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[Volume III.]
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RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 223

qui en usent, que le vin & les autres liqueurs fortes. La politique dicte auxMusulmans , que toutes ces choies excitent souvent des querelles & des violencesqui entraînent à des fuites plus fâcheuses. La Religion leur montre beaucoupde négligence & de dissipation dans ceux du Clergé qui s’y adonnent ; dans lesLaïques beaucoup d’irregularités opoíées aux devoirs du vrai Musulman &c. dansles uns & dans les autres beaucoup d indécence , des irrégularités ordinaires al’yvresse, des actions honteuses opofées à l’honneut de la Religion &c au respectqui lui est dû. C est a cause de cela sens doute que les Juifs, à qui les Maho-métans doivent un grand nombre de préceptes de Religion , de même qu’auxArabes leurs prédécesseurs, aux Mages Sc aux Chrétiens, défendoient à leurs Prêtresde boire du vin lors qu’ils dévoient entrer dans le tabernacle. Je ne dis rien desRechabites & des Nazariens qui observoient la même abstinence, ni enfin desJuifs rigides ,. qui les imitoient en cela , de même que certains Chrétiens despremiers siécles, qui traitoient de péché l’usege du vin.

A la défense de boire du~vin & de faire usage de liqueurs fortes &c. il faut ajoutercelle des jeux de hazard qui dans les Ch. z. &c 5. de 1 ’Alcoran est jointe a celle du vin.Ces jeux de haserd s’y trouvent compris fous le nom général à’Al Maisar, qui, nousdit-on, signifie proprement la maniéré de deviner par les flèches, usitée chez les Arabesdans le tems du Paganisme. D’Herbelot {a) nous décrit cette divination de la maniérésuivante. „ Les Arabes Idolâtres usoient d une eípéce de sort qu’ils appelloient

„ le sort dessèches. Ces flèches étoient sens fer Sc sens plumes. e lles

„ étoient au nombre de trois enfermées dans un sec, qui étoit entre les mains

de celui . . . . . qui rendoit les réponses pour Hohal . . . Idole du Tem-3> pie de la Mecque avant la venue de Mahomet. Sur lune de ces flèches il„ étoit écrit, commandés moi Seigneur , sor la seconde defendés ou empêchés Sei-„ gneur. La troisième n’avoit rien d’écrit. Quand quelqu’un vouloir se déter-3, miner à quelque action , il alloit trouver le devin auquel il portoit un pre-„ sent. Ce devin tiroit une des flèches de son sec , si la flèche du comman-„ dement sortoit, l’Arabe entreprenoit aussitôt son affaire, si celle de la défense3, paroiffoit , il différait d’exécuter son entreprise pendant une année entiere.33 Lors que la flèche blanche sortoit , il fàlloit tirer de nouveau ”. L’Auteurque je cite à (b) la marge décrit aussi cette divination, après avoir parlé d’uneautre qui se pratiquoit d’une (c) maniéré toute différente : mais qu’est ce quecela fait ici? La coutume est abolie, & il ne s’agit que du Mahometisme. Di-sons seulement que cette eípéce de sortilège a du raport à la Rabdomancie qui estla maniéré de deviner par les baguettes; qu’il est fait mention de la divination

par

où il tenoit du Benge , dont il usoit lui-même souvent , tomba de son sein au milieu de íòn Auditoire ;mais que fans perdre contenance & fans s’étonner il s’écria, le voilà cet ennemi ; ce Démon duquel je vousparle &c. H se tira d’affaire par ce tour d’adresse ; mais un Poète qui étoit dans l’Auditoire lui envoyale lendemain une Epigramme en vers Arabes, par laquelle, après savoir averti qu’il falloir prêcher d’exem-ple, il lui disoit ; avant que d’examiner le compte des autres , travaillés k atquìter vos propres dettes. JeNe fais point d’application de cette avanture aux Docteurs des autres Religions , parce que le lecteur eníéra lui même.

(a) A l’artide Acdah.

(b) Sale Discours ubi sup. p. 126. ou plutôt Pocock^ p. 324. du fpecimen Hist.Arab. d’où M. Sale a ti-ré sa description.

C c) P. 124. On égorgeoit un chameau, on le divisoit en un certain nombre de portions, ensuite on pré-dit onze flèches fans" pointe & fans plumes, entre lesquelles il y en avoit sept de marquées de différentesmarques. On mêloit ces flèches dans un sac & ceux qui tiraient une des flèches marquées avoient une portiontelle que la flèche indiquoit : mais ceux qui tiraient une des flèches non marquées, outre qu’ils n’avoientaucune portion, étoient encore obligés de payer le prix entier du chameau. On employoit cette maniéréde sort pour faire des partages.

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