Band 
[Volume III.]
Seite
150
JPEG-Download
 

150 ECLAIRCISSEMENS SUR LA

Gualther , dans íâ Chronologie (a ), est encore plus positif : la derniere extra-vagance , dit-il, de Mahomet, ejl l’indifférence des Religions.

Thomas de Jésus , dans ion Livre de la conversion des gentils (h) , & l’Auteur

(c) de la II. harangue contre Mahomet , rapportent tous deux, que dans le Cha-pitre de l 'Alcoran , qui a pour titre Alhacar , le prétendu Prophète y déclare enpropres termes, que les Juifs & les Chrétiens seront sauvés.

[d) (Tout cela est bien positif ; mais n allons pas si vites, tous ces Auteurs quonvient de citer n’entendoient pas l’Arabe , & d ailleurs ils se font copiés les unsles autres ; pardonnons leur cette bévue;) mais comment pourrons-nous par-donner à un homme, qui a demeuré quinze ans en Asie, & qui a eu tout leloisir de íë perfectionner dans les Langues Orientales , comme il a bien parupar le Diiïionnaire , ou trésor de la Langue Persane , qu’il donna au public en1684. Cet Auteur (e) nous assure dans ce même Livre , que l ’Alcoran donneassez à entendre que chacun peut être sauvé dans íë Religion j „ ôi voici, ce,, qu’il dit dans le Chap. de la (f) vache: ceux qui auront cru & auront bien vê-,, cu , soit Chrétiens , ou Sabaïtes ; qui auront cru en Dieu & au jour du jugement ,„ qui amont fait de bonnes œuvres , recevront la récompense du Seigneur leur,, Dieu ; Ó* au j our de h résurrection , il rìy aura aucun lieu à la crainte ni à Tas-„ JliSHon pour eux", (g) (Voila le fameux passage, qui a fait naître 1 erreur, ôcil n’est pas étonnant , que des écrivains entierement étrangers aux maniérés Ara-besques y ayent été trompés, puisque yoici un homme , qu’on ne íëuroit ac-cuser d’ignorance fur ce sujet, qui n’a pas compris un pastëge , d’ailleurs assezintelligible.) ,

Voici le passage traduit mot à mot, tel qu’il íè trouve dans le Chap. II. v.j p. & dans le Ch. V.v. 73. de l 'Alcoran : certainement ceux qui croyent (ce-la veut dire les Mahométans , les Juifs, ôc lçs Nazaréens, cest-a-dire les Chré-tiens & les Zabiens , c’est-à-dire (h) les Peuples qui habitent l’Arabie. Qui-conque , dis-je, d'entre ceux-là , croît en Dieu & au jour du jugement , & fait debonnes œuvres , celui-là aura fa récompense par devers le Seigneur son Dieu ; nul-le frayeur ne tombera sur eux ils ne feront point saisis de douleur. Je íëi qu’il y2 des Mahométans, & particulièrement en Perse (/) ) qui varient fur ce sujet ôcqui croyent, que leur Prophète, en écrivant ces paroles, avoit d’abord eu desíein d’ouvrir la porte des cieux a quiconque vivroit moralement bien; mais queion opinion lui dura peu , puiíqu’il abrogea dans la fuite ces deux versetsde son Alcoran par d’autres qui lui furent envoyés du ciel & dans lesquels ilest décidé nettement que la Porte du Paradis efl fermée à toutes les Seïïes, exceptéà la sienne : ce qui fait voir que l’indifférence de Religion n’est point un ar-ticle de la créance des Mahométans , ni que chacun puiííè être sauvé dans lasienne: (tout au plus, on en pourroit conclurre, que Mahomet s’est contredit.)

Mais

(*) p. 547.

(6) p. 677. & Ó44. . . f

(c) Bibliander , Réformateur de Zurich, fit imprimer Y Alcoran en 1550Ì avec plusieurs Discours con-ítre Mahomet: l’endroit cité par M. Reland est à la page 321.

(d) Autre addition du Traducteur.

(e) Ange de S. Joseph , ou le Sr. de la Brojse. Voyez son DìBionairç "Persan , p. z6z. C'est un LivreLatin, in folio, imprimé à Amst. en 1684. Voyez les Nottv. de la Rep» des Lett. Mars 1684. p. 66 ,

(f) Al-Bacar.

(g) Ceci est une addition du Traducteur.

â Gentes i cela veut dire les Gentils d’Arabie. M. D** n’a pas entendu ici le mot de gentes,p) Chardin en parle, dans le IV. volume de ses Voyages. Edit. in 4. de 173