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[Volume III.]
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179
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RELIGION MAHOMETANE. 179

Prédicateurs , loríqu’ils ont a démontrer la sainteté du Christianisme & I a véri-table félicité du Paradis. Les Chansons même qu’on a fût en France, en grandnombre, & dont on devroit recueillir les plus honnêtes & les meilleuresquandce ne íèroit que pour déconcerter les adorateurs à'Anacréon , dont les Odes n enaprochenc pas , ont aussi tourne en ridicule le Paradis de notre Mahomet {a) 3 Lc

d’une maniéré, qui m'a paru assez ingénieuse.)

La vérité est que Mahomet, mérite toutes, ces railleries , (h) (& quand il n’yauroit dans son Alcoran que ces ordures perpétuelles sor les plaisirs des sons,qu’il ose placer dans le Paradis , comme sor te trône qui leur convient , ellessoíEroient pour nous le rendre mépriíâble. On voit qu’il s est prévalu du cli-mat & des chaleurs de PArabie , ponr s’insinuer dans les bonnes grâces de sosCompatriotes , (c) qui ne connoissant guéres que ces fortes de voluptés , ontdonné la dedans avec beaucoup d’appétit. C’est dans le même elprit qu’il apermis à sos Sectateurs & la Polygamie & le divorce, & la jouissance même desesolaves que l'on possède ; comme si ce n etoit pas assez d une femme , poursubvenir à nos besoins ; (d) (heureux même qui s’en peut passer j) Car où est lefige., qui ne doive rougir , avec les premiers (e) Chrétiens de ces plaisirs per-mis, lors même qu’ils sont pris très-moderement, puiíque d’un côté , ils noussont communs avec les plus vils animaux, & que de l’autre, ils ne font rien á1a perfection de notre Etre , & nous détournent souvent de ce qui pourroit leperfectionner ? Non que je veuille , en aucune maniéré blâmer le mariage; àDieu ne plaise : je crois même qu'il est néceslàire â la plus grande partie du gen-re humain & honorable entre tous ; mais je voudrois que tous les hommes res-semblassent â cet ancien Philosophe (f) , qui trouvoit en cela même une desgrandes imperfections de notre nature, une véritable servitude, un piège perpé-tuel a la vraye sogefse ; juíques lâ qu’étant interrogé s’il usoit encore du maria-ge, il. répondit finement qu’il y avoit déja bien des années qu il s'étoit évadé dechez ce maître furieux & tyrannique , dont il étoit ravi de ne plus porter les fers .

Ma-

ta) Je n’alléguerai que celle-ci pour exemple:

Mahomet défendit , en sage politiqueLa liqueur bachique yA Je s fiers Ottomans:

1 Oue fi leur permettant

D'avoir trente Sylvies ,

Le vin leur eut été permis;

A votre avis yMes chers Amis ,

Qu eut-il promisPour t autre vie ?

(b) Il n’y a rien de tout cela dans l’original. On y trouve seulement quelques réflexions contre le mauvaiseffet des plaisirs des sens. On ne recommence d’apercevoir M. Reland qu’à cet endroit; mais aujfi les Chré-tiens &c.

(c) C’est ce que les Historiens les plus sincères & les plus indifférens ont remarqué: Incredibìle efi t ditUn d’eux, quo ardore apud eos in venerem uterque fiolvìtur fiexus . Amm. Marcellin, Liv. XIV. Ch. q.»

(d) Voilà une exclamation bien placée ! elle convient cependant à un Ecclésiastique marié.

(<?) Voyez VOÏÏdvius de Min. Félix, Ch. 31. Casto fiermone , corpore caftiore , plerique inviolati corporisvìrginìtate perpétua fruuntur potìus quam gloriantur ; tantum denique abest incefii cupido , ut nonnullis rubori fitetìam pudica conjunélio •

(f) Sophocle: il étoit Poète & grand Poète, mais je l’appelle Philosophe ; parce qu’il étoit auflì sage quebel esprit. (M. Reland parle de Socrate & non de Sophocle. M. D** a bien fait de corriger M. R.. Le pas-sage de Cicéron où cette particularité se trouve, parle de Sophocle ; mais en même tems il devoir tradui-re le Poète Sophocle , parce qu’il est connu depuis plus de deux mille ans fous le nom de Poète. De memequi diroit M. D** i e Poète , M. D** le Peintre, au lieu de M. O** le Ministre se féroit sifler.)

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