204 III. DISSERTATION SUR LA
le dire, est plutôt celle du Baptême des Coptes d’Egypte cjue de celui des A-byssins: mais les différences ne sont pas affés considérables pour metendre sorce dernier. Seulement je remarquerai (a) que des Missionnaires ont accusé iesPrêtres Abyssins de changement d’abus dans la formule du Baptême , endisant, je te b api se dans les eaux du Jourdain , au lieu de ces paroles, je te bap-tise au nom du Pere-, òc qu’ils n’attendent pas le terme prescrit pour le Baptê-me de Pensant , lors qu ils le voyent en danger de mort. Cependant onnous assure en même tems (b) , qu’ils croyent le selut des enfàns morts sensBaptême , pourvu que ces enfans soient nés de pere òc de mere fidelles ;ajoutant même que Pensant est sanctifié dans la vertu de la Communionque la mere reçoit après la conception. On leur attribue aussi de croire quePâme est engendrée comme le corps, (c) Ce sentiment ne leur est nullementparticulier, &: a même trouvé des partisans distingués.
L’Epiphanie des Abyssins a quelque chose de remarquable. On íâít quechés les Chrétiens du Rite Grec, cette Fête est la commémoration, ou Pan-niverseire du Baptême de Jesos Christ : mais je n’oublierai pas que la plupartdes Missionnaires &: des Voyageurs ont regardé les cérémonies des Abyssinscomme une rebaptisetion réelle, & par conséquent comme une erreur capita-le. Cependant un (d) Evêque Ethiopien a déclaré que cette rebaptisetion pré-tendue n’étoit pratiquée ni comme un Sacrement, ni comme une institutioncapable d’ajouter quelque chose a la régénération que le fidelle acquiert par lavertu du premier Baptême: & la preuve de cela,dit Brerewood , c’est la nou-veauté d’un usege qui ne remonte qu a peine à cent ans. D autres prétendentque c’est un véritable Baptême, que les Abyssins croyent capable de remettreles péchés. On le prouve par l’ordre qui fut donné de faire un Baptême gé-néral dans toute P Abyssinie, après qu’on eut chassé les Jesoites & aboli la Re-ligion Romaine. Après ces remarques, voici la description de cette Epipha-nie des Abyssins, telle quelle est décrite dans un extrait de la Relation du P.Alvarez (e) „ Le quatre Janvier 152.1 . . . les Prêtres Abyssins s’assemble-„ rent en grand nombre dès la veille, & chantèrent toute la nuit pour be-,, nir le lac. On jetta de Peau benite dedans. Le Roi y arriva sor le mi-„ nuit ; il fut baptisé le premier avec la Reine Sc P Abuna . . . l’étang où se,, faisoit le Baptême étoit un quarté long, revêtu de planches couvertes de,, toiles de coton cirées. On y deseendoit par six degrés, Peau entroit par un,, tuyau au bout duquel on avoir attaché un sec pour la recevoir & la rendre„ plus nette. La presse fut très-grande dès le matin. Un bon vieillard qui,, avoir été le précepteur du Prêtre Jean étoit dans Peau jusou’aux épaules , &c„ il plongeoir la tête de ceux qui se présentoient en leur disent, Je te baptise,, au nom du Pere, du Fils ó‘ du Saint Esprit. Tous étoient nuds Sc n’a-,, voient rien pour se couvrir. Ceux qui étoient de moyenne taille ne défi-
„ cen-
(a) Dìjsert. de l’Abbé le Grand fur le Baptême ubi fup.
(.b) Je rapporte ces opinions fur la bonne foi de Brerewood ubi fup.
(c) Entre ceux qui ont soutenu que notre ame est engendrée per nos parens, les uns ont crû quél’Ame produisoit l’Ame, les autres que l’Ame étoit dans cette portion de matière qui produit l’hom-me, & que effluebat cum semine, cujus etiam skbtilior pars erat. Cette derniere opinion suppose quel’ame est une portion de matière plus subtile que le corps. Je m’imagine que la premiere suppose à peuprès la mente chose : car il n’y a point de génération entre les esprits. La matière feule est capable decette dissolution, de cette augmentation' de matière, & de cette addition de parties homogènes, qui fontles suites de ce qu’on appelle generation. A cela prés la génération des âmes fait assés bien concevoir lapropagation du peche originel.
(d) Brerewood ubi fup.
(e) Bijfert. fur le Baptême &c. ubi fup.