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[Volume II.]
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RELIGION DES GRECS. 155

& font boire au malade ce Viatique pulvérisé, en priant 1 ’Imáge pour laquel-le [a] ils ont de la dévotion, (b) de ne les pas tuer. Leur grossièreté va plusloin encore; peu de Mingreliens prennent ce Viatique, parce qu’on le regardecomme un mauvais augure dans la maison d’un malade. Au lieu de le luidonner, on le met dans une bouteille avec du vin, ou dans une petite cale-basse, sor laquelle on fait ensuite des observations. Si le Viatique va au fondde la calebasse, c’est un signe de mort pour le malade, s’il surnage, c est unsigne de convaleseence ) ,, J’avoue que ces peuples n’ont pas assez de res-

„ peâ pour cet auguste Sacrement : mais aussi n’est-il pas juste de les sou-ri mettre á tout le culte extérieur quon lui rend dans l’Eglise Occidentale,« puis qu’ils n’orít pas les mêmes raisons de le faire , n’ayant point parmi„ eux de Berengariens, ni de Protestans, qui les puiísent obliger adonner„ ces marques exterieures de leur créance. Nous ne pouvons exiger d’eux„ que ce qui s est pratiqué dans les premiers siécles de l’Eglise : & il 11’est„ pas particulier aux Mengreliens de renfermer dans un íàc de cuir le Sa-„ crement qui doit servir de Viatique. Cela s’observe aussi dans quelques„ Eglises Grecques, qui le conservent de cette maniéré dans leurs Eglises at-„ taché a la muraille”. /

(Le P. Zampi rapporte que les Moines Mingreliens ne mangent jamais deviande, qu’ils jeûnent & prient avec beaucoup de régularité, mais qu’avec ce-la ils ne s’embaraísent pas du salut des âmes qui leur sont commises. Politfoire un Bere , (c’est le nom qu’ìls donnent aux Moines,) ils lui mettent sorla tête, souvent même dès l’eíifànce , une calotte qui lui couvre les oreilles.Dès lors il doit s’abstenir de viande, dc l’on commet a d’autres Beres le soind’élever ce petit Novice. Pour ce qui est des'Religieuses, non seulement ellesne gardent pas la clôture j mais même elles ne sont engagées dans la vie Mo-nastique qu autant quil leur plait. Il paroit par la Relation de ce Mission-naire , que c’est un assemblage de filles qui méprisent le mariage, de servan-tes qui sont sens maitre, de veuves usées, de femmes répudiées, de pauvresfilles qui sont bien aises de trouver retraite, & de vieilles prudes hors de service.La marque de Religion est le vòile noir & i’habillement de même.

Pour fuplement à ce que le P. Simm a dit de la Messe des Mingreliens, j’en don-nerai ici la deseription. On dit la Messe chez eux en langue Géorgienne que leP. Zampi appelle littérale, (cette langue n’est plus vulgaire.) Le Prêtre por-

(a) Selon le P. Zampi , ce n’est pas l’objet représenté par 1*Image qui excite la dévotion des Min-greliens, c’est la figure matérielle de l’Image, & cette dévotion est plus ou moins grande selon que l'I-tnage est plus ou moins parée & la matière plus ou moins précieuse 8cc. Le bon Millionnaire dit enmême tems, „ qu'en cela ils tiennent bien plus du Judaïsme & du Paganisme qu5 du ChristianismeComment a-t-il pû ignorer que les Juifs, bien loin de rapporter leur culte à la matière peinte ou sculp-tée , n’ont chés eux ni peinture ni image?

(b) Sans entrer dans tout le détail de la dévotion timide & groífiere qu’ils ont pour leurs Images, &fans parler aussi des requêtes ridicules qu’ils leur présentent contre leurs ennemis , je rapporterai qu’ilsfostt leurs sermens fur ces Images, & que ces sermens font fans appel : cependant il se trouve des Min-greliens si scrupuleux en apparence, qu’ils ne veulent jurer fur aucune Image. Une cérémonie supersti-tieuse assés remarquable c’est l’offrande mêlée d’imprécations qu’ils font de la maniéré suivante, pouffaim périr leur ennemi. „ Ils vont alors, dit le Pere Zampi , à l’image à laquelle ils ont le plus de,, dévotion, avec une offrande composée de deux petits pains & d’une petite bouteille de vin. , Uanî„ devant l'Image, le Papas tourne l’offrande autour de la tête de celui qui la fait. Ensuite il s’adreíse„ a elle, & lui dit, si par exemple c’est un voleur qu’il dévoué à la colere de l'Image, tu sais que j ai„ ete -vole , & que Je ne puis avoir le larron entre mes mains. Par ce présent que je te fais, je te prie de l’a -,, neantìr. En même tems il fiche un pieu dans la terre devant l’Image, & l’enfonce à coups de maillet,„ ajoutant ces paroles, lors que le pieu est entierement enfoncé, je te prie de faire à mon voleur ce que fat» fait k ce pieu.