THEOLOGIE DES MAHOMETANS. 137
mes y & de leur Foi 5 ou quV/ rìa point d’aversion four le mal & pour iinfidélité ,ou que le mal & le bien viennent de Dieu , de telle forte que Dieu les a arrêtés l'un& l'autre & les veut avec me égale complaisance ; celui-là est certainement insi-delle : car il est vrai que Dieu veut le bien , mais de telle maniéré que le bienlui plaît toujours ; & il est vrai austì qu’il veut le mal, mais de telle sorte quele mal ne cejfe point de lui être odieux.
O Dieu très bon dirigés nos pas dans la droite voye (a)ì
CHAPITRE VIII. :
Des Ablutions & des Purifications.
1. A l’cgard des Purifications prescrites, on doit íâvoir , qu’il y a sept diste-Jj JL rentes sortes d’eau, que l’on y peut employer : íâvoir l’eau qui tom-be du ciel, c’est-à-clire l’eau de pluye ; l’eau de mer, l’eau de riviere, l eau depuits, l’eau de fontaine, l’eau de neige, & l’eau de grêle.
Nous reconnoijfons principalement trois sortes i ablutions , ou de purifications.
L'une que nous appelions Gast , qui efi me espèce immersion. Vautre , que nousappelions Wodou, qui concerne particulièrement les pieds & les mains $ & la troisiè-me que nous appelions Terreuse ou Sablonneuse, par ce quau lieu d'eau , on y employédu Sable ou de la Terre.
I. De t ablution corporelle , appellée G A s L.
z
L Es fondemens de cette immersion corporelle , ou, pour mieux dire,les règles qu’il y faut observer, sont au nombre de trois.
1. Premierement l 'intention (b) de se rendre agréable à Dieu.
z. En
ÉCLAIRCISSEMENT.
(œ) *Les Musulmans varient beaucoup lorsqu’il s’agit de rendre raison de cet article : mais la vrâye doc-trine orthodoxe est celle-ci. Quoi que ce soit, fans exception, qui arrive dans le monde procede entiere-ment de la volonté de Dieu , & est absolument irrévocable. Cette prédestination de toutes choses s’é-tend fur les plus petits & fur les plus vils objets ; & il est impossible de l’éviter ni par prévoyance , nîpar prudence, ni par sagesse, ni par quelqu’autre moyen que ce soit. La politique de Mahomet fit, nousdit-on, de cette doctrine un point capital de Religion : par là il prétendoit engager ses nouveaux disciplesà combattre en désespérés pour ì'IJlamisme , fous prétexte que quelque effort qu’ils fissent pour ou con-tre il n’en scroit ni plus , ni moins, & que ne pouvant détruire jl’ouvrage du Décret, ils s’exposcroienttout au moins aux châtimens du ciel, en le regardant (lui Mahomet) comme un séducteur. Cette doc-trine est établie en plusieurs endroits de l 'Alcoran , & entre autres dans le Ch. 3. Elle a paru si dure àplusieurs Docteurs de cette Religion, qu’ils ont fait tout ce qui étoit possible pour l’adoucir par des dis-tinctions subtiles. Voy. dans la Bihl. Orient, article Cadha, & ailleurs les conditions par lesquelles ils ontessayé de la concilier avec la liberté de l’homme ; les uns en alléguant le mauvais emploi de la raison, qu’ilsVeulent pourtant qu’elle soit soumise à la raison éternelle, selon ces paroles de Mahomet. „ Vous ne vou-„ drés jamais que ce que Dieu voudra, parce qu’il est le maître de toutes les créatures ". Les autres ensoutenant qu’on ne revient plus de l’abus de fa liberté, & qu’il n’est pas davantage en notre pouvoir de lafaire agir après en avoir abuse , qu’il l’est à un homme de voir quand il s’est gâté volontairement la vue.Je substitue cette comparaison à celle que sait dans d ’Herbelot un Auteur Arabe.'
(h) Ch. VIII. Cette premiere condition est extrêmement recommandée aux Musulmans , & leurs Poètess’expriment avec beaucoup d’élegance fur ce sujet. * M. Reland rapporte ce passage d’un Auteur Persanque je rens. ainsi : „ Les actions (extérieures de pieté) de celui qui n’a pas l’amour de Dieu dans le cœur,, ne ressemblent qu’à du vent”. J'avoue pourtant qu’il y a moins d’élegance dans mo prose que dans cesmerveilleuses rimes de l’ingénieux traducteur & Poète, auxquelles je la substitue;
Tome V. M m fi*»'