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[Volume III.]
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181
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RELIGION MAHOMETANE. 181

niòn de Dieu ; 6c la joye céleste dans la jouïílance de la clarté de íâ face la feulechoie, disent-ils, qui constitue le Paradis, par tout où elle se trouve, il ajou-te ces paroles remarquables : il n’est donc pas vrai que les Mahométans ne reconnois-sent d’autre bonheur dans t autre vie , que l’usage des voluptés corporelles , comme les enont accusé la plupart de ceux qui ont attaqué leur Religion.

L’ame raisonnable , dit encore un Auteur Arabe, dans le Recueil de leurs sen-tences , qui nous a été donné par Ecbellenjis (a ), l’ame raisonnable qui a été imbuede ces ferseBions , savoir la sagesse , la tempérance , la force , & la juflice , n'aurapas plutôt quitté le corps qui la retenoit , quelle sentira en elle-même me volupté infi-nie & une joye immense , & qu’elle deviendra comme un de ces Anges , qui aprochentle plus de la Divinité. Desorte , que selon le plus ou le moins de ces perfeBions quel-le aura poffedé , elle se trouvera plus ou moins proche de Dieu même , qui est la véri-té & la perfeBion originale. Mais st au contraire lame s’est trouvée entachée des vì-ces opposés à ces vertus , elle fera vivement tourmentée dans les Enfers , à propor-tion de ses déreglemens .

(b) On voit par toutes ces autorités, que fi Mahomet s’est quelquefois expri-mé aíïez grossièrement, aussi bien qu ’Homere > il a trouvé des Commentateursspirituels, qui ont beaucoup adouci les choies ; car les uns ont déprimé la vo-lupté sensuelle juíqu’au degré le plus bas du Paradis, & les autres í’en ont touta fait proscrite. La même choie est arrivée a Platon $ car après avoir parlé bienpeu Philosophiquement, ce me semble , dans íâ République 6c íùr la commu-nauté des femmes, pour éviter la jalousie, ôe sor les récompenses, qu on devoiraccorder aux grands hommes d’Etat & de guerre , par raport à leurs services,savoir la possession &: les embrassemens des jeunes personnes les mieux faites deleur Patrie (c) en conformité, ou en non conformité ; il a trouvé néanmoinsdes Sectateurs assez officieux, pour lui prêter en tout cela de ['allégorie (d). Ce-pendant s il m est permis de dire ici ce que j en r pense , íâns offenser les manèsde mon Auteur ( e ) , il me semble qu’il vaudroit mieux renoncer â toutes, cesallégories licentieuses , qui ne font qu émouvoir les passions des jeunes gens ,íàns leur donner la véritable clé de lenigme. Je veux dire que,1e mauvais effetde pareilles allégories est très-certain , ôc le bon effet très-dissiçiìe fi trouver, ÔCpar conséquent très-douteux. Car pour moi j’avoue que j'entends aussi "peu ' lefin de ces allégories de 1 ’Alcoran , que celui des allégories Homériques ou Pla-toniciennes. Et pourquoi les aller placer ces allégories dans les plaisirs les plushonteux ôc dont nous devrions rougir dès ce monde même ? On allègue lá-desifus quelques passages du N. T. ôc en particulier de l’Apocalypse , où la félicitédes bienheureux fe trouve dépeinte très figurément, je l’avoue : mais y a-t-ilune seule idée, une feule image, un seul mot, qui puisse offenser les oreilles,je ne dirai pas dune personne chaste, mais d’un Ange même? S. Paul ne dit-ilpas, en termes exprès, que Dieu détruira tout ce qui est sensuel (J) ? fit J. C.

(a) Synopsis propos, siapient. Philosoph. Arabum , p. 75.

(.b) M. Roland ne se reconnoîtroit pas ici, ni jusqu’à la fin du Chapitre : mais il étoit bien juste qu’ilcédât la place à son Traducteur.

(c) C’est du jargon que cela : & comme il n’est pas nécessaire de fe faire entendre ici, il valoit mieuxfe taire tout court.

(d) Voyez Aulu-gellé , Liv. XVIII. 2. Si le Traducteur avoir daigné lire la note de Gronovius fur cepassage d ' Aulu-gelle\ il y auroit trouve celui de Platon , qu ' Astlu-gelle a eu en vue. II y auroit trouvéun sens tout différent de celui qu’on lui donne ici.

(e) M. Roland. ,

(/) Lorfqu'il dit que Dieu détruira U ventre & Us viandes. I, Corinth. Ch. VI. & xy?

Tome V. Z z