144 ABREGE’ DE LA
II. En íèconct lieu, de notre argent. -
III. En troisième lieu, de nos grains.
IV. En quatrième lieu, de nos fruits.
V. Et enfin, de nos marchandifés.
II. A 1 égard du Bétail , il y en a de trois fortes, dont il est nécessaire de fai-re l’aumotie, savoir des chameaux, des boeufs &: des brebis: & afin que cetteespèce d’aûniône fé fasse .légitimement, six chofés font réquises :
i. Que celui qui la fait soit Musulman (on fait qu’il faut entendre par ccmot un Mahométan sincèrement attaché a la Religion de Mahomet.)
z. Qu’il fòit de condition libre.
z. Qu’il fòit légitime possesseur (a) de ce qu’il donne.
4. Que le bien de celui qui fait l’aumône fòit augmenté à un certain point ( 5 ).
5. Qu’il lait possédé à peu près pendant une année (c).
6 . Que les bêtes qu’il, donne , íòyent 'prises, non de celles qui travaillent acultiver ses terres & qui lui font actuellement utiles ; mais de celles qui paissentencore dans fés pâturages (d). ~
III. A l’égard des Aumônes pécuniaires , cest-â-dire en or , ou en argent, lesmêmes conditions y sont réquises , savoir que celui qui les fait 1. fòit Musul-man, L. libre. 3. légitime possesseur &c. comme ci-dessus.
IV. Pour celles qui consistent en grains, & autres semblables fruits de la terreelles exigent du donateur ces trois conditions.
1. Que ces fruits, grains &g. íòyent provenus de graine fémée , & que cene íòient pas des plantes nées au hazard.
L. Qu’ils ayent été serrés dans des greniers. <
3. Et qu'enfin, on en ait pour foi une certaine quantité, (qui nous mette à.
portée d'en faire des Aumônes.)
A l’égard des fruits croissent sûr l’arbre, des plantes &c. les Aumônes qu’onen doit faire consistent en dattes & en raisins : ôc afin qu’elles se fàílènt légitime-ment , les quatre premieres conditions spécifiées ci-dessus y íònt réquiíès ; savoirque celui qui les fait fòit Mahométan , libre, légitime possesseur , & riche d’uncertain bien.
6. Enfin, pour ce qui est des Aumônes qui consistent en marchandises, ellesdoivent avoir les mêmes conditions. (Voyez ci-deílus article z. & 3.)
7. Mais il faut se ressouvenir ici, qua l’égard de toutes ces Aumônes, tantcelles dont nous venons de parler , & qui ne regardent que les personnes com-modes , qua l’égard d’une autre sorte d’Aumônes dont je ii’ai rien dit, & qui
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(4) En effet, ce n’est pas donner, que de donner le bien d’autrui,* & c’est une véritable injustice quede donner ce qui ne nous apartient pas. -
(b) C’est-à-dire , qu’il faut avoir un certain bien pour être obligé de donner. Par exemple , vingtpièces d’or de leur monnoye,.est la somme qu’il faut poffeder, avant que de faire des aumônes en or:& l’aumône en ce cas-là est réglée à deux & demi pour cent. Suivant la même règle il faut poffederdeux cens pièces d’argent de leur monnoye, pour en donner cinq ; cinq chameaux pour donner une bre-bis ; vingt chameaux , pour donner r une chamelle (la femelle d’un chameau.) 40. brebis, pour en don-ner une ; &c. Si le bien augmente, on augmente encore la dixme à proportion : mais si l’on n’avoit pasvingt pièces d’or , ou 200. pièces d’argent, ou 5. chameaux, ou 30. bœufs, ou 40. brebis^ on ne fe-roit point obligé à donner.
.. (c) C’est-à-dire, qu’il l’ait possédé onze mois au moins, fans que ce bien ait été engagé: car rengage-ment anéantit la possession.
„ (d) Cette maxime est fort sage. Un laboureur ne doit point faire l’aumone de íès propres meubles:c’est ainsi qu’on .peut fort bien appeller une bêté à charge, qui lui sert à labourer ses terres, &â faire vivrefes’enfans. Les Aumônes doivent fe faire du superflu, & c’est là le sens de cette Loi * (cette note est pa-raphrasée sur le Latin de M. Reknd> & il saut en faire honneur à M. O**.)