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[Volume III.]
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s 64 DISSERTATION SUR LES USAGES

portante à l'Etat.» quand on voit par ces registres que le Roi peíe

„ plus que Tannée précédente, le peuple en témoigne fa joie par des acclama-tions créneraìes, par des feux de joie & par d’autres marques de réjouissance ”,Te ne doute pas qu une telle Fête ne paroisse un trait de folie aux Européans lesmoins sensés: mais comme chaque Etat à les siennes, il est fort à présumer, que stiamais un Auteur Indien s’avife de décrire les Cérémonies & Coutumes des Européans , il ytrouvera des extravagances & des abus, tant chez les grands que chez les petits,qui dansleur eípéce vaudront bien tout ce que nous trouvons de repréhensible dans son pays.Te férai la clôture des Fêtes Mahométanes , par quelque détail de certaines su-perstitions populaires. Jai déja parlé de quelques unes. D’abord je trouve uneespèce de Fête superstitieuse établie chez les Indiens Mahométans , laquelle com-mence par la crainte ôc l’affliction , ôc finit par 1 elperance ôc la joie. La rai-son de cette Fête , que Thevenot appelle Çhouhret , est , que le jour qu on lacélébré les bons Anges examinent les âmes des morts & écrivent tout ce queces morts ont fait de bien pendant leur vie ; au contraire les mauvais Anges écrj?vent tout ce qu’ils ont fait de mauvais. La fuite de cette opinion est que Dieufait une revision de ces comptes écrits par les Anges ses Ministres ; & c’est là cemotif de crainte qui porte pour un peu de tems à la prière , à Tattentioii soisoi-même & aux aumônes Lee. mais la Fête finit ensuite par des illuminationsSc des feux, par des régales Le des présens. Chacun se flate sans doutée que laliquidation de sm compte aura été transportée dans le grand Ihre de mie.

2 Outre le grand Pèlerinage de la Mecque amplement décrit dans une des Dis-sertations precedentes , les Mahométans ont divers Pèlerinages particuliers à dessépulcres de Saints, Le ces Saints ont des legendes. Quoique le peuple ne man-que guéres de respecter ces Pèlerins à proportion de la valeur que son esprit plusou moins frapé peut donner aux dévotions de cet ordre ; cela n’aproche jamaisde la vénération que s’attirent les Pèlerins de la Mecque ; vénération st outrée,que non feulement on les absout de toutes fortes de crimes,mais que meme ostleur permet den commettre d’autres ; „ car (a) ajoute TAuteur qui raportecette particularité , on ne íâuroit les faire mourir suivant la Loi : ils font re-" p U tés incorruptibles, irréprochables & sanctifiés dés ce monde Un tel Fa-natisme n’a pas été fans exemple du tems de nos pères Le il ne faudroit qu’ou-vrir THistoire du feisiéme siécle, Le même du dix-septíéme, pour y en trouver untout pareil. José croire encore que de certains dogmes autorisés à Un certainpoint , soutenus par une certaine autorité conduiroient bientôt (h) la crédulité

(a) Tottmefort ubi sup...Lettre XIV. D’autres Voyageurs avoient remarqué la même chose avant IuL(h) Un des moyens propres à étendre la crédulité aveugle c’est l’exstin.ction des Arts, des Sciences &dés livres , mais on ne sauroit se passer absolument du premier article. Á f égard du second on pourroitle borner heureusement à des contemplations mystiques & à cette sage ignorance dont on ue doit se dé-pouiller qu’autant qu’un Directeur de conscience le jugeàpropos. Pour la supression des livrés, ellescroitabsolument nécessaire. On prétend que cette supression a été extrêmement favorable au Mahometifme, & il estbien vrai que les Mahométans ont détruit dânsTOrient une infinité de précieux monumens, qui pouvoient té-moigner contre eux. Dans la fuite le Cardinal Ximenés leur rendit le change en leur brûlant en Afrique & enEspagne,cinq ou six mille volumes Arabes. Lomgtems auparavant S. Grégoire le grand avoir fait brûler Ttte-Livticomme étant un Historien inutile & dangereux, qui ne contenoit que des legendes Payennes: mais quelquessiécles avant ce Pontife on avoit déja commencé de prêcher contre les livres des Gentils, & de prouver qu'stctoit nécessaire de les détruire. Les Payens eux-tnêmes n’ont pas négligé cet heureux moyen au milieude leurs ténèbres ; &, si je ne me trompe , on pourroit prouver pâr Armbe , qu’ils contribuèrent à faireperdre quelques livres de Cicéron de la Nature des Dieux. Le Lecteur en jugera par ce passage, que jêprens du L. Z« de cet Auteur. II est précédé d'un raisonnement qu'Amobe fait aux Payens, pour leurprouver qu’il est injuste & absurde d’adorer leurs Dieux; après quoi il sc prévaut contre ces Payens de la ma-niéré dont Cicéron a parle de la Nature de la Divinité. Enîuite il ajoute , comme en sc reprenant lui-me-