THEOLOGIE DES MAHOMETANS. 145
est une eípéce d’impôt (si l'on peut dire des Aumônes) ou de capitation univer-selle fur toutes les têtes a l’iíTue du jeûne de Ramadhan (a) ; a l’égard, dis-je, detoutes ces Aumônes , le premier & le véritable principe c’est l’intention de fai-re telle ou telle Aumône, comme une choie entierement due (h).
Kr , CHAPITRE XI.
Des Jeunes.
I. TL faut trois choies pour rendre le Jeune ( c ) légitime & agréable à Dieu.'i. Premierement , il faut êtr & Musulman,
z. Il faut être parvenu â l’âge de puberté.
3. Et enfin il fout être dans ion bon sens.
II. Pour ce qui est du Jeûne même, les principes qui doivent remonter àDieu íònt au nombre de cinq :
1. Il faut l’intention du cœur.
2.. Il fout s’abstenir de manger pendant le jour (d).
3. Et de toute eípéce de boiílon.
4. Et non seulement d’avoir commerce avec une femme , mais même dequelqu’impureté que ce íbit, baisers, embraílèmens, attouchemens &c.
j. Il fout aussi foire eníòrte de ne pas rendre ce qu’on a mangé (en quoi ilfaut supposer deux choses ; lune que l’estomac est en bon état , l’autre quel’on ne foit point d’excès, ou du moins qu’on ne prend rien qui cause de la ré-pugnance ou du dégoût.)
III. Avec cela dix choses annullent le Jeûne &: lui ôtent fo vertu.
1. Loríqu’on foit rentrer avec intention quelque chose que ce íòit ou dans latcte, ou dans l’estomac (e).
z. Lors
(a) Soit qu’on ait jeûné dans le mois de Ramadhan , ou non , on est tenu à cette Aumône annuelle , a-près le tems expiré du jeûne , pourvû qu’on ait atteint l’âge de puberté & qu'on soit en son bon sens.On donne par tête un Sea, qui est une petite piéce de monnoye ; mais on est libre de le payer en argent,ou en denrées applicables à la nourriture des pauvres, comme en orge, froment, dattes, ris, raisins secs,beurre ou fromage, &c.
(h) * (Elle est au rang de ces devoirs de droit divin qu’on appelle Fardh. Voy. à’Herbelot art. FeraidhJ)Ce qui est de droit divin est indispensable ; mais à l’égard des préceptes de la Sonna ils n’obligent pointnécessairement. * Le principe des Mahométans est en général que l’Anmône attire la bénédiction de Dieu ;& à cause de cela ils l’appellent Zacat du verbe Zaca , qui signifie accroître. Tous les voyageurs don-nent de grans éloges aux Mahométans fur l’article de l’Aumône. Voy. Chardin , Ricaut , Thevenot , Best-fier dans ses notes fur Ricaut &c. Zaca oxiSaea est aussi le nom d’un Derviche , qui donne de l’eau parAumône. Voy. la figure de la page 142.
(e) Ch. XI. Les Mahométans ont divers jeûnes : mais le principal est celui qui dure tout le mois deRamadhan , depuis le lever jusqu’au coucher du soleil. * (Quand on se trouve en voyage ou à la guerre,il est permis de le différer à un autre tems.) Après ce jeûne, les Aíahometans ont la fête du grand Beiram,■appellée ainsi pour la distinguer du fetit Beiram, qu’on célébré le 10. mois de Dilhaz,ja , en mémoire dusacrifice d’ Abraham. * (On parlera dans la fuite beaucoup plus amplement de ces Fêtes. Je me contente-rai de dire ici qu’on les appelle les deux Fêtes par excellence.)
(d) C’est-à-dire, depuis le lever jusqu’au coucher du Soleil. *(H y en a qui portent le scrupule jus-qu’à n’oser avaler de petits brins de viande , qui restent entre les dens. On en voit qui s'abstiennent deparler & tiennent exactement la bouche fermée : mais aussi) il y en a d'autres qui sont beaucoup moinsscrupuleux. Enfin il s’en trouve, qui réparent le tems perdu & font de toutes les nuits du Ramadhan unedébauche continuelle. Dès que le soleil est couché, des gens vont crier par les rues, (au moins en Afri-que , & dans le Royaume de Maroc) le Soleil est couche', il est tems de prendre quelque nourriture pour la re-scision du corps. C’est le signal ordinaire par toute la ville.
(e) *11 n’est pas même permis d’avaler la salive» au moins il n'est pas permis de le faire volontairement;
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