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[Volume III.]
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RELIGION MAHOMETANE. 207

deniers comp tans* Autre contradiction dans nos moeurs avec Celles des Orien-taux» Si ie mariage nous a procuré de belles filles , le premier de nos soucisest de les bien placer ; ôc comment les placerons-nous un peu avantageusement *fi nous ne relevons ces agrémens fragiles, dont la nature les a partagées , pafune dot raisonnable, qui facilite les conditions, le commerce, i’amitié même ôc1 éducation des enfàns ì (a) Serviteur a la beauté, loríqu’il faut mourir de faim eníà compagnie, &c voir dépérir une femme ôc de beaux enfàns avec elle ! Maisen Turquie, c’est tout le contraire. C est être riche que d avoir de belles filles.On vous fait la cour pour les avoir ôc c est à vous , père de famille , qui enavez de jolies ôc de bien élevées, de faire bien votre marché, ôc à propos selonles personnes & les circonstances. Or fi cela est , il n’est pas mal aise de com-prendre que des femmes ôc des esclaves qu’on a achetées ôc bien payées , soientplus Jôumises à leurs maris ôc plus tranquiles entr’elles , qu une femme uni*que, avec qui on est lié par contract réciproque ôc indissoluble, qui a rhabilléle gueux, remonté l’indigent, engraissé le maigre, ou du moins élevé le com-mode, ôc qui par dessus tout cela , se sent de la qualité ôc de la noblesse jus.qu’aux ongles. Qu’une telle femme née dune tempérament aigre ou altier, dis-pute pendant quatre ans avec son mari , à qui tiendra le timon, ôc l’emportele plus souvent ; je ne m’en étonne pas : le mari n'a point de droit coërcitifcontre elle. Il craint le bruit, ses voisins , íà parenté, le public, la perte dela dot ; qué faire contre une somme, qui parle plus haut que vous ? J’ose vousassurer, pauvre mari, que vous n avez point de meilleur parti que la patience îcar enfin il n’y a guéres que l’infidelité, qui vous mette en droit de; la faire sor-tir de chez vous ; ôc vous lavez bien quelle est assez contrariante pour être ver-tueuse par malice, quand elle né le seroit pas par inclination. Ç’est la rai-son de mon voyageur.

Ajoutés pour 3 . raison , que les sommes de Turquie ne se mêlent du toutpoint du ménage, ni des meubles, ni des habits, ni de la dépense, ôc encoremoins du ménagement de la bourse. Elles ne passent pas les siécles , commeles nôtres, â se coëffer, à faire des visites , à embellir une maison, à arrangesdes porcelaines , à faire de beaux habits , à laver , à blanchir, ou à repasser.C’est l’affaire des esclaves. Pour les hommes , dit Bellonks , ils ont foin delœconomie & prennent sor eux toute ^administration du domestique. Cela neva pas fort loin , les Turcs ne se chargent point de meubles inutiles. S’il y aquelques bardes à laver, c’est l’affaire des serviteurs. Et pour ce qui est des som-mes , elles ne sont chargées d’autre soin que de celui delever les enfàns ôc de vi-vre en paix les unes avec les autres.

Enfin cet Auteur nous fait remarquer , pour rendre plus croyable ce qu’ilavance, touchant l’union de ces épouses diverses , quelles passent la vie renfer-mées, d une maniéré tranquile ôc sédentaire , hors du bruit ôc du tumulte desVoisins ôc de la mauvaise langue des voisines, ôc du quartier ; fans parler à d’au-tres hommes qu’à leurs maris, ôc loin de tous ces corrupteurs Ôc de toutes cescorruptrices de la société , qui pourroient ébranler leurs sentimens , on dumoins semer entr’elles la sizanie de la discorde. D’où il paroit, pour conclurrece long article, combien est fausse la remarque de ceux qui disent que les Ma-hométans n’aiment pas qu’on les nomme Agareniens , comme si ou vouloir leur

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(a) Ce stile demi-burlesque féroit de M. H** un homme unique en son espèce, s'il n*y avoit à lui op-poser dans le monde l’ingenieux Auteur du Perroquet du Babillard.

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