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[Volume II.]
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RELIGION DES PROTESTANS. 287

deux eípèces ; fur le nombre des Sacremens, qu’il réduisit a deux ; far laTranfubstantiation, qu’il ne rejetta pas d’abord sens aucune restriction ; far laMesse qu’il rejetta comme inutile, ou comme ne pouvant servir qu’à l’avaricedes Prêtres5 fur les vœux qu’il condamna absolument; fur la Confession, &enfin fur le Célibat des Prêtres* De cet Ouvrage il pasta à un autre, qu’il pu-blia en langue Allemande,,pour agir plus efficacement fur l’eíprit des peuples,qu’il y excitoit à un soulèvement général contre le Pape & ses Ministres»Jerôme Aleander,' que le Pape LeomX. envoya cette même année à sé-lecteur , ne put rien gagner fur l’eíprit du Prince. Le crédit du Réforma-teur augmentoit de jour en jour: l’Oniversité de Wittemberg s’étoit aussi dé-clarée en se faveur. Tous ces succès déterminèrent Luther à faire un íèconda PpeI au Concile : après cet appel il publia la défense des articles condamnéspar la Bulle de Léon X. & déclara fierement au Pape , qu’il approuvoictout ce que lui Pape avoir condamné dans Jean Hus, comme au contraire ilcondamnoit tout ce qu’il avoir approuvé; ajoutant à cette réponse altiere, <voi-toute ma retraBation. Ce fut alors qu’il prit le titre à'EccUfiase & Prédica-teur de Wittemberg, qu’il commença de soutenir que (a) íà Mission étoit ex-traordinaire & divine , qu’il déclara que les Excommunications, les Bulles& les Anathemes avoient effacé en lui le caraBere de la bête , & que se pré-valant de l’augmentation de ses forces, il menaça de ne comparoitre aux cita-tions qu’avec cinq mille Cavaliers & vingt mille hommes de pied. Enfin ilbrûla publiquement a Wittemberg la Bulle du Pape & les Décretales au moisde Decembre de la même année: ce qui fut bientôt imité en d’autres endroitsde l’Allemagne.

Cette action de Luther fut soivie d’uné prédication très-vive, où il exhor-toit les Saxons avec beaucoup de vehemence à secouer le joug du Pape , &d un manifeste dans lequel, après avoir justifié son action, il appelloit le Papetyran de ïEglise , usurpateur de la puijfance légitimé des Magifirats & corrupteur de

la DoBrine Chrétienne. L’Université de Wittemberg condamna aussi les Décre-tales.

Luther se rendit à la Diette à Wormes au mois d’Avril de l’année 1 5 1 1. parordre de 1 Empereur & avec un seufconduit de íà part. Il soutint hardiment íàdoctrine devant la Diette, protestant néanmoins, que si l’on pouvoit le convain-cre par l’Ecriture, il se retracteróit aussi-tôt : mais , ajouta t’il , „ je ne me» crois obligé de croire ni au Pape, ni aux Conciles , ni de reconnoitre leurautorité, puis qu’il est certain qu’ils se font trompés”. On a objecté plusâuux fois à Luther, qu’en ne voulant être jugé que par l’Ecriture, qui est uneDge muet, dont chaque parti interprète les décisions à son avantage, il se dé-£ ai ‘oit seul juge des matières controversées. Luther se félicitoit aussi de ce que

a doctrine causoit des troubles: ,, c’est, dit-il, le propre de l’Evangile , où5> J* C. a dit, qu’il n’est pas venu aporter la paix , mais la guerre”. Il estVrai que ces paroles de J. C. çaracterisoient parfaitement la nature de l’Evan-gile,íì oppose par ses Dogmes aux fentimens établis, & par la pureté de seMorale a la corruption du siécle. Luther au contraire, par cette application »^e selevoit pas au dessus des Arriens & dè plusieurs autres sectes, qui en sai-nt Une semblable application, pouvoient à juste titre parler comme lui.uther défendit son Aposolat avec la même présomption dans les conseren-

ces

(*) In Epistola adfdiò mmimtot Ord. Epìscop.

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