RELIGION MAHOMETANE 219
dans ton Commentaire fur Jéremie (a) ; & voici ses paroles : la plus grande partisde ces Peuples , qui environnent la PalejUne , observent la circoncision : mais princi-palement les Egyptiens , les Iduméens , les Ammonites , les Moabiîes , & tout ce paysdes Sarasms , qui habitent dans les solitudes , (b) (c'est-à-dire dans les Deserts del’Arabie, Pays sec & scabreux, & qui a bien la mine de nous avoir .donné lesdélices, les fleuves 8c les campagnes riantes du Paradis de Mahomet , comme undédommagement â íês compatriotes de laprêté & de la sécheresse de leur com-mune Patrie.)
Si nous avions encore le MS. du savant Levinus Warnerus , sor les mœurs desArabes avant le Mahometisne , nous y verrions bien des choies, que nous croyonsassez nouvelles parmi les Mahométans, Le que nous attribuons tans façon á leurProphète , quoi que peut-être il nous seroit aflez difficile d’en aflìgner au justel’antiquité : mais comme cet excellent Ouvrage a été volé de la Bibliothèquepublique de Leyde ; car il est certain qu’il y a été autrefois, puisque c’étoit, jepente, un prétérit de l’Auteur même, il faudra nous contenter pour le présentde ce que le Docte Spanheim (c) en a transcrit dans ton Introduction à l'HiJìoiredu N. T. pour ce qui regarde le vi 1 . siécle.
Il nous dit donc, qu'ayam coníulté ce MS. de Warnerus , íur les antiquités desanciens Arabes avant Mahomet , il y a trouvé,
I. Que les plus seges d’entre eux & nommément les Koréischites, (qui te di-íbient le Peuple de Dieu , dissérens des autres Peuples , & toujours auprès duTemple de la Mecque) nadoroient qu’un íèul Dieu, détestoient les Idoles 8c nemangeoient point de leurs lâcrifices : d'oà étoit venue cette maniéré de parlerparmi eux ; N’aurai-je qu m Dieu , ou adorerai-je mille Divinités ì Ce qui a beau-coup de raport au I. principe de Mahomet.
II. Qu’ils avoient constamment observé l’usege de la circoncision depuis Is-maël ; ce qui détruit la remarque de Théophane.
II. Que plusieurs d entre eux faiíòient profession de croire la réíùrrection desmorts 8c le jugement á venir ; en témoignage de quoi, ils attachoient un cha-meau au fépulcre de celui qu’ils venoient d’enterrer , sens lui donner à mangeróu à boire quoi que ce soit , pour donner á entendre qu’il résoseiteroit un jourbien monté , 8c qu’il se promeneroit à la maniéré des Arabes , c’est-à-dire furdes chameaux.
IV. Que sor toutes choses, ils avoient en grande recommandation la (d) (bé-neficence 8c) l’aumône : cela revient à la pratique Mahométane.
V. Qu’ils faisoient de fréquentes prières, 8c que pendant leurs dévotions ilstournoient le visege vers le Caba. Autant en a institué Mahomet.
VI. Qu’ils étoient fort exacts á faire leurs Pèlerinages à la Mecque : commeils le sont encore aujourd’hui.
VII. Qu’ils croyoient que les Démons avoient été changés en (e) serpents, 8c
que
(a) Ch. X.
(b) Platte conjecture du Traducteur , qui parleroit tout autrement fur le Paradis de Mahomet', s’ilavoit lû seulement quelques citations prises d’Auteurs Mahométans, telles qu'on les trouve dans à’Her-be lot.
(c) Frédéric Spanheim mort à Leyde au commencement de ce siécle, étoit Professeur en Theol. & enHist. Ecclefiast. & outre cela Bibliothéquaire de l'Académie.
(.d) Ce terme n’est point dans l’original, & puisqu’on vouloit ajouter, il salloit prendre le terme decharité plutôt que celui de béneficence. /
(e) La tradition avoit sans doute conservé plus distinctement chez eux que chez les peuples plu* 61m-gnés des traces des moyens emploîés par le Démon pour tenter nos premiers parens.
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