L’A L C O R A N. 107
celle de cet Aicoran défia tons les beaux esprits Arabes de produire quoi que cefut qui aprpchât de la valeur d’un chapitre dé ce livre, ni qui put lui être com-pare pour lelegance. Un. seul Poète nommé Labid ose afficher par maniéré dedéfi un Poème de se façon à la porte du Temple de la Mecque. Mahomet yafficha de même le second chapitre de VAicoran , & fit disparaître aussitôt tou-te lelegance d un Poème auprès duquei aucun autre bel esprit n’ose jamais pren-dre place : mais Labìdcut á peine lû les premiers versets du chapitre , qu’ill’admira & le convertit , en déclarant que des paroles si sublimes portoient leurconviction avec, elles,. & ne pouvoient venir que d’un Prophète inspiré. Ce La-h d fut dans la fuite un des plus ardens défenseurs de Mahomet.
Croyons avec (a) l’Auteur Anglois qui me fournit ces particularités qu’il apuisées dans les sources mêmes, que l’harmonie des expressions, que l’art & lafinesse du stile, que l’enchantement, s’il faut ainsi dire, des tours ont extrême-ment contribué à faire goûter la doctrine de l 'Aicoran. C est ainsi que les ar-gumens de Mahomet ont pu éblouir; ces argumens qui, proposés par lui avec làsimplicité de l’Evangile & dépouillés dune Rhétorique captieuse, n’auroient sensdoute pas même surpris les plus idiots. Il n’est pas nécessaire de raporter ici desexemples de ce que peut faire fur l’eíprit humain l’harmonie des phrases, & la ca-dence des paroles jointes a des maniérés agréables, a une voix qui fiape mélodieu-sement l’oreille, &c. Tout cela forme l'éloquence ; & quand même cette éloquen-ce ne produirait que l’admiration dans l’homme, en faudrait il davantage pojurla rendre maîtresse de lame? Il est surpris : c’est tout ce qu’exigent (b) ceux quiselevent au dessus des autres par ces voyes extraordinaires , qui produisent lesrévolutions.
Tout ce qui a été dit dans les Dissertations précédentes fait assez connoîtrcl’usege & la nécessité de XAicoran. Le projet de Mahomet exigeoit la íupositiondune Loi supérieure a des Loix humaines, & cette Loi ne pouvoit être supé-rieure qu’en íùposent la révélation. Mais il étoit si probable que le projetéchouerait contre trois Religions alors dominantes dans î’Arabie, qu’il (c) pritle parti de refondre ces trois Religions ensemble pour mieux gagner ceux quien faiíòient profession. Le projet ne paraîtra pas. si difficile à exécuter qu’on pour-rait se le persuader, si l'on considère les étroites liaisons de ceux qui íuivoient lestrois différentes Religions, & que vivant tous ensemble dans les mêmes lieux,ils s’entre-communiquoient leurs dogmes & leurs erreurs. D’abord il commença parles réunir sous la croyance (d) d’un seul Dieu, en laissmt aux uns leurs i usa-ges
(a) Sale ubi su p.
(b) Elocjuentiam qu& admìrationem non habet nullam judtco dit Çicerón Epis. ad Brut.
(c) Voy. une citation dans Sale ubi sup. laquelle a du raport à ce que je dis ici.
(d) Rien n’est plus repeté dans tout Y Aicoran que /’unité de Dieu, 8c Y unité de Religion.- Enfuit? j) nous
assure que pour rétablir les désordres où les hommes sont tombés en s’éloignant de l’une & de l’autre unité,Dieu a envoyé en divers tems trois Prophètes , Moïse , JeJus-Chris 8c Mahomet. Le Judaïsme n’a gué*res menacé que des peines temporelles, ni promis que des avantages charnels. Le Christianisme plus élevéa promis des récompenses spirituelles aux croyans, & menacé les incrédules de peines proportionnées auxrécompenses destinées à ces croyans. Le Mahometifìne a mêlé le spirituel Si le charnel. Il est charnel avec le Ju-daïsme, il est spirituel avec le Christianisme : alors il s’éleye à un tel point que ses préceptes ont toute ladignité des. préceptes Evangéliques: mais ón ne doit point en être surpris, puis qu'ils apartiennent à l’Evan-gile, 8c rien ne leur fait tort que d’être mêlés avec des absurdités & des erreurs que Mahomet a reçues , àce qu’on prétend, des faux Chrétiens & des faux Juifs. „ Ce qu’il y a, nous dit d ’fferbelot dans fa Bs», hlìotheque Orientale , de plus vraisemblable touchant la composition de Y Aicoran est, que plusieurs Eve-V> <sues , Prêtres , Moines, & autres gens ayant été relégués .... dans les déserts de l’Arabie 8c de», f Egypte, après plusieurs hérésies, condamnées par les Conciles .... il s’en trouva d’assez médians,, pour fournir à des mémoires peu fidelles & mal conçus du V. & du.N.T. . • * Les Juifs.y
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