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[Volume III.]
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L’A L C

R A N.

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qué feulement verset á verset (a) au Prophète , & après le Prophète â (h) íèsSectateurs eut été remis en un íèul tems & tout à la fois à ceux-ci , vraisem-blablement il auroit essuyé de grandes contradictions & les projets de Mahometse íèroient bientôt dissipés à 1 examen d’une révélation dont toutes les pièces au-roient paru si décousues. Au contraire en íuposent que ces pièces n’etoient en-voyées clu Ciel, qu a mesure que Dieu les jugeoit nécessaires pour convertir oiipour instruire les peuples , il justisioit la sagesse des voyes de la Providence 6epouvoit parer ainsi contre les difficultés des incrédules. Si bailleurs cela autori-íòit ceux-ci à disputer a l 'Alcoran 1 éternité que le Mahometisme lui attribue ; oníe seuvoit par le dogme de la prédestination absolue, suivant lequel Dieu avoirprédéterminé de toute éternité les évenemens, qui ont donné lieu a la révélationdes morceaux dont Y Alcoran est composé, (c) Voila à peu près ce que nousdit l'Editeur Anglois de Y Alcoran. Le lecteur jugera de la validité de ces rai-sons. Jajouterai seulement qu’il me paroit que Mahomet a voulu imiter la ma-niéré des anciens Prophètes , qui ne prononçoient pas tout de fuite ni en unseul tems les Prophéties dont nous avons les recueils dans les SS. Ecritures. Ilsles donnoient détachées, Lt sens se mettre en peine de les lier les unes aux au-tres • ils les afichoient , ils les prononçoient dans les places publiques & á laporte de la ville, devant des témoins &c. Et comme en parlant toujours au nom &C& de la part de Dieu , on pouvoit dire que leurs Prophéties tomhoient du Ciel,il y a aparènee que Mahomet a voulu certifier son inspiration par cette expresssion allégorique. Les Prophètes du Paganisme observoient auffi le même désor-dre que ceux des Juise ; si tant est qu’on doive dire qu’il y a du désordre à laissser sens liaisons des choses qui ne doivent point être liées. Je n’en donneraipour preuve que les Prophéties des Sibylles. On seit que ces Prophéties avoientcouru longtems détachées (du moins c’est l’opinion la plus probable) mais quedans la fuite elles furent compilées (d) a Rome & mises en depôt dans leTemple de Jupiter au Capitole, (e) comme devant être le plus ferme fondementde la Religion de l’Etat & le gage précieux de se destinée , avec quelques au-tres (f) livres secrés, auxquels on déférois a peu près le même respect qu a ceuxdes Sibylles.

On cite comme un des plus sublimes endroits de Y Alcoran ce passage du

Chap.

(a) Cette communication de Y Alcoran verset à verset dura 23. ans , comme on l’a dit , mais cependantMahomet eut la satisfaction de le voir tout entier une fois par an ; & même il eut la consolation de le voirdeux sois la derniere année de fa vie.

{b) A ses confìdens qui écrivoient les versets révélés tels que leur Apôtre les prononçoit. Ces ver-sets , ajoute-t-on , étoient écrits confusément sur des feuilles de palmier & fur des morceaux de peau.Abn-Beker , comme je l’ai déja dit, raíïembla le tout, & fut même obligé d’avoir recours à la mémoire deceux qui avoient fréquenté familièrement Mahomet , pour rendre fa collection plus complette.

(c) Sale ubi sup.

(d) Les anciens Romains , qui ne donnoient pas moins volontiers dans le merveilleux que les autrespeuples, ont fait présenter le Recueil des Prophéties de la Sibylle à Tarquin l’ancien , ou à Tarquin le su-perbe, par une femme qui disparut aussitôt après avoir reçu la somme qu’elle en demandoit.

(e) Te quoqtte magna manent regnis pénétrait a noftris ,

dit Enée à la Sibylle de Curnes

Hic ego namque tuas fortes , arcanaque fat a ,

DiCla mea genti ponam , leflojque facrabo

Aima vires. Foliis tantum né carmina manda. Virg. iEneid. L. VI. v. 71*

(/) Les vers de la Nymphe Bagôe , ou de la Sibylle Erythrée,qui traitoient de l’art de deviner par leséclairs (ars fulgìtrarum ) les Oracles des Freres Martiens .... (Martii fratres) à quoi il faudroit joindredivers autres livres sacrés^, comme étoient ceux de Toges, les Sacra Armtia Sc autres Rituels Toscans Sccò

Tome V. E c