L’A L C O R
les Musulmans raisonnables eroyent que ces titres,choses ne sont que destitution humaine.
Ajoutons à ces petites remarques qu’il y a dans 1 ’ Alcoran 19 . Chapitres, quicommencent par une certaine lettre de l’alsebet : ôc comme en matière de Re-ligion tout ce qui est tant íôit peu difficile ôc singulier paroit tirer au mystère,les Musulmans en ont cherché dans ces lettres. Mais ne pouvant pénétrer dans cesmystères prétendus, ils les ont traités de très profonds, ôc enfin les plus habi-les d’entre eux en sont venus à déclarer qu’ils étoient impénétrables aux hom-mes , excepté au Prophète soûl. Malgré cela l’orgueil & la curiosité n’é-tant pas moins de l’apanage des dévots que de celui des autres hommes , desDocteurs zélés pour Mahomet ont donné l’estbr a leurs conjectures, & en imi-tant la méthode ôc les heureuses découvertes de certains Juifs Cabalistes ils ontvoulu que chaque lettre renfermât ou un nom, ou un attribut de Dieu, quel-qu’une de ses œuvres, quelqu’ordonnance, ou quelque Décret divin. Et decette façon les lettres , comme les versets ont pris possession du titre de signes ,qui, ainsi que je l’ai déja dit, est donné aux versets de l’ Alcoran.
Je ne fàurois m empêcher de donner au lecteur quelque idée des mystères deces lettres, après quoi il en pourra faire lui même certaines applications â cequ’enseignent certains Théologiens, non seulement dans le Judaïsme, mais mê-me dans le Christianisme. Il y a dans ìAlcoran cinq chapitres qui commencent parces lettres A. L. M. Les uns en font trois mots Arabes dont le sens, est que Dieues propice ou favorable , qu il doit être glorifié ; ou qui signifient, selon d’autres inter-prètes, â moi ôc de par moi ce qui s’attribue â Dieu. D’autres y trouvent trois autresmots qu’on doit rendre par ceux-ci; (a) je suis le Dieu très sage. D’autres y trouvent Al-lah (Dieu,) Gabriel ôc Mahomet. A la vérité il faut un double effort d’imagination pourcette derniere découverte : mais il en faut pour le moins autant pour celle-ci, queles défenseurs modernes des types pourront envier aux Musulmans , â causequelle est extrêmement ingénieuse. A est la premiere lettre ôc la plus simple,par où commence la faculté de parler : cette lettre dépend de la partie inférieu-re du gosier. La partient au Palais ; elle met, pour ainsi dire, â moitié cheminde la faculté de parler : mais l’M qui est une lettre Labiale , en est conséquem-ment la fin. Or qui ne voit que Dieu se trouve dans ces trois lettres ? puisqu’il est le commencement, le milieu ôc la fin de toutes choses ; que nous de-vons commencer , continuer, finir nos actions par lui ôcc. A ces découver-tes ajoutons en une qui n est pas moins ingénieuse , ôc qui est peut être plusraisonnable; c’est que l’Ecrivain, en transcrivant ces chapitres sous les ordres deMahomet, c rut devoir mettre â la tête trois mots Hébreux qui signifient (b) Ma-homet lui commanda : ce qui pourroit persuader que cet Ecrivain étoit Juif , ôcautoriserait peut être 1 ancienne opinion si répandue autrefois , qu’un Juif ôc unMoine avoient travaillé avec Mahomet â composer l 'Alcoran.
L 5 Alcoran est écrit avec une élégance inimitable ôc dans la Dialecte des Ko-raìjhites , ce qui n’empêche pas qu’on n’y trouve assez fréquemment des expres-sions ôc des mots pris des autres Dialectes Arabes. Je ne déciderai pas des rai-sons qui peuvent avoir porté Mahomet â ce mélange , ni s’il l’a fait comme lesGrecs, pour donner plus de force ôc plus de cadence au discours, en choisissent
en
(a) Ana allah Alem : & pour y trouver une signification mystérieuse , il faut s’attacher à la premierslettre du premier mot, à celle du milieu du second, & à la derniere du troisième.
(A) Amar U Aíòhammtd.
Tome V. D d
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la formule ôc autres pareilles