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[Volume III.]
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RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 255

état de connoître & de comprendre ce qu’on doit demander a Dieu. C est ainsiqu’il défend (a) de prier Dieu daus l’yvresse & dans certaines circonstances oìiles sens remportent sor les devoirs de Religion ; plus raisonnables en cela quecertains Casoistes qui ont épluché gravement si le sidelle marié doit chanter despseaumes Sc prier Dieu avant que d ’aller à l’assaut } ou même dans le tems qu’ille livre. Remarquons aussi que Mahomet fait toujours aller de pair (h) sau-moné avec la prière : mais des motifs si spirituels sont gâtés par des ordres fré-quemment réitérés de se purifier le corps avec soin : Sc c est en quoi réside prin-cipalement le Phariíàïfine des Mahométans.

L’ordre des Prières Mahométanes me rapelle ici celui des Heures Canoniales desC. R. auxquelles un Voyageur Protestant (c) a jugé â propos de comparer unpeu odieusement l’origine de la Priere de minuit chez les Persans. Je renvoyéle lecte'ur â ce qui a été dit (d) ailleurs des Heures Canoniales.

Encore une remarque touchant la priere. Outre le Chapelet en usage chezles Mahométans 3 & reçu deux par les Chrétiens (e) auteurs des premieresCroi-sades, selon l’opinion d’un Voyageur plus habile pour le moderne, qu éclairédans 1*Antiquité ; outre cela, dis-je, les Períâns employeur divers instrumensde dévotion qu’il est tout au moins nécessaire d'indiquer. Après la purificationle dévot se met la Habha sor les épaules.* Cette Habba est une robe qui me paroitavoir beaucoup de raport en cette occasion au (f) Taled , Sc â ì’Arban cans ot desJuifs. Après s’être revêtu de la Habba , le tapis far lequel on doit prier, doitêtre fait en toit de Mosquée, Sc sor ce tapis il doit y avoir ì’Alcoran , un peignepour se (g) peigner Sc pour s’arranger la barbe, un miroir, dont on conçoit as-sez l'ufàge , le Chapelet que je viens d’indiquer , des Reliques qui consistentprincipalement en morceaux de tapis Sç autres semblables choses, qui ont servi âdes Processions, ou couvert des tombeaux de Saints ; Sc enfin ce que Chardinappelle un Palet , qui est fait communément de terre íâinte de la Mecque. CePalet est de la figure Sc de la grandeur d’une assiette, mais il y en a aussi de quar-rés, d’hexagones Scc. Le dessus en est moulé Sc contient les noms de Dieu Sçde quelques Saints, ou la formule de foi, ou des passages de Ì’Alcoran. Char -din , qui me fournit ces particularités , ajoute „ que l’ufàge de ces Palets est„ pour poser le front dessus , dans ces adorations que l'on fait la tête proster-„ née contre terre Scc.

Avant que d’en venir â cette deseription plus amusante quutile des Fêtes du Maho-ntetisme , il est bon de redire comme en passant, que le vendredi est pour les Ma-hométans ce que le Samedi est aux Juifs, Sc le Dimanche aux Chrétiens. Selonles uns le choix de ce jour est dû â la fameuse entrée de Mahomet dans Medi-fie , mais selon les autres le vendredi a été choisi préférablement â tout autre

jour,

( a ) Alcoran Ch. 4.

ib) Je ne citerai que cet endroit du Ch. 4. Soies constant dans la priere & faites Vaumône. On peut di-re'que la charité est portée à l’excès dans cette Religion, puis qu’elle s’étend même fur les plantes Sc furles morts. Voy. Tournefort ubi fup. Lettre XIV. & Ricaut Livre I. de YEtat &c.

(c) Chardin ubi fup. p. nz.

(d) Tom. pr. du tome de cet ouvrage qui traite des Juifs & des C. R. p. 6;. de la 2. partie.

0 ) Chardin ubi fup. p. xiB. Voy. touchant l’origine du Chapelet tom. pr. p. 76. & fuiv. de la r.partie 4 u tome de cet ouvrage qui traite des Juifs dr des Cath. R.

if) Voy. le volume pr. des Cérem. Relig. qui traite des Juifs.

ig) Voy. dans Tournefort ubi fup. le respect que les Mahométans , Sc en particulier les Turcs, ont pourla barbe; Sc dans le Voyage de í’Arabie heureuse celui des Arabes.

S S S Z