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DISSERTATION SUR LA
mes, mais il les éclaire par des inspirations intérieures, qu’il leur communiqueà tous. L’Evangile n’est proprement que cette lumière intérieure, & l’on doitadorer cette lumière comme n etant autre choie que J. C. & Dieu lui-même.
L’Ecriture n’est: pas la véritable régie, ni le vrai guide de la Doctrine & dela Morale Chrétienne : mais c’est lâ lumière intérieure que chacun a au dedans defoi, ou qui íè manifeste dans les Assemblées des Freres, ou des Amis, selon lenom que les tyuaquers se donnent chez les Hollandois. Nous ne devons pas avoirle même égard pour la lettre morte des Ecrits sacrez que pour la prédication de ceuxqui en sont les Auteurs. Les Ecrits dont la Bible est composée ont été adressezà des Eglises, ou a des personnes particulières & ne nous regardent point.
La publication de l’Evangile n’a pas aboli les inspirations immédiates, & com-me il arrive une infinité de cas particuliers, où l’Ecriture ne peut nous servir derégie, il faut nécessairement régarder la lumière intérieure, comme la véritablerégie qui doit diriger la conduite des hommes. Ce n’est point par l’Ecriturequ’on doit juger de la certitude de révélations : il est nécessaire que chaque fidelleait une inspiration immédiate, òc les préceptes de l’Evangile ne nous obligentqu’autant qu’ils sont confirmez par cette inspiration.
L’inspiration du S. Esprit, qui nous enseigne intérieurement, est la principalerégie de notre foi, &c l’Ecriture n’est qu une régie subordonnée a cet esprit. Ilnous est aussi nécessaire qu’aux Apôtres d’être immédiatement inspirez. Cette in-spiration nous enseigne tout ce qui est nécessaire au salut. La promesse que J. C.a íàite aux Apôtres de les injlruire dans la vérité far son S. Esprit, & que le S. Es-prit demeureroit toujours avec eux , n’est nullement bornée aux seuls Apôtres. El-le régarde tous les fidelles; &c e’est de tous les fidelles qu’il est dit que ì’OnUionleur enseignera toutes choses.
Il vaut bien mieux converser avec Dieu immédiatement que médiatement. Lajoye & le plaifir que nous sentons dans nos assemblées à la manifestation de /’esprit esune preuve certaine qu il habite au milieu de nous. C’est ainsi que parle un fidelle
Ón ne peut avoir une preuve certaine de la vérité du Christianisme, &c del’autorité de l’Ecriture que par le témoignage intérieur de l’Eíprit. Ce témoi-gnage est nécessaire, quelque fortes que soient les preuves extérieures que l’on ade la vérité de l’un &c de l’autre : & de même il est nécessaire pour la vraye in-telligence de l’Ecriture Sainte. C’est a l’Eíprit íèul qu’il faut avoir recours pourentendre les choses obscures qui se trouvent dans cette Ecriture.
Tous les véritables Ministres de J. C. (a) sont aussi infaillibles en ce qu’ilsenseignent, que les (h) Prophètes ôc les Apôtres l’étoient : sens cela l’Esprit de
J. C.
O) Dans un livre du Ouaquer Wyeth , intitulé Swìtch for the Snake , c’est-à-dire, la houjstne destinée d»Serpent , titre digne d’un illuminé, on trouve que la lumière intérieure est toujours communiquée auxMinistres Ouaquer s d'une maniéré surnaturelle, qui les éleve d la prophétie & aux visons ; que Dieu I emanifeste à ses enfans au plus haut degré de la Révélation immédiate ,■ qu’en vertu de ce privilège les Mi'nistres reçoivent l’Evangile, ou la parole de Dieu, comme S. Paul: c’est-à-dire, immédiatement par J. C.Ceux qui ne font pas infaillibles n ont pas V Esprit , (ou mot à mot ne sont pas dans l’Esprit,) & par con-séquent ne sont pas Ministres. Chaque véritable membre de la véritable Eglise postede la certitude & l’* n “saillibilité de jugement, qui lui montre l’infaillibilité de la vérité dont il fait profession. Tous les membres del’Eghfe de J. C. ont neceífairement une mesure de l Esprit de J. C. lans quoi ils n’apartiennent pas a J. C.Or la plus petite mesure de cet Esprit, ou la moindre manifestation de cet Esprit, (ou la plus petite lumièreintérieure ,) doit être infaillible. Cependant infaillibilité, difent-ils aussi, ne réside pas dans chaque par-ticulier, ou du moins, il y a plus d’infaillibilité dans l’Eglife en corps. Comment accorder ces contradic-tions? II est vrai pourtant qu’elles ne font pas toujours dans un même Auteur.
(b) Us conviennent pourtant que la manifestation, (ou la communication) qui s’est faite du S. Espritaux Auteurs de l’Ecriture a été plus grande en eux que dans les Quaquers d’aujourd’hui. Voici une au-