre que Jésus Christ pût quitter le ciel„ pour venir fur. la terre, & qu’il pût être renfermé dans un si petit mor-„ ceau de pain. Mais cela ne s’accorde gueres avec le témoignage que le P.„ Zampi a rendu ailleurs de la créance de ces peuples touchant ^Eucharistie.„ Et comme ces sortes de questions se font hors de propos par les Mission-„ naires aux Peuples du Levant, qui ne sent point instruits de nos disputes„ ser ce Sacrement, aussi ne doit on pas s’étonner de leurs réponses, si elles,, ne Raccommodent pas toujours avec nos principes. Ce Papas Mengrelien„ ne consulta dans cette occasion que ses sens, & fit à peu près la même re-„ ponse que les Capharnaïtes firent a Notre Seigneur, Quomodò potejí hic no -f, bis dare carnefn fum ì Le P. Zampi ajouta a ces questions une autre qui é-„ toit aussi inutile que les premieres. Il demanda à ce même Papas , si att,, Cas que le Prêtre oubliât les paroles de la confécration, la Mesiè seroit va-„ lide. A quoi il répondit, Pourquoi non ? Le Prêtre, â la vérité , pèche-a roit ; mais il ne manqueroit rien â la M este pour être véritable. 11 est é-„ tonnant qu’un Missionnaire fasse ces sortes de questions â des peuples qu’ii„ reconnoit être dans urte profonde ignorance, & qui, bien loin de lavoir les„ qUestions qui se traitent depuis quelques siécles seulement dans les écoles des,, Latins, íl’orit qu’une teinture fort legere des principes de la Religion Chré-,, tienne.

,, Mais ce qui seandaliíâ le plùs le P. Zampi, fut de voir le peu de respect„ que les Papas de Mengrelie ont pour le Sacrement de l’Eucharistie, qu’ils„ ne conservent pas â nôtre maniéré dans des vases précieux, mais dans un,, petit sec de cuir ou de toile, qu’ils ont toujours attaché â leur ceinture,,, le portant par tout avec eux pour s’en servir dans les occasions, lors qu’il„ faut donner le viatique aux malades”. (Quand ils se couchent, ils mettentcette bourse ou ce sac fous leur chevet.) „ Ils ne font même aucune difficulté,, de le donner â portera d’autres personnes, soit homme ou femme: Lc comme,, le pain coníàcré est dur, ils le rompent en petits morceaux pour le faire-, tremper, se mettant fort peu en peine des petites parties de ce pain coníà-„ cré qui tombent à terre , ou qui demeurent attachées â leurs mains”.(Souvent ils réduisent le Viatique en poudre , le détrempent dans du vin

&

{a) Circa l’intentione, non fimno che fia, solo fer usanza celebrano e fer í elemo/ìna. Per cio fi fia valida Uconsecratione noi riwetto a Dottori.

(b') Interrogai uno di quefli Reverendi , fi fatta la consecratione del pane e vìno con le fìdette parole , vera-mente dopo qnestapane e v'mo f ose il corso e sangue di Cbrifto. Ouest o feridendo, corne se gli havesi detta mafacetta, dise , chi porta Chrifto nel pane? & corne puo venirvi,e corne f m stare in cofi pocopane? & perche stvolpartire dttl cielo per venir in terra ? ne mai si e vistosimil causa.