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[Volume III.]
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n4 DISSERTATION SUR

Tun semble être fatale à l’autre. Enfin l’on cite ces paroles d’un Poëte Turc,qui établissent plus expressément encore la néceííité de la Religion ; ne vous met -tés sas en seine que l'Etat périsse , pourvû que la Religion demeure. On ne peutpas dire, au contraire ; ne vous mettés pas en peine que la Religion pérife , pourvuque l'Etat demeure. Leurs Docteurs s elevent aussi contre l’autorité de la raison.Ils la disent incapable de disoerner Terreur fans le secours de la foi, ils Rappellentelle-même erreur. Adhérer, ajoutent-ils, à íès propres sentimens & à ses lumières estle chemin de Timpieté &c. La foi jointe aux bonnes œuvres ouvre aux fidel-les la porte des bénédictions du ciel & de la terre. Enfin la Religion est com-parée à un palmier dont les branches s’élevent, s’il faut ainsi dire, au ciel. Dieuest le souverain bien de Thomme. Malgré ces beaux íentimens on prétend que leMahometìsme est plein de Déifies & de Latitudinaires , qui comparent la Religion(c’est-à-dire celle des Musulmans ) à un grand chemin par lequel les hommes vontdroit à Dieu , ce qui n’empêche pas qu’il n’y ait à droite ôc à gauche diverssentiers qui mènent aussi à lui. On comprend assez que la Religion domi-nante doit toujours être le grand chemin. Il semble aussi (a) que Mahomet fa-vorise les Latitudinaires ; car dit-on, il n’a pas exclu du salut ceux qui vivent engens de bien dans la Religion où ils sont nés. Cependant on trouve d’autrespassages du meme livre, ou Y Islamisme est apellé le droit chemin , le seul qu’il fautíùivre. L 'Islamisme est la (h) ligne droite que Mahomet a tracée pour les Mu-sulmans. A droite & a gauche de cette ligne il en trace d’autres ; mais enmême tems il les avertit que c’étoient de fausses routes gouvernées par desDémons.

Il y a des Docteurs Mahométans qui portent le libertinage plus loin que lesLatitudinaires , en se jettant, nous dit-on, dans un dangereux Pyrrhoniíme, quine connoit rien de certain que les deux extrémités de la ligne , c’est-à-dire lecommencement de la vie & la fin , qui est la mort. Toute la Religion deThomme spirituel ôc intelligent ne consiste , disent-ils, qu’en ces deux termes :mais il me semble que ce sentiment pourroit fort bien recevoir une interpréta-tion favorable. Y a-t-ii rien en effet de plus certain que ces deux extrémités ?Òc les connoître , c’est-à-dire se soumettre ôc s’humilier à la vue des fuites fâ-cheuses de Tune, persévérer dans Teípérance en voyant la nécessité de Tautre, aprèsavoir vécu dans une agitation perpétuelle en ce monde, n’est-ce pas là connoîtrela Religion en homme sage & intelligent?

D’autres enfin semblent expliquer avec beaucoup de noblesse TidéeJ qu’ils ontde Timmenfité de l’Etre suprême ; mais ils cachent des principes fort mauvais.Dieu ejl par tout , disent-ils, Seigneur , nous sommes partout chez vous. Nous nousdisions à nous mêmes, il se trouvera peut être un chemin qui nous conduira ailleurs ;& quel chemin prendrions nous qui ne nous conduise à vous ? mais tous ces beauxtermes renferment ou Tidée Platoniciene , qui fait de Dieu le principe généralde tous les Etres, ou celle des Stoïciens qui fait de Dieu l’ame du monde ; oucelle des (c) Hylozoites , qui vivifie la matière ; on enfin celle de quelques Doc-teurs

(a) Voy. Ch. 2. de Y Alcor an & les notes de M. Sale 8cc.

(b) Biblioth. Orient, ubi fup.

(c) Selon ces vers de Manìle 1. I. Afiron. où après avoir parlé de l’ordre merveilleux del’Univers il dit ;

Ac mihi tam prœjêns ratio non ulla videtur ,

Oua pateat mundttm divino numine verti ,

Atqtte ipsttm ejse Deum , nec forte coiffe magistra.