RELIGION MAHOMETANE. 16/
& Arias Thomas (a ), qui nous aprennent cette particularité : mais ils se trom-pent. Mahomet leur a expressément ordonné de se tourner du côté du Templede la Mecque, & c est ce qu’ils apellent Kihïa , par cette même raison. Voyezf Alcoran au Chap- II. ou ce précepte est repeté plus d’une fois: en quelque fartque 'vous soyez , dit Mahomet , tournés vous du coté de la Mecque. C est auíïì cequi a donné lieu à un Poëte Arabe de faire cette belle allusion , dans une de(es Poësies Sacrées (h).
Ouï , ta face , Seigneur , dans toutes mes prières ,
(c) Efí le e vraì Kibla de ma foi yUt dès que le matin f entrouvre les paupières ,
Mon cœur m oriente vers toi í
Apres cela, que dirons-nôus du Théologien Bradvardinus , qui dans un trèsbon Livre, qu’il nous a donné ( d ), accule les Mahométans d adorer le Diable,paree qu’il prétend que Mahomet a enseigné , que le Soleil se leve entre les deuxcornes de ce mauvais génie. Quelle vision ! le Soleil se leve entre les deux cor-nes du Diable ? Ou a-t-il péché cela ? Dans le Chap. XVIII. de \'Alcoran.(e) (Mais il n’y a rien de semblable 5 il y est parlé de deux montagnes : &; puisc est tout.) Ensoite qui lui-a dit , que tous les Mahométans se tournent du cô-té de l’O rient ? S’il a entendu cela des Maroccois, des Algériens & des Egyp-tiens, il a raison ; car le Temple de la Mecque est a leur Orient ; mais s’il laentendu des Arabes, des Persans, des Mogols Le des Malacois , il se trompefort. Là Mecque est bien leur point de vue à tous , mais 1 diversement selonleurs différentes situations.
Ainsi (f) au, lieu de nous amuser a censurer témérairement les Mahométansnous sérions bien mieux de les imiter dans ce qu ils ont de' bon, & particuliè-rement dans le sérieux Le la gravité de leurs prières. Voici comment en parleGrelot. „ Il dit (g) qu’il seróit a souhaiter que les Chrétiens, qui n ont pas toujours3 , pour les Temples le respect: qu’il faudroit, &: qui prient Dieu fans beaucoup d’at-3 , tendon, vissent de quelle maniéré les Turcs remplissent un devoir si essentiel <$£„ si nécessaire à tous les hommes. On ne peut rien ajouter a l’humilité & a l’at-„ tendon qu’ils font paroître dans ce saint exercice. Nous poumons aprendre„ deux à n’entrer jamais dans nos Temples l’ame souillée de crimes• quand„ nous les verrions si exacts à nettoyer leurs corps &. leurs vêtemens , avant„ que de mettre le pié dans leurs Mosquées. Nous pourrions encore, en lesa , voyant d’abord quitter leurs sandales, & passer ensoite tout le tems consacré3, à leurs dévotions , dans un silence &c une modestie admirable, aprendre à
„ éloi-
(A) Dans le Triomphe de la Croix , p. 2.).
{h) M. Reland n’en raporte que ces deux mots : Tu es Kibla mea m precibus mets. ,, Tu es mon Kiblasi dans toutes mes prières”. Mais j’ai pris la liberté d’en faire une stance entiere , pour varier mon su-jet , & principalement pour inspirer aux Chrétiens l'amour & le véritable esprit de la prière , qui doitrire le bnguage du cœur.
( c ) Que cela est élégant ! & qui est le Chrétien qui après cela pourroit se fésoudre à parler autrementà Dieu ? Sérieusement M. D** pour parler son language, n’a jamais eu Apollon pour Kibla , & j e doutefort qu’on puisse dire que fa Muse l'a orienté vers le Parnasse.
(d) Te Causa Del, pag. 58.
(e) Addition du Traducteur.
(f) 1 abrégé ici une addition de M. D**.
(g) Grely in itinere Conflantinop. p. 312. Cette îiiàníere de citer semble prouves qUe M. D** n’a pasuì que la Relation de Grelot est en François.
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