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[Volume III.]
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RELIGIEUX DES MAHOMETANS. 2)7

& celui de Moharram qui le suivoit ; ou plutôt ces mois étoient privilégiés pourlaisser le tems & la liberté aux fìdelles de faire leur Pelermage a ia Mecque &d’en revenir. Resjeb étoit encore plus respectable que les autres mois, a caiííè,dit -011 que ce mois étoit destiné au jeûne chez les Arabes Payens. Au con-traire Rhamadan substitué à Resjeb par Mahomet n’etoit consacre par ces Arabesqu a l’yvrognerie. . . ~ , ,

Mahomet paroit avoir formellement aprouve 1 institution des mois sacres dansson (h) Alcoran , après avoir néanmoins desaprouvé la supercherie de quelquesArabes , qui, pour se délasser de la trop grande tranquilité dans laquelle ils é-toient obligés de vivre pendant trois mois consécutifs, fans piller, fans faire descourses, tranfportoient hardiment de leur chef la sainteté de Moharram au moisde Saphar. il ordonna donc que ces mois resteroient sacrés il défendit de fai-re la guerre pendant ces quatre mois a ceux qui les reconnoîtroient aussi poursacrés, mais il permit, de renoncer à la distinction lorfqu’il s’agiroit de com-battre des insidelles. v , , • j c- ;

Te commencerai la description des fetes a la Lune du mois de Sienjjal , quiest le dixième mois de Vannée Mahométane ; a cause que le {b) Bairam ■ , qui fetrouve dans cette Lune, a quelque raport avec le nouvel an des Chrétiens, &cque c est un tems de souhaits 6c de félicitations chez les Mujuîmans , comme cheznous le nouvel an. Il est pourtant vrai aussi que le Bairam fuit le jeûne de Rha-madan comme Pâque fuit le Carême , & que les Mahométans le commencentpar une réconciliation folemnelle Sc génerale-, en quoi ce Bairam a une autre con ,formité avec notre Pâque enlaquellefe fait la plus folemnelle communion du Christia-nisme; mais que ma raison soit fondée ou non, il importe fort peu après toutque la description commence â cette fête ou a une autre. On annonce le Bai-ram aussitôt qu'on a découvert cette Lune de Sienval : 6c fi malheureusementIcs nuages empêchoient de voir la Lune, on (c) retarderoit la fete d un jour feu-lement , après quoi on íuppoíèroit pourtant qu il doit y avoir nouvelle Lune, 6cVon commenceroit la fête. Les descriptions les plus circonstantiees que nousayons de ce Bairam so trouvent dans R icaut 6c dans Tournefort : ce dernier a com-biné pour ainsi dire , les particularités qu’il a lues dans Ricaut , Thevenot 6cautres' pour en former L description. C est tout ce qu’on peut faire fur desíujiets qui ne fournissent plus rien de nouveau. Les divertissemens du Bairamsont représentés en partie dans la taille-douce qu’on voit ici. On tend des es-carpolettes dans les rues 6c l’on y voltige en Vair assis fur un siège de bois po-sé au milieu de l’esoarpolette que des hommes conduisent avec plus ou moins de vio-lence selon la volonté de celui qui y est assis. Cette escarpolette est ornée de plusieursfestons. Un autre divertissement des Mahométans c’est cette roue de fortune, prise sisouvent pour l’image de là vie humaine, ou ceux qui sont assisse trouvent tourâtour haut 6c bas. Enfin la volubilité de la roue est depuis tant de siécles en prose 6c

en

( 4 ) Ch. 9. II y a douze mois ordonnés de Dieu , & entre ces mois il y en a quatre qui sont saints.Ch. 5. il défend de violer les mois sacrés , & dans le même Ch. il dit que Dieu l’a ordonné ainsi : mais onsupose qu’ií s’agit ici du mois du Pèlerinage, que Mahomet recommande d’observer & de respecter, par-ce que c’est un mois très saint.

(b) Il y a deux Bairam , l’un est le grand , l’autre le petit. Celui dont on parle ici est le grand ; lepetit est soixante & dix jours après le grand, & le dixième du mois de Dulhaggia. On lui donne en Ara-be un nom qui signifie mot à mot la Fête des sacrifices, à cause des victimes offertes dans le tems du Pè-lerinage de la Mecque.

(c) C’est Ricaut qui le dit ainsi ubi sup. L. II. Ch. 24. & Tournefort Je repete après Ricaut.

Tome V. T 11