96 DISSERTATIONS SUR LE
ché , cju’ils ne font pas difficulté de dire , que celui qui mt longtems découvreen foi même certaines choses , qu il ne voudroit pas même souhaiter à ses plus grandsennemis. Il doit donc être permis a chacun de rechercher quelle peut erre lasource du mal , & quel est le moyen qu’il a plu à Dieu d’employer pour scréconcilier îhomme. Pourroit-on so fâcher contre un homme occupé â cette re-cherche, puis qu elle le conduit à l’origíne de son íâlut? Non fans doute. D'ahordla lumière naturelle toute soûle nous apprend , que Dieu a pû trouver lemoyen de nous réconcilier à lui: Lc ce moyen il a pû le reveler. Il s’agit desavoir oû fe trouve cette révélation. Ces livres que nous appelions le V. Lc leN. T. ont tous les (a) caractères de Divinité, que pottrroit souhaiter un Ma-hométan , ou tel autre que ce puiíîe être. Si cela ne leur plait pàs , qu’ils di-sent eux-mêmes quels sont les caractères qu’ils (demandent pour croire un li-vre divin, & nous férons voir que tous ces caractères so trouvent évidemment"dans les S S. Ecritures, (h) Les vérités sublimes auxquelles les lumières de laraison n’auroient jamais pû atteindre soûles, telles que sont par exemple l'origine'du mal qu’il faut dériver du péché d’Adam , la voye du íâlut ouverte auxrhommes par l’une des trois personnes, qui, comme médiatrice, a satisfait â hrjustice de Dieu: ces vérités, dis-je, qui toutes surnaturelles qu’elles sont, n ontrien de contraire â la raison, so trouvent revelées dans nos SS. Ecritures, sons par-ler ici des Prophéties & des autres marques de Divinité qu’on y voir_Qu’on
propose donc ces chosos, plusieurs autres somblables, dans une conversotionlibre & familière, & l'on verra que ce ne sora pas sons fruit. UÁlcoran tomberadevant nos SS. Livres, & son autorité sc fondra, s’il faut ainsi dire,comme lacire au Soleil. Si l’on so trouve dans des circonstances â n’oscr parler si ouver-tement, on peut leur ceder plus ou moins j &: so gouverner selon les règles de laprudence. Quoi qu’il en soit je me flate , qu’en ménageant adroitement lescirconstances on réveillera l’attention de ces infidelles j fur tout si l’on insiste furçertaines vérités.
Mais s’il m’est permis de le dire, la difficulté de disputer avec eux & Ieloi-gnement qu’ils ont pour la dispute ne sont pas les véritables obstacles de leurconversion. D'abord la vérité est que les Chrétiens Orientaux sont fort grosofiers Le si peu instruits dans la Religion, qu a peine sovent ils les premiers prin-cipes de la foi Chrétienne : auffi ne sont ils pas en état de la défendre cette foi,ni de réfuter par conséquent les Sectateurs d e Mahomet. Après cela les Chrétiensd’Europe qui voyagent ou rétablissent en Orient, n’y sont conduits que par desmotifs ( (c) de curiosité) ou d’interêt. Ils s’embaraísent fort peu de souver des âmes,& l’avantage de convertir un Mahométan leur paroit trop peu de chose. Ajou-tez â cela qu’ils sont dénués des socours néceílàires â une entreprise si im-portante , tels que sont la connoissance des Langues , celle de la Philosophie ,&; même celle de la vràye Théologie. (Mais que ne féroit pas (c) sortoutes chosos l’eípoir dune récompense ? ) Si Messieurs les Etats Géné-raux
(a) Toute cette maníere de raisonner est,à ce qu’il me semble,encore trop soible pour convaincre toutautre que des Chrétiens. Ce n’est pas par ses propres préjugés que l’on forcera des infidelles.
(£) Mais ces vérités, qui nous paraissent à nous qui sommes nés Chrétiens des caractères de divinité,paraîtront peut être aux infidelles des marques de supposition. On ne peut donc les alléguer aux infi-delles qu’après leur avoir persuadé plusieurs vérités beaucoup plus simples.
(c) Ceci est ajouté.
(d) Ce qui est renfermé entre des parenthèses n’est pas de l’original. Au reste cette espèce de commer-ce de prosélytes produirait un autre bien : il rendrait les marchands plus religieux & plus éclairés qu’ilsne íe font généralement la Science suivrait le gain; >—- Firtus pojì mmmos.