zo8 DISSERTATIONS SUR LA
Foi Catholique. Mais ces livres ne pourvoient íërvir qu a ramener les particu-liers dans le sein de l’Eglise Catholique. George Wicellius travailla presquedès le commencement du Schisme á une réunion generale. Dans cette vue{a) il ht un petit ouvrage peu connu aujourd’hui , mais qui mériteroit deLetre a cause de fa modération , & de la maniéré dont il jfe déclara sûr lessentes des deux partis. George Gassander vint quelque t£,ms après lui & publiala Consultation si connue, fur laquelle Grotíus a fait des Hôtes. Il publia auísiun traité (h) du devoir d’un homme de lien dans les troubles de l’Eglise. Ces ou-vrages déplurent également aux deux partis, & surtout au x Catholiques,en-tre lesquels les uns lui reprochèrent d’avoir trop accordé aux Protestans, lesautres d’avoir crû que l’Heresie n’est point un obstacle au salut, & qu’il suf-fit de croire en J. C. ôc a la Doctrine contenue dans le symbole. Après h Con-sultation de Cassander, qui travailloit par ordre de l’Empereur Maximilien II.le plus considérable des ouvrages publiés pour la conciliation des deux Com-munions est certainement la Méthode du Cardinal de Richelieu , a laquelle lesMinistres opposèrent une Réponse. Selon le P. Simon (c) Du Laurent, quiavoit été Ministre en Languedoc, sut beaucoup employé pour cc grand ou-vrage, & sur tout il fut chargé d’une partie des Extraits de l’Antiquité, quipouvoient servir a.la réunion. Cependant il paroit par {d) le récit du P. Simon,quel’on comptoir beaucoup plus fur l’adreíïè & fur la douceur, que fur la force desargumens. Quoi qu’il en seit, Voici en peu de mots quelques particularitésde la maniéré dont le Cardinal vouloir qu’on s’y prit pour tenter la réconci-liation. On devoir tenir une conférence á Paris, où l’on n’auroit disputé quesur six ou sept des principaux points qui séparent les deux Communions.On n’y auroit, dit-on, allégué ni Peres, ni Conciles, ni Tradition. On a-•voit résolu de réemployer dans la conférence que la Bible de la version deGeneve. On devoir éviter les préliminaires, parceque cela sert d’ordinaire à.prévenir les auditèurs , l’on se souvenoit encore du mauvais effet qu’avoitproduit le discours de Beze au Colloque de Poissi. Le Cardinal de Richelieuarmé des raisons &: des argumens que lui avoient fourni les íavans qu’il avoit.employé pour cet effet, devoir entrer en lice contre les Ministres, & leur te-nir tête dans cette dispute. Supposé qu’on eut vû quelque apparence de réu-nion , on auroit évité certains mots capables d’aigrir l’eíprit des zélés Cal-vinistes : par exemple au terme de Transubsantiation , on auroit. substitué celuide changement réel. On ajoute que la mort du Cardinal de Richelieu fit é-ehouer le projet, & que le Cardinal Mazarin, a qui l’on proposa de le re-prendre, répondit qu’il selloit renvoyer la chose a un tems plus favorable. D gMarca Archevêque de Paris & de Goudrin Archevêque de Sens, se proposè-rent aussi de faire réussir cette méthode du Cardinal de Richelieu.
Je dois mettre entre Cassander & le Cardinal de Richelieu Jean de Serres Ministresevant & auteur de Y Inventaire de l’HiJîoire de France. Ce Ministre publia en 15 5) 7*un ouvrage où il entreprenois de,concilier les deux partis, sous ce titre, desdeCatholica , s=ue de principis Religionis Christian^ communi omnium Christianoru$consenfu semper & ubique ratis. On peut voir le titre plus au long dans la B*'Uiotheque des Historiens de France du P. le Long p. 252. avec diverses particU-
(4) Mcthodus ConcordU Ecclejtafîica imprimé à Lipsig en 1537.
(b) De Officia p n ac public& tranquilitatìs vere amantis viri in Religionis dijjìdio.
(c) Lettre I. du Tome I. des Lettres du P. Simon.
{d) Le P. Simon dit qu’il le tenoit de Du Laurent même. Voy. Lett.T. & VI. du Tom. I.