MAHOMETISME. 97
faux est avoient établi une de mille florins pour chaque Mahométan converti z jene doute presque pas que plusieurs de leurs citoyens ne se destinaflent aussitôta cette bonne œuvre, &que la conversion des infidelles ne devint une des bran-ches du commerce de ceux qui vont trafiquer aux Indes» Mais tant s’en faut qu’au-jourd’hui nos Chrétiens Rappliquent a cette bonne œuvre, qu’au contraire ils sem-blent avoir juré d’éloigner les Turcs & les autres Musulmans de notre foi par leurmauvaise vie ôc par leurs mœurs déréglées. Des fourberies indignes d’un Chré-tien, une vie dissolue, un débordement général, des sociétés honteuses, des liai-sons indignes de gens d’honsteur, des mensonges bas & sordides, enfin des pratiquesartificieuses ôc obliques ; voila pour la gloire du nom Chrétien ce qui a donné lieuchez les Turcs a un proverbe très commun, qui doit nous couvrir d’oprobre,a moins que nous n’en éfacions la honte par une vie mieux reglée. Si à Con-stantinople ou ailleurs un Turc raconte ou affirme quelque chose de surpre-nant Ôc d’incroyable ; supposé qu’on ne paroisse pas lui ajouter foi , rien n estplus ordinaire que de le voir íè récrier avec dépit , (a) me prenez, mous pour unChrétiens c’est-à-dire me croyez vous lame aflez baffe , pour mentir de gayetéde cœur , ou par intérêt ? En vérité nous sommes forcés de rougir de ces re-proches , ôc d’avouer en même tems (h) que nous les méritons bien.
Que le lecteur me permette ici une petite digression. Quand je consi-déré le peu de conformité qu’il y a entre la vie des Chrétiens Le leur Re-ligion , entre leur conduite ôc cette lumière Evangélique , dont chacun faitgloire ; lumière que Dieu nous a communiquée comme à l'exclufson detant de Peuples , en qui , suivant nous les vertus ôc les bonnes œuvresîle méritent pas même ce nom ; je ne seurois m empêcher de déplorer cet aveu-glement général , cette corruption presque universelle , qui nous empêche defaire attention à la soûle chose qui la mérite le mieux (je veux dire , notredestinée après cette vie, selon le bon ou le mauvais usage que nous aurons faitde la Religion) & sens quoi tout ce qui nous occupe ici bas ne nous servira pasd’un fétu. Si nous sommes bien persuadés qu’il faut servir Dieu, il faut doncle servir comme on le doit Ôc conformer se vie &: ses mœurs, à la volonté del’Etre suprême, à moins que nous ne voulions être l’oprobre de J. C. à qui nousavons fait le ferment fidélité, comme un soldat le fait â son capitaine. Si au con-traire nous aimons mieux servir le monde , abjurons tout d’un coup le nomôc la profession de Chrétien, pour nous conformer au siécle , ôc ne nous em-baraflbns plus de l’opposition qui se trouve entre ces deux maîtres.
§. X.
Réfutation de ce quon dit communément , que nous avons osez de Livres , tant enLatin qu en langues modernes , pour connoître avec certitude par leur moyen la
Religion Mahométane.
À l’égard de ce qu’on assure avec tant de confiance , que nous avons assez
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00 Quelqu’un a dit subtilement, qu‘il semble que nous voulions réellement prouver aux Turcs par no-tre conduite que notre.Religion subsiste par elle même , & qu’elle n’a pas besoin de notre pieté ni denos mœurs pour cela.
(b) J’ai pris la liberté de donner quelque part à l’occasion du p., or.,., un assez long détail de la méchancetédes Chrétiens ; mais pour l’amour des orthodoxes Sc des âmes soibles je me garderai bien de citer l’ouvrage.
Tome K B b