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[Volume III.]
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ECLAIRCISSEMENS SUR LA

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§. XXIII.

Si la Vierge Marie , selon les Mahométans efi devenue enceinte , four avoir

mangé des dattes ï

C ’Est l’accuíàtion ridicule que leur fait un certain Barthelemi iEdeffè (a) » enadreíïànt la parole a Mahomet lui-meme : Toit Alcoran ne dit-il pas en quel-que endroit que Marie , la Mere de notre Seigneur , ayant mangé du fruit d’un pal-mier , se trouva aussitôt enceinte ì

(h) (Non Y Alcoran ne dit point cela ; voici ce qu’il dit.au Ch. XIX. „ Sou*„ viens-toi de ce qui est écrit de Marie .... Nous lui avons envoyé notre„ Esprit (ou notre Ange) en forme d’homme ; elle a eu peur Sc'adit- Dieu,,. me préservera de vous > si vous avés íà .crainte devant les yeux : mai$: l’Ange,, lui dit, O Marie „ je Mis le meElger. è 'ton- Dieu. tzCd? ton Seigneur *. quiM te donnera un fils actif Sc,prudent; fur quqnellç a, réponds ,■ comment am-rai-je un filsfana ; la : conní>íflànce d’aUcun hommes «), u i . Il l’a dit-repli*„ qua l’Aiigc , la chqíç foí comme, -je te l’ai annoncée'- elle est facile a ton„ Seigneur-, & ton fils même fera une marque de la toute puissance de Dieu,, & de íà grâce spéciale envers ceux qui croiront en íà divine Majesté. Eníui-„ te, elle devint groífe & fs-retira quelque tems en un lieu éloigné du peuple,„ où elle sentit les douleurs de l'accouchement auprès d’un Palmier .... Mais„ l’Ange lui dit ne t’afflige pas , Dieu a mis un ruisseau au milieu de toi ;„ ébranle le pié de ce Palmier, les dattes tomberont , amaíse-les, mange & boi,, &c lave tes yeux &c On voit bien que l’imposteur a falsifié la véritablehistoire de Marie , Sc donné assez de priíe á la censure de ce côté-íà ; íàns luifâire dire encore des extravagances encore plus puériles que les siennes. Ainsi,au lieu de le critiquer fur un prétendu miracle qu’il ne dit pas , il faloit lui dé-couvrir íà malice ou ion ignorance , dans la maniéré dont il a travesti le narréde S. Luc. Il falloir rejetter ce Palmier Sc ces dattes , & le murmure de Ma-rie ; mais il ne falloir pas lui contester mal á propos l’aveu qu’il fait de la tou-te puissance de Dieu dans la conception miraculeuse de J. C. Car il est mani-feste, qua cet égard il a copié l’Evangile.) . . .r .

Il est vrai que dans le Chap. III. de Y Alcoran , il y est parlé de divers fruits,ou de diverses fortes de mets que Zacharie trou voit ordinairement dans l’Ora-toire de Marie , & quelle difoit recevoir de Dieu ; mais il n’y est parlé ni dedattes, ni de Palmier, & encore moins de conception à l’occasion de ces mets.C'est à la puissance de Dieu, & à l’opération de fon Eíprit qu’est attribuée cet-te conception & cette naissance miraculeuses dans tout le cours de Y Alcoran ;Sc c’est pourquoi J. C. y est si souvent apeílé le verbe de Dieu , comme uneproduction de íà parole & de son commandement. Il l'a dit & la chose aura sonejset voilà le refrein ordinaire de l’Ange à cette occasion. C’est la Doctrine

. cou-

(a) Bartholom. Edcssems , p. 442. des Farta Sacra de M. le Mojne.

{b) Tout cela est ajouté par M. D** & ce qui fuir l’addition enfermée par un crochet, est si changéqu’on n’y reconnoit plus M. Roland. -

)