LELIGIEUX DES MAHOMETANS. 257
L de Moharram qui le suivoic ; ou plutôt ces mois étoient privilégiés pourh tems Sc k liberté aux fidelles de faire leur Pèlerinage a la Mecque Sc
d enir. Resjeb étoit encore plus respectable que les autres mois, a cau'íè,
d que ce mois étoit destiné au jeûne chez les Arabes Payens. Au con-
tiauc Lwamadan substitué à Resjeb par Mahomet netoit consacré par ces Arabesqu a Tyvrognerie.
Mahomet paroit avoir formellement aprouvé l’institution des mois sacrés dansson ( b ) Alcoran , après avoir néanmoins deíaprouvé la supercherie de quelquesArabes, qui, pour íè délasser de la trop grande tranquilité dans laquelle ils é-toient obligés de vivre pendant trois mois consécutifs, fans piller, fans fàiré descoursés, traníportoient hardiment de leur chef la sainteté de Moharram au moisde Saphar. Il ordonna donc que ces mois resteroient sacrés : il défendit de fai-re la guerre pendant ces quatre mois â ceux qui les reconnoîtroient aussi poursacrés, mais il permit, de renoncer à la distinction loríqu’il s’agiroit de com-battre des infidelles.
Je commencerai la description des fêtes a la Lune du mois de Sienval , quiest le dixième mois de Tannée Mahométane ; a causé que le (b) Baìram , qui f Qtrouve dans cette Lune, a quelque raport avec le nouvel an des Chrétiens, Scque c’est un tems de souhaits & de félicitations chez les Musulmans , comme cheznous le nouvel an. Il est pourtant vrai aussi que le Baìram fuit le jeûne de Rha-madan comme Pâque soit le Carême , Sc que les Mahométans le commencentpar une réconciliation solemnelle Sc génerale ; en quoi ce Baìram a -une autre con 5formité avec notre Pâque en laquelle íé fàit la plus solemnelle communion du Christia-nisme ; mais que ma raison soit fondée ou non, il importe fort peu après toutque la description commence â cette fête ou â une autre. On annonce le Bai-ram aussitôt qu on a découvert cette Lune de Siewal : Sc si malheureuíèmentles nuages empêchoient de voir la Lune, on (c) retarderoit la fête d’un jour seu-lement, après quoi on sopposeroit pourtant qu’il doit y avoir nouvelle Lune, ôcTon commenceroit la fête. Les descriptions les plus circonstantiées que nousayons de ce Baìram se trouvent dans Ricaut Sc dans Tournefort : ce dernier a com-biné ., pour ainsi dire , les particularités qu’il a lues dans Ricaut , Tbevenot Scautres pour en former íà description. C’est tout ce qu’on peut faire fur dessojiets qui ne fournissent plus rien de nouveau. Les divertissement du Baìramsont représentés en partie dans la taille-douce qu’on voit ici. On tend des es-carpolettes dans les rues Sc Ton y voltige en l’air assis sor un siège de bois pô-le au milieu de Tescarpolette que des hommes conduisent avec plus ou moins de vio-lence , selon la volonté de celui qui y est assis. Cette escarpolette est ornée de plusieursfestons. Un autre divertissement des Mahométans c’est cette roue de fortune, prise sisouvent pour l’image de lá vie humaine, où ceux qui sont assis se trouvent tour âtour haut Sc bas. Enfin la volubilité de la roue est depuis tant de siécles en prose Sc
en
(4) Ch. 9. II y a douze mois ordonnés de Dieu , & entre ces mois il y en a quatre qui sont saints.Ch. 5. il défend de violer les mois sacrés , & dans le même Ch. il dit que Dieu l’a ordonné ainsi : mais onsupofe qu’il s’agit ici du mois du Pèlerinage, que Mahomet recommande d’observer & de respecter, par-ée que c’est un mois très saint.
(b) Il y a deux Baìram , l’un est le grand , l’autre le petit. Celui dont on parle ici est le grand ; lepetit est soixante & dix jours après le grand, & le dixième du mois de Dulbaggia. On lui donne en Ara-be un nom qui signifie mot à mot la Fête des sacrifices, à cause des victimes offertes dans le tems du Pè-lerinage de la Mecque.
(c) C’est Ricaut qui le dit ainsi ubi sup. L. II. Ch. 14. Sc Tournefort le repete après Ricaut.
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