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Mahomet & ses Sectateurs méritent donc une très-vive censure , d avoir placé lesouverain bonheur en grande partie, dans la satisfaction de ces désirs honteux;& cela seul doit rendre suípecte & même détestable cette Religion á tout hom-me íàge.)
Mais auísi les Chrétiens n’ont-ils pas poussé trop loin cette accusation ? Ils ontprétendu que Mahomet ne reconnoissoit dans le Paradis d’autre félicité , qu’unefélicité seníuelle & brutale. Cela est faux dit M. Reland. Il prétend que l’im-posteur a distingué avec soin la dignité de lame de celle du corps : qu a la vé-rité pour attirer ses Arabes a l’adoration d’un seul Dieu & à ses autres maximes,il les a pris par leur foible - c est à-dire par l’amour de la volupté ; bien enten-du néanmoins que lame, comme la principale partie de nous-mêmes , auroitaustî la solicité bien plus grande que celle du corps. Le Cardinal de Cusa (a)quoique grand ennemi des Mahométans , leur a rendu cette justice: il dit que(h) le surcroît de la félicité sera , selon eux & selon Mahomet lui-même , la con-templation de la face de Dieu : que ce sera là la plus grande de toutes les voluptés ,qdelle leur f fr a oublier, toutes les autres du Paradis , & entre autres celles quimus font communes avec les bêtes. On peut lire les paroles Arabes dans les No-tes miscellanéês de Pocock (c ), qui allègue encore ces paroles de Mahomet: „ c’est,, le plus: bas degré où.les habitans du Paradis puissent être, que celui de posse-„ der des femmes, des biens, des jardins, des eselaves , des voitures délicieu-,, ses, pendant un voyage de mille ans qu’ils y doivent faire : & au contraire„ le plus haut degré de gloire qu’íl y ait dans le ciel , c’est d’être auprès de„ Dieu & de contempler fa face soir Ôe matin”. Il est donc faux que les Ma-hométans fassent consister les plus grandes délices du Paradis dans la possession ôCdans la jouissance des choses corporelles.
Il est faux encore que tous les Mahométans admettent dans le ciel les plaisirsde la terré dont nous avons parlé : plusieurs d’entre eux entendent tout cela pa-raboliquement òc spirituellement, à peu près, comme nous concevons les joyesa venir, sous l emblème d’ùne fête, d’un repas, d’un festin, d’un vin nouveau,d’une cité, qui a ses fondemens, /ès murailles & ses portes d’or p , de diamans& de pierreries. „ Toutes ces voluptés sensuelles du Paradis de Mahomet , dit„ un habile homme (d) sont censees purement allégoriques , par les plus rai-„ sonnables d’entre les Mahométans , &c uniquement dirigées a la foible portée,, de l’eíprit humain ; comme tous ces endroits de nos SS. Ecritures, où il faut,, nécessairement avoir recours á la même règle: & cela est si vrai, ajoute-t-il,„ qu’ayant écrit à l’Ambassàdeur de Maroc, au sujet d’un jardin fort agréable,„ que je comparais à celui du Paradis , j’en eus pour réponse une eípéce de„ censure , dans laquelle il me représentoit que le Paradis étoit un lieu d’une„ telle sorte , qu’il n’y avoit rien dans le' monde qui pût lui être comparé, &„ tel enfin que l’oeil ne la point vû , que l’oreille n’a rien ouï de pareil, ôc„ que son image ne s’est jamais présentée a l’eíprit de l’homme.
Ajoutés a cela le témoignage de M. à’Herbelot , dans fa Bibliothèque Orientale ,où après avoir dit que les Mahométans placent la vraye félicité dans la commu-nion
(a) Dans son Alcoran criblé, p. 87.
(b) Ces paroles font de l’ Alcoran même, & il semble que M. D** les raporte comme étant du Cardinalde Cftfi.
(c) Ad portam Mosis.
(d) JJ]de t dans ses notes fur la Liturgie des Turcs, p. aï.