iy6 III. DISSERTATION SUR LA
te les ornemens dans un sec de peau , le vin dans une calebasse, un petit painsous le bras, une bougie à la main, & commence des Oremus près de l’Egli-se où il doit dire la Messe. A la porte il se débarasse de fa charge, & bat lebois secré : ce bois est une planche assés mince de la largeur de la main , &clongue quatre ou cinq fois autant, sor laquelle il frappe pour appeller les gens,ensuite il sonne une cloche, allume se bougie, reprend se charge, entre dansl’Eglise, & toujours récitant quelques prières assés haut, se revet de ses orne-mens. Après s’être revetu, il prépare l’Autel, c’est-à-dire qu’il le couvre d’u-ne toile, met un plat qui lui sert de patene du côté de l’Evangile, & du cô-té de l’Epitre un gobelet qui sert de Calice, entre deux le pain qu’il doit con-sacrer. Cet arrangement fait, il verse du vin dans ce Calice, prend le pain,en coupe des morceaux vers la marque, les met dans la Patene, & par deffus la Camara , qui est une étoile faite de deux demi-cercles. S’il y a trop depain coupé, il le met à part. ll couvre aussi la Patene d’un linge blanc, &le vin d’un autre. Après cela se retirant un peu á côté de l’Autel, il laissetomber fa chasuble par derriere, íi tant est qu’il en ait une, dit le Pater, en-suite l’Epitre, ensuite l’Evangile , & le Missel à la main s’en va chantant leCredo dans le millieu de l’Eglise, y ajoutant quelques Oraisons pour l’Osser-toire. Revenu à l’Aurel, il prend le voile dont la Patene étoit couverte, lemet sor fa tête, prend la Patene de la main gauche, &c la porte au front,de la droite le Calice, &: l’appuye contre son estomac. Alors il s’acheminelentement vers le peuple, juíqu’au millieu de l’Eglise, & seisent la Processiontout autour avec les Espèces, il chante l’Hymne qu’ils appellent (a) Chambi-que, pendant que le peuple se prosterne ou fait de profondes inclinations. LaProcession étant finie le Prêtre de retour à l’Autel, y remet la Patene Òcle Calice, ôte le voile qu’il s’étoit mis fur la tête , le tient devant les Espèces,récité encore quelques prières & prononce enfin tout haut, comme en chan-tant, les paroles de la consécration sor le pain & le vin. De l’étoile , qu’il aportée auparavant sur la Patene & le Calice en forme de croix, il en fait dessignes sor les espèces ; du pain consacré , qu’il éleve sor se tête en disentquelques Oraisons , il fait trois autres signes de croix, ensuite le met dansse bouche & le mâche. S’il reste des miettes de ce pain dans la patene , illes prend Lc les met aussi dans se bouche. En buvant le vin, il tient le caliceferré entre ses deux mains. Il est presque inutile de faire observer qu’en faisentcette cérémonie le Prêtre Officiant est tourné vers l’assemblée, & l’excite à re-cueillir se dévotion. C’est ce qu’il fait par le mot suscit, qui signifie tremble-ment, &c c’est par là que finit la Messe, soivant le rapport du Misionnaire I-taîien que j’ai cité.
Le pain qui sert a la consécration est rond, à peu près du poids dune on-ce , & composé*, dit le Missionnaire, de serine, d’eau, de blé & de vin. Lamarque de ce pain est pareille à celle des Grecs de Constantinople.
Je finis cette desereption de la Messe des Mingreliens par quelques abus quimarquent parfaitement l’ignorance & la grossièreté de ce peuple. Un Prêtrequi va dire la Messe trouvant l’Eglise formée y attache tranquillement se bou-gie & dit la Messe à la porte. S’ils se trouvent plusieurs pour la dire dans lamême Eglise, au lieu d’en dire une chacun en particulier, ils (b) la disent tous
en-
(a) Peut être faut il lire Cherubique.
(b) V. le p. Simon Tom. I. de la Bibl. Critique fur cet usage.