290 DISSERTATION SUR LES SECTES
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qu’ils signoient, se laissoient plutôt conduire au hazard qu a la solidité duraisonnement : de sorte que le soccès ne répondant pas toujours aux espé-rances du Prince ou de ses Ministres , ils en rejettoient toute la faute sorle conseil du Mufti : & ainsi ils ont été bien plus sojets a être punis debannissement ou de mort que les Efchrakites.
Je laisse les réflexions que fait Ricaut sor le grand nombre de Sectes qu’ily a parmi les Mahométans . Il valoit mieux, ce me semble, en faire d’autressor le caractère de ces Sectes. Les opinions de plusieurs de ces Hérétiquessont pour la plupart équivoques, & peuvent etre interprétées en bien commeen mal. Telles sont celles des Malumigites & des Mezzachuliens. Les opi-nions de quelques autres pourroient bien avoir été ou mal exposées , oumal entendues ; par exemple celle des Jabajachites , qui paroit avoir en vue lamaniéré dont Dieu connoit les évenemens contingens , & fa Providence
particulière. A l’égard des Muferrins &c. si leurs sentimens sont bien ra-portés , il est impossible d’en faire l’apologie. Mais sont ils bien rapor-tés , & n’a-t-on pas trop affecté de les charger de la malédiction publi-
que ì Les orthodoxes du Mahometisme ont leurs foiblesses comme les nôtres :gardons nous pourtant de comparer foibleste à fòiblesse. Personne n’ignore quecelles des Mahométans n ont aucun mérite.
Si cependant ce qu on nous dit de ces Muferrins émit véritable, on pour-roit peut être les regarder comme un reste de la Secte d’un certain Scharmalganiy qui, outre la tranfoiigration des âmes , soutenoit que dés cette vie ilétoit possible de faire la transfusion d’u ne ame dans l'autre , que ces a-mes pouvoient so confondre ensemble ôte. En vertu, de cette transfusion ilaprouvoit ôt autorisoit les commerces les plus incestueux , comme un moyenassuré de parvenir a une transfusion plus parfaite , dans laquelle, félon le plusou moins de progrès que l'on avoit fait , ou communiquoit, (on infufoit ,si je lofe dire) sos lumières aux moins parfaits. Schamalgani ÔC sos Secta-teurs , que l’on a surnommé les illuminés y portoient l’impudence juíqu’a as-surer , que les âmes de ceux qui refuseraient la communication de lumièrereviendraient expier cette faute après leur mort dans les corps quelles occupe-raient de nouveau.
A tout ce qui a été dit concernant les Sectes on doit ajouter Adhem, undes plus anciens Quìetifles du Mahometisme. Dans une de ses visions il se-toit fait écrire par un Ange , a ce que dit se Legende , au nombre deceux qui aiment Dieu : ôt cet Amour ne cédoit nullement à celui de nosmystiques outrés ; puisqu a peu près comme les nôtres il disoit , ,, que l’En-fer avec la volonté de Dieu lui étoit préférable au Paradis sens l’accom-plissement de cette volonté divine. J’aime mieux, disoit-il dans le même stile,aller en Enfer en faisent la volonté de Dieu, que de jouir du Paradis enlui désobéissant ". On conçoit aflez que tout cela n’est qu’un galamitias con-tradictoire. Il se trouve encore parmi les Turcs & parmi les Saufs de Perse ungrand nombre de Quietifles de cette force, & qui aiment à parler comme cetAdhem. On y en trouve aussi qui, a force de rafiner sor 1 etendue, la toute-présence ôt l’immensité de Dieu qu’ils prétendent rendre infiniment respecta-ble a leurs disciples , le représentent comme (a) l’eípace qui contient toutl’univers , un cercle au centre duquel aboutissent toutes les opérations des
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(a) Voy. à’Herbe lot au titre de Din.