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[Volume III.]
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169
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RELIGION MAHOMETANE. 169

„ croyent, dit-il, qu’après setre bien lavés le corps, en disent quelque prière„ prescrite, ils ont aussi lame nette de toute forte d'ordure & de péché”. En-fin il n’y a pas jusqu’a M. de S. Olon y Ambassadeur du Roi de France a la Courde Maroc, qui n’ait assuré la même choie en termes formels [a] : les Mahomé-tans , dit-il, se lavent souvent la tête , les pieds & les mains , A" tlssoutiennentque de cette maniéré , ils se net t oy m t de tous leurs péchés, (h) (Qui ne croiroitvéritable une déposition qui est attestée par une perfonne de cet ordre , quia été íùr les lieux, & qui apparemment n’a rien infère dans ses Journaux, qu’iln’ait été à portée de vérifier , qu’il n’ait vérifié en effet ? Cependant il n’ya rien de plus faux que cette accusation.)

(c) Qu’on ne s’imagine pas que les Mahométans ayent perdu l’esprit ; ils peu-vent être fort corrompus dans les moeurs, aussi bien que nous ; mais ils ne fontpas si bêtes que l’on pense. L’Abrégé de leur Doctrine , qu’on a vu ci-dessusn’attribue aucune vertu a leurs ablutions:au contraire, on y fait dépendre toutela purification de lame du bon plaisir de Dieu 8c de se grâce : & cela est sivrai que dans les prières mêmes, dont ils sont obligés d’accomjpagner quelquesunes de leurs ablutions, ils reconnoissent leur impureté juíqu’à ce que Dieu leurait pardonné. O Dieu , disent-ils alors, nettoye-moi & purifie mon ame. {d) Pourmontrer qu’ils distinguent soigneusement ces différentes purifications, voici furce sujet un paflàge d’un de leurs traités , que l’on ne sera pas fâché de voir.Ld purification des vêtemens , disent-ils, ejl comme celle de Vécorce extérieure ; la pu-rification du corps efi comme celle de técorce intérieure - mais la purification du cœur ,où de t ame efi comme celle de la suhfiance la plus intime (e) ; & c’efi cette purifica-tion du cœur des ordures du péché , qui efi la principale, (f) (Voilà l’opinion desMahométans , qui n’est pas si extravagante, quoiqu’elle soit assez propre à êtremal interprétée & tournée en ridicule: mais on sait bien qu’ils ne sont pas lesseuls , qui ayent éprouvé íùr ce sujet la malignité de la Satire. Les premiersChrétiens n’ont pas été plus épargnés sor le Batême, quoi que ce ne fut, seloneux & selon nous qu’une pure cérémonie , & une emblème de la justification& de la purification de nos âmes par la répentance & par la foi : & cependantde quels traits malins Julien l’Apostat ne les a-t-il pas brocardés sor ce sojet danstous ses ouvrages (g).j

§. XII.

(d) Voyez fa Description du Royaume de Maroc , Ch, 2.

(р) Cette belle parenthèse est une addition du Traducteur.

(с) Au lieu de tout cela voici mot à mot ce que dit l’original. Mais les Mahométans ne donnent nul-lement daris cette folle pensée. Ils attendent de Dieu seul & de sa grâce la purification de leur ame & l’ex-piation de leurs, péchés. De là ces prières qu’ils doivent réciter suivant la Sonna, après avoir fait l’ablu-tion génerale du corps. O Dieu &c.

(d) Il y a i.ci une autre petite fupreffion de M. D**. La voici: s’il étoit vrai que l’ablution du corpsfut suffisante, ils demanderoient fans,raison à Dieu qu’il lui plut de purifier leur ame, après s’étre lavé le«orps.

(e) Quasi ìntìmì Nuclei: la purification du cerneau même.

(f) ~ Tout ce qui est renfermé dans ces crochets contient une amplification inutile de ce qu’a dit M.Roland, & de plus elle est exprimée d’un mauvais stile. Par la note du Traducteur on jugeroit que Cy-rille, qu’il connoit de nom, n’a fait qu’un seul livre. Ajoutons y donc qu’il s’agit ici de l’Ouvrage de S.Cyrille contre l’Empereur Julien.

(g) Voyez ses Césars , à l’artide du grand Constantin » & Cyrille , Liv. VII. p. 245.

Tome V\

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