94 DISSERTATIONS SUR LE
,, suent de travers ; qu ensuite pn ne leur fasse quelques difficultés fur leurs idées,,, & qu on ne refohe leurs objeBions les plus ordinaires ; après quoi, on pourra„ palier à l’exposition de nos mystères Sc à la démonstration de la vérité Evan-„ gelique; Sc c’est-là ce que font tous les jours nos Mistìonaires impunément Sc„ quelquefois même fore heureusement.
st y a plus -, c’est que les Chrétiens ont disputé avec les Mahométans non seu-lement de vive voix, mais par écrit même sor des points de Religion. „ Un„ certain Auteur avoit compose un Livre'en faveur du Christianisme, sous le„ titre de Spéculum verum ojîendens , c’est-à-dire le miroir qui montre la vérité. Un„ Persan nommé (a) Ahmed en ayant admiré le titre & la matière prit la plume„ pour le réfuter, & donna au recueil d’objectionsqu’ilfaisoitcontrecetouvrage„ le titre de polit or fpeculi j c’est-â-dire a la lettre le polisseur du miroir , comme s'il„ eut voulu repolir le Catholicisme. Le Períân faisoit les derniers efforts„ dans ce livre, pour renverser tous les fòndemëns de la foi Chrétienne,surtoutles mystères de la S. Trinité & de la Divinité de J. C. & établir fur leur ruine>, les mensonges de Mahomet Ce sont la les propres paroles de Guadagnoli ,qui a écrit contre le livre du Períân une apologie imprimée à Rome.
Pour bien entendre ce qubn dit ordinairement des Mahométans , qu’il ne leurest pas permis de diíputer de Religion, il faut distinguer trois choses-, les tems ,les lieux Sc la maniéré même de disputer.
i , Au premier égard , iPest très vrai que la liberté de diíputer a été plusgrande en un tems qu en un autre. Aujourd'hui par exemple, il n’est plus permisdans l’Empire Ottoman, d’attaquer publiquement la Religion Mahométane maisil n’en étoit pas deimême autrefois, & pour se convaincre de la vérité de ce queje dis, on n a qu’à lire l 'Histoire des Patriarches d,'Alexandrie , composee par l’Ab-bé Renaudotj Ouvrage dans lequel cet Abbé nous donne des preuves de son éru-dition en littérature Orientale. Voici comme il parle â la page 377. de ce Li-vre „ Autrefois, dit-il, il étoit permis aux Chrétiens Orientaux de disputer„ publiquement-en faveur de leur Religion , de vive voix Sc par écrit. Cela„ paroit par ce que nous avons en Mss. de ces disputes. Telles sont entre au-„ tres, celle d 'Abraham de Tirhane avec Ahdelrahman , celle de deux Religieux„ avec un Juif nommé Amram , celle à’Elie , Métropolitain de Nisibe, dans le,, Diarbekir, avec le Vizir Abulkacem , fils de Hucein Megrobite, celle d 'Isa,,, fils de Zaraa , avec Abulhacer Balchite, une autre d ’Abucora, ou Abucaras j Sc„ qui est proprement une dispute apologétique en forme de conférence pour la,, défense de la Religion Chrétienne, en présence du Kalifè Almamon, une au-„ tre conférence touchant la Trinité Sc i’Incarnation tenue au Caire , lan de,, l’Egire 6 3 9. qui répond à l’an de Christ r 2.70. de la façon d’un certain Eh~„ nasal , une autre encore d’un moine avec le Vizir d’un Prince d’Afrique,„ écrite par Ebn-Altaih Nestorien , une autre qu’eut avec le moine Chouc„ Eljechua , un Aìchmaloîarque ou chef de la captivité parmi les Juifs, laquel-„ le se tint dans la ville de Meru, ou Marnée , capitale du Chorazam , Sc en-„ fin un Dialogue entre un Néophyte Sc son Maître , touchant la fausseté de„ la Prophétie de Mahomet , avec la réfutation de son Aleoran : fans parler en-„ core d’une infinité de petits écrits sor le même sojet, dont on pourroit faire,, une liste plus considérable”. Tout cela montre évidemment que les dispu-tes
(a) Fils de Z'tn Alabedin, J’ai un peu raccommodé cet endroit fur l’original & fuprimé le jargon daM. D**.