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[Volume III.]
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RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 225

compris sous le nom de superstition, pour ôter des sources continuelles de que-relles, de disputes & de mauvaise foi ; esters ordinaires de ces divertiíseniens,& peut-être plus fréquens & plus dangereux au milieu de la Zone torride, qu’ilsne le sont ordinairement ailleurs. La Loi civile a secondé les vues de Mahometòc l’autorité de 1 ’Alcoran. îl y a une eípéce d’oprobre attaché aux jeux de ha-sard ; jusques la que le témoignage de ceux qui s’y amusent n est (a) d aucu-ne validité en justice.

La plupart des Docteurs Mahométans aprouvent le jeu des Echecs , à causeque c est un jeu purement d’adresse : & cependant on y met plusieurs restric-tions que voici. On ne doit point s’y appliquer avec excès, ni dans la vue d'ygagner de l’argent ; on ne doit point faire de gagures d’argent pour ou contreles joueurs ; on ne doit point jouer au préjudice des devoirs quexige la Reli-gion, ni a des heures destinées à la dévotion. Les Turcs , nous dit-on, sontplus scrupuleux fur tous ces points que ni les Persans , ni les Mogols. Maisvoici quelque chose de plus remarquable touchant les échecs ; c’est qu’ií semble queMahomet les ait austì défendu sous le nom (h) d’ìm âges, a cause que chez les Arabes,çomme chez nous les principales pièces des échecs étoit sculptées &c représentoientdes hommes, des élephans, des chevaux , des chameaux &cc. Cependant il ya aparence que Mahomet ne blâmoit que la sculpture des pions ; èc preuve decela c’est que les Turcs puent avec des pions d’y voire tout unis. Quoiqu’il ensoit les Mahometavis se privent généralement plus volontiers du jeu qué du vin,sor tout en Perse , où l’yvrognerie ne cede en rien a celle qu’on reproche auxRusses & aux Allemans, Cependant on nous assure d’autre côté, que le jeu estalsez commun chez le petit Peuple en Turquie. ri

- Ceci me conduit naturellement a la description des exercices & des divertisse-mens ordinaires aux Mahométans $ mais pour ne point sortir de mes bornes, je nem’arrêterai qu’a ceux auxquels la Religion s’intéresse en quelque maniéré parl’usage bon ou mauvais qu’on en fait en certaines circonstances * ou par celuiquelle veut bien admettre dans quelques dévotions d’éclat. D’abord je com-mence par leurs Marionettes , & je remarquerai , fur la foi dc Thevenot (c) ,que maigre la défense faite aux Musulmans , d avoir des images, il est astèz or-dinaire , & principalement chez les Turcs , de regalér ses hôtes a petit bruitaprès le repas du divertissement de ces Marionettes. Mais ce divertissement n'est pu-blic que dans le tems du Ramadhan , pendant lequel, hors dans les heures desti-nées au jeune , il est permis de se divertir avec autant de complaisance pour lessens , que chez les Chrétiens en Carnaval , &c qu’il l’étoit autrefois chez lesPayens dans les Saturnales. Il est même a remarquer que ces derniers donnoientdeux (d) jours de leurs Saturnales aux jeux des Marionettes ; & voilà dequoiformer un petit parallèle du Ramadhan de Mahomet aux Saturnales du Paganisme:ce qui paraîtra certainement plus orthodoxe que le parallèle du Carnaval à ces mê-mes Saturnales. „ Ce sont ordinairement des Juifs , nous dit Thevenot , qui

„ font jouer les Marionettes.Ils se mettent au coin d’une chambre,

,, ten-

(a) Cela n’est pas toujours vrai - mais les Docteurs rigides prétendent que le témoignage des joueursest recusable.

(b Alcoran ubi sup. Ch. 5. dans le même passage où il condamne le vin , le sort, ou les jeux de ha-sard & les flèches.

(c) Voyage &c. Tom. prem. L. I. Ch. 25.

{d) Sigillaria , Festum Sigillorttm surquoi yoy. Snstone & Maçrofo L. I. c. Ii. Satmnd. vers la fin»

Tome V. Lll