RELIGION DES GRECS. 241
j, même attiré a leur Secte quelques-uns d’entre les Maronites: &. ainsi, bien„ que les Maronites prétendent avoir toujours conservé la véritable Foi, ils ne„ peuvent nier qu’il n’y ait eu une partie de ceux de leur Nation qui a eu„ les mêmes fèntimens que les Jacobites. (a) Pierre Patriarche des Maro-nites, dans une lettre qu’il a écrite au Cardinal Garasse , témoigne que„ les erreurs qui íè rencontrent dans leurs livres, doivent être imputées aj, leurs voisins : mais le' (b) Patriarche d aujourd’hui écrivant à Nairon, af-3, sure qu’ils ont conservé plusieurs livres exempts de toutes ces erreurs ; ôc„ ce même. Patriarche nous fait eíperer un volume des Liturgies Grienta-„ les, qu’il prétend concilier avec la Méfié des Latins. Il ne se peut fài-„ re que cet ouvrage ne ; soit dune grande utilité, ôc qu’il ne nous expli-33 que plusieurs faits qui regardent cette matière , & qui sont encore dans33 l’obícursté.
(Il est nécessaire d’ajouter ici les principaux articles de la croyance des anciensMaronites &: certaines opinions qu’on leur a attribuées avant leur réunionaux Latins. Outre le dogme fur la procession du St. Esprit, qui leur é-tost commun avec les Grecs, & l’erreur des Monothéistes, dont on les a ac-cusés, on leur (c) attribue d’avoir crû que toute la Trinité s’étoit incarnée ;qu’il n’y a point de péché originel , ni de (d) Purgatoire; que les âmes ausortir du corps ne vont ni au Ciel ni aux Enfers, mais quelles attendent ledernier jugement dans un lieu, où elles sont entierement insensibles; que tou-tes les âmes ont été créées dès le commencement du monde ;, qu’il est per-mis de nier extérieurement fa croyance, pourvu quelle reste dans le cœur. Ilscroyoient aussi dit-on, qu’un mari peut répudier fa femme pour crime d’a-dultere, ou pour quelqu’autre cauíè, & en prendre une autre; que l'on doitrebaptiser les Hérétiques qui abjurent leurs erreurs , qu’un enfant ne peut«tre baptisé qu’après les jours de purification de la mere ; que les femmesdoivent être exclues de l’assemblée des fidelles & privées de l’Eucharistie dansle tems de la maladie périodique de leur Sexe. Outre cela, ils celebroientla Communion avec du pain fins levain , ils ne la donnoient à personnequi fut en danger de mort. Ils ne mangeoient d’aucune choie étouffée dansle sang. Ils ordonnoient les enfans Soudiacres dès Page de cinq ou six ans.Je ne repeterai pas quelques usages & quelques points de doctrine dont ona parlé, Lc j'en laisse aussi quelques autres, qui sont de peu d’importance.Je remarquerai seulement quelques cérémonies qui sont particulières auxMaronites d’aujourd’hui, &c certaines coutumes qui me paroissent dignes del’attention du Lecteur. '
Ces Maronites consorvent (e) une espèce de vénération pour leurs cedresles visitent avec beaucoup de dévotion, fur tout le jour de la Transfigu-ration. Alors on dit solemnellement la Méfie au pied d un gros cedre sor unautel de campagne fait de pierre posées simplement les unes sor les autres. Ilsportent si loin le respect qu’ils ont pour leurs Prêtres, qu’ils ne les rencontrent■jamais Ens leur demander la bénédiction : même ils 11’entreprennent rien fanslavoir auparavant demandée 6 c obtenue d’un Prêtre. A table le même ress
. . . P ect
(a) Petr.ìn Eptst. sir ab, a J Car d. Cdraíf. ana. 1578.
(£) St ph. Petr. in Epift. ad Faust. N J ir . ma. 1674.
( c / V Tí e de Dmdmi & c . Brernvood Chap. 25.
( ) Le P. Simon prouve la fausseté de cette imputation dans ses Remarq. fur Dandini.(0 Voyage de Syrie par Larroqtte. Voyage m Mont Likdn par Dandim,
Tome III. Part. I.
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