240 III. DISSERTATION SUR LA
les Syriens qui n’étoient point infectés d’Heresie, se réfugièrent chez les Dis-ciples de i’Abbé Maron, que les Hérétiques de ces tems-là nommèrent pourcette raison Maronites, lis feroit à souhaiter que Nairon eût apporté despreuves de cette opinion moins éloignées de ces tems-là; & je ne croi pasqu’on doive s’en rapporter entierement à l’autorité de Thomas Archevêquede Kfartab, qui vivoit, à ce qu’on prétend, vers l’onzième siecle , quoique cet Auteur fût de la Secte des Monothelites : car si l’on examine avecfoin ces Auteurs, on les trouvera peu exacts dans les faits historiques, & ilsrapportent le plus souvent pour des choses anciennes, ce qui fe passoit de leur&c qu’ils ont même puisé dans les livres des Maronites depuis leur
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réconciliation avec Rome.
„ Ce qui a plus d’apparence de vérité dans T Apologie de Nairon pour ceuxde fa Nation, est ce qu’il produit contre le témoignage de Guillaume deTyr, qui est un Auteur assez exact, & qui a parlé de l’Heresie des Maroni-tes comme témoin oculaire. Il assure que Guillaume a pris la meilleurepartie de son Histoire des Annales de Said Ebn Batrik , autrement Euty-chius d’Alexandrie ; & que comme Eutychius est peu exact en quantité defaits qu’il rapporte , on ne doit pas s’étonner que Guillaume de Tyr soittombé dans les mêmes défauts. Eutychius, dit Nairon , assure que MaronMonothéiste vivoit sous l’Empereur Maurice ; & cependant le Monothelissme ne toit point encore connu dans ce tems-là. Mais si l’on rejettoit -l’au-torité des Historiens Arabes, à causo de leur peu d’exactitude dans la Chro-nologie , il n'y en auroit pas un qu’on ne dût rejester entierement. On nese sert pas tant dans le fait dont il s’agst,„de l’autorité de Guillaume de Tyrfur ce qu’il a rapporté des Annales d’Eutychius, que de son témoignage pro-pre, parlant d’une choie qui est arrivée de son tems sous Aymeric Patriar-che d’Antioche, qui fit faire abjuration aux Maronires de ce païs-là de leurserreurs prétendues.
„ Il n’y. a pas de vrai íemblance à ce que Nairon produit d’une Histoire A-rabe, & qui avoir dé j a été rapportée par (a) Quareímius, savoir que Ma-ron étoit venu d’Antioche a Rome avec un Légat ou Envoyé du Pape Ho-noiius, qui créa le même Maron Patriarche d’Antioche, à causo de íà foiorthodoxe. Je paíso sous silence quelques autres actes de cette nature, quine se trouvent que dans les livres Arabes, & qui ont été composes après laréunion des Maronites avec l’Eglise Romaine. Pour peu qu’on lâche l’Hií-toire Ecclésiastique, il sera aise de juger que ces Histoires n’ont aucun fon-dement dans l’Antiquité, que les Maronites & les autres peuples du Le-vant, qui ne sont point íàvan$ dans la Critique de l’Histoire , ont rapportéà des tems anciens ce qui n’est en usage parmi eux que depuis quelques sié-cles seulement. C’est aussi fur ce principe , qu’on ne croira pas facilement„ à l’autorité de Jean Maron, dont le (b) Commentaire fur la Liturgie de St.Jaques n’a pas toute l’antiquité qu’on lui attribue , contenant des faits quísont postérieurs de plusieurs, siécles, Au reste, les Maronites , qui préten-dent avoir toujours conservé la pureté de leur Foi, rejettent les erreurs, quífe trouvent dans les ouvrages qui sont véritablement de leurs Auteurs , furles Hérétiques leurs voisins, qui ont semé ces erreurs parmi eux, & qui onc
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(a) Qmrejfo . i» dilucìd. Terra Santta.
(é>) ~Joan. Mara , Comm. in Liturg. St. Jacobi.