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[Volume III.]
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ioó DISSERTATION SUR

en différentes Dialectes les expressions les plus vives , & les plus énergiques ;ou s’il céda à une paresse d’efprit naturelle, qui le rendoit ennemi de la peine 8cdu travail, comme certains faux Critquès de nòs jours l’on dit d’Homere-, jusqueslà même qu’il ont comparé la prétendue paresse de ce Poëtc à celle d’un PoëteFrançois qui assortirai t bizarrement le stile d’un Poeme Epique de Provençal ,de Languedocien, de Norman &c. pour faire ses vers tout à ion aise. Ceuxqui entendent l’Arabe avoueront l’un 8c nieront l’autré à l’égard de Mahomet,êc je; m en raporte volontiers à leur connoissânce. Ils conviennent unanimementque 1 ’Alcoran n’est point la production d’un Auteur nonchalant 8c paresseux.Quoi qu’écrit en prose, nous diíènt-ils, cette proie cadencée est extrêmementharmonieuse. On ne íàuroit nier que cette maniéré d’écrire n’ait gène l’Auteur :mais; cette gène augmente même la beauté de la composition, & donne à laproie le sublime :8c la dignité de la Poëíìe, pourvu que les tours poétiques n’ydominent pas fur la proie. On avoue cependant que la gène qu’on se donnepour trouver ces tours Fait interrompre 8c ítiípendre souvent le íens ; que decette interruption il n’y a pas loin à l'obícurité ; qu’à cause de cela Mahomet a étécontraint quelquefois d’empioyerdes répétitions; qu’en les négligeant il est tom-bé dans l’obícurité , de même que pour avoir été forcé d’ctre trop précis 8ctrop ferré. QuoiqU’il en soit , les -connoisseurs, 8c surtout les Musulmans.don-nent, ûe très grands éloges à YAlcoran. Il est plein de figures extrêmement har*-dies 8c dans le goût Oriental , dìexprejjións sententieuses 8c de tours prophétiquesimités généralement des livres de l’ancièn: Testament , particulièrement de ceuxdes Prophètes. C’est cette lecture qui, en dévelopant une disposition d’eípritnaturelle à Mahomet , la déterminé à employer, comme ces Prophètes, l’interrruption Le là íùípension du sens avec le stile coupé. Ce qui prouve, continue-t-on,que Mahomet n ? a épargné ni fart, ni l’eíprit dans cet ouvrage, c’cst que le sublimey est ménagé á propos • 8c que les beautés y sont toujours bien placées. S’ilparle de Dieu, s’il décrit ses attributs, c’ëst avec beaucoup dé majesté , s’il pro-nonce des Oracles;, c’est avec une élévation proportionnée à la dignité du íujet.Enfin Ion mous assure que (a) les Arabes sont tellement enchantés des beautés har-monieuses de YAlcoran , qu'ils affectent autant qu’ils peuvent, d’en imiter; l’eíprit8c le caractère:, 8c même de Copier ses tours 8c ses expressions. Ceux qui se pi-quent d’écrire avec élégance employeur le stile de YAlcoran ,1e citent 8c y ren-voyent fréquemment. En un mot il est impossible de bien entendre les AuteursArabes, sens être verse dans la lecture de l’âwà.

A tous ces avantages qui rendent ce livre si respectable chez ìcsMusulmans , ilsalit ajouter que ceux qu’on apelle Sonnites ou orthodoxes soutiennent que YAl-coran (b) est éternel ôé*incréé> existant en Dieu même,l’essence des décrets di-vins 8cc. D’autres se contentent d’assurcr que (c) YAlcoran a été tiré du livrede ces Décrets dès la création du monde, qu’il fut mis en dépôt dans les Cieux,d’où il a été apporté à Mahomet 8cc. Tous le regardent Unanimement commeun miracle perpétuel , plus grand même que de ressuseiter un mort , parce queYAlcoran est un ouvrage inimitable , au dessus des forces de l’eíprit humain ;qui renferme en soi des caractères incontestables de Divinité , que l’on peutprouver, comme l’etistencè de Dieu K ,'À : prtofi ', c'est-à-dire èn prenant ses preuvesdans l’ouvrage même. Mahomet voulant montrer la divinité de se Mission par

cel-

(4) Sale ubi fup.

■ {b) Sale ubi fup.

(c) D’Herbslot ubi fup.