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[Volume II.]
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DISSERTATI ONS SUR LA

qu’il en íòit, il commença par fè déchaîner fur l’abus de ces Indulgences , L['imitation du Religieux Augustin. Des Indulgences il passa successivementa ['autorité du Pape , a l’effet des bonnes œuvres & au mérite de la foidans le salut. Depuis l’année 1515?. il s’éieva contre la Mestè, l'Irévocationdes 88. les loix de l’Egliíè, les abstinences, les vœux monastiques & le Cé-libat des Prêtres. Dans ce même tems Luther entreprit de défendre la Com-munion sous les deux espèces ; avouant pourtant que J. Christ efl tout cntìefsous chaque espèce. En 1 5 zo. il renouvella dans une lettre qu’il écrivit a l’Em-pereur Charles V. à peu près les mêmes protestations qu’il avoit faites aupa-ravant à Léon X.

Cependant la Cour de Rome fut fortement sollicitée d’arrêter les progrèsdu nouveau Docteur, & fur les instances de cette Cour le chapitre des Au-gustins interpola son autorité pour le retenir. Il feignit d’abord de íè relâcher,& â la considération de lès Supérieurs il promit d’écrire au Pape pour l’a-paiíèr. Dans cette lettre Luther íè repandoit en invectives, non contre le Chef del’Egliíè, mais contre ía Cour, & finissoit pourtant par des menaces indirectes con-tre íe Pape, qu’il ne reconnoissoit plus dès-lors (a) que comme un Prince tem-porel. Cependant il lui dédia presque en même tems (h) un Traité de la libertéChrétienne , qui fut soivi bientôt d’un autre contre les vœux monastiques.

Ensin âpres bien des sollicitations réitérées inutilement auprès de l’EmpereurCharles V. pour faire arrêter Luther, le Pape donna fa Bulle contre lui le 15.ou le 18. Juin 15Z0. Cette Bulle contenoit en quarante & un articles lesíèntimens de Luther contraires â la doctrine établie. On a écrit qu’avant lapublication de la Bulle , Luther avoit cherché â íè ménager une réconciliationhonorable avec le Pape sous la protection de l’Empereur : mais quoi qu’il ensoit, la Bulle ayant été publiée Luther ne garda plus de mesures , & publiapeu de tems après son livre fur la Captivité de Babylone : nouveau fruit des lu-mières, qu’il acquérois, disoit-il, de jour en jour. Il est remarquable que lesRéformateurs du feisième siecle n’ont reçu leurs lumières que par une inspira-tion successive, ce qui montre leur dépendance des moyens humains, & peutêtre aussi des cauíès physiques, comme (c) le tempérament &c. au lieu queles lumières des fondateurs du Christianisme étoient infiniment fuperieures àces cauíès & â ces moyens. Les Protestans conviennent du moins d’unepartie de ma réflexion. Mais pour revenir au dernier ouvrage de Luther , iln’y garda plus de ménagement fur les Indulgences ; sor la {d) souverainetédu Pape, qu’il qualifia de Royaume de Babylone ; sor la Communion sous les

deux

( a ) Epist. ad Léon X. Oser. Tòm. II. ,

(b) Plein de nouveaux paradoxes, dit Bojfuet Hist. des Variat. L. I.

(c) On peut voir à l’article de Luther dans le Dittiomaire Critique de Bayle , une note curieuse fur I 3 -J

prétendue influence des Astres dans les Révolutions de Religion. II semble à la vérité qu’en certain |

tems les disputes de Religion font une espèce de maladie épidemique. Mais ce mal après tout, est ce ,/=

autre chose qu’une contagion qui dérivé de trois ou quatre hommes ? Parlons naturellement. Les in-fluences de la Cour de Rome servirent utilement le Réformateur Saxon. II vivoit dans un tems 6c dans Jun pais, ou Ion n’avoit pas oublié les prétentions excefíìves de cette Cour. La hauteur avec laquelse

on condamna les propositions à la mode & la défense impérieuse que l’on fit, même aux Souverains, &cles tolérer ; voilà des influences qui opererent puissamment fur l’esprit des Grans & du peuple. Je vais donnesici un exemple du stile Romain, „ nous défendons (aux Princes,) dit Léon X. dans fa* Bulle contre Luther»

„ de tenir aucune de ces propositions, ou de les favoriser en quelque maniéré que ce soit, sous peine„ d’excommunication & d’être privés de leurs domaines & de leurs terres, & d etre traités comme infa- .

„ mes, hérétiques , fauteurs d’heretiques & criminels de leze Majesté ". On ne peut défendre cestyle que par Infaillibilité du Pape.

(d) Cependant environ un an auparavant, il avoit écrit à Léon X. qu'il ne ' prétendait toucher ni è frfuìjfmce , ni à celle de l'Eglise Romaine.