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[Volume III.]
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L *A L C O R A N. II5

teurs juifs & Sectateurs d'Aristote, qui, en établissant la coëtermté de Dieu &de la matière, en sorte qu’il n’y ait en Dieu que la priorité de Nature les unitpourtant nécessairement l’un a l’autre ; car les Mahométans qu’on taxe de liber-tinage 6c de Déisme enseignent que (a) Dieu elì un cercle qui renferme touteschoies, 6c que c est en cela que consiste l’immensité de Dieu. Toutes les lignes ,tontes les njoyes différentes des Religions aboutissent à ce cercle. (Il valloit mieuxdire que Dieu est le centre du cercle , 6c que toutes les lignes tirées de la cir-conférence de ce cercle vont so réunir au centre, c’est-à-dire à Dieu.) Sans préten-dre plaider pour le sentiment de ces Mahométans , ni examiner s’il est effective-ment celui des Déifies & des Spinosjìes de l’Europe, je dirai seulement qu’ils neparlent pas de l’immensité de Dieu dune maniéré différente (b) de celle du Pro-phète David , 6c peut être que la comparaison du cercle à Dieu pourroit sex-pliquer austi favorablement qu’un passage du (c) Poëte Aratus l’a été par S»Paul.

Mais les Docteurs Musulmans qui pensent avec le plus de justesse 6c de digni-té fur le premier objet de la Religion croyent que la raison humaine doit êtresoumise à la raison éternelle, que tout doit céder à cette premiere vérité, quandelle soit marcher devant soi les motifs de crédibilité. Ils sont persuadés austi qu’ilfaut abandonner toute sorte d’avantages temporels pour elle ; & souvent mêmecette persuasion va jusqu a les j ester dans une Quiétude parfaite.

A legard du cours des idées qui dans la société civile donnent plus ou moinsde mérite à la Religion dominante ; il varie ici comme ailleurs, [d) La sta-terie, la force 6c la politique enseignent aux peuples à íuporter les vices 6c l’in-fidelité de leurs maîtres, 6c il peut leur arriver comme à nous d’adorer pour untems des opinions qui sont des erreurs, dès qu elles cessent d’être soutenues del’autorité de l’Etat. Si de ces motifs nous passons à d’autres qui ne servent pasmoins à exciter ou à retenir la Religion des particuliers , & à lui donner devrayes ou de fausses couleurs , nous découvrirons infailliblement en Orient cequ’un Auteur fort ingénieux a fait découvrir (e) par un Maronite dans le cen-tre du Christianisme :• beaucoup d’habitude dans les peuples , beaucoup de for-fanterie 6c d’hypocrisie dans les Grands. Mais quelque corrompus que soyentles principes des uns 6c des autres , tous les Mahométans reconnoissent généra-lement comme les Chrétiens , que la Religion est nécessaire &: pour la gloirede Dieu 6c pour le bonheur de l’homme -, sens quoi il est dégradé de l’humani-té. Un de leurs Poëtes dit avec raison, (f) que la Religion sert de jouet aux im-

pies

(a) Yi’Herbelot ubi sap. p. r§ 6 .

(d) Pseau. 139.

(c) Tov yàp kcìì <ym$ hpiv -- car nous sommes ses enfans , ou plutôt sa production. Act. Ch. 17* V.

2,8. V. austi. Ps. 104. v. 27—30. Job. Ch. 34. v. 14. & ailleurs. Au reste je ne saurois m'empêcherde blâmer ici la précipitation de ceux qui condamnent certains sentimens & certaines expreffions commeprophanes, tandis qu’on trouve des choses tout austi fortes dans les SS. Ecritures. Comparés par exempleles v. 19. 20. 21. du Ch. 3. de l’Ecclésiaste, les v. 7. 8. 9. du Ch. 14. de Job &c. avec les endroitsde quelques Poëtes anciens & modernes. Osera-t-on accuser de libertinage ces Auteurs sacres ? Ils se sontpourtant exprimés comme ces Poëtes.

(d) Les Arabes disent que les hommes suivent la Religion de leurs Princes ; & les Persans, que tousles vices & toutes les rêveries des Princes deviennent des vertus pour leurs sujets. D 'Herbelot ubi sup.p. 297.

(e) „ Il tempo é il maturo rifleíso mi secero poi auveduto che tutta la Religione di Roma consiste in>) una cerimonia di culto esteriore , che . . . potrebbe chiamarsi un certo uso di vita in piccoli , una,, hipocresia ne’ grandi. Divorz,. Celef. L. 1.

(f) La penste de l’Arabe revient à celle du Poëte Latin ; Rellmo peperìt scélérat a atqae ìmpía fawa.Lucret.

Ff z