i 4 SUPLEMENT ET ADDITIONS.
par de faux témoins, & que souvent on nous enleve d’un seul coup ce que nousavons gagné en plusieurs années.
Le Rabin remonte eníiike jufqu’à l’origine de la fable odieuse du sacrifice d'en-fans de Chrétiens. : il la trouve dans Joseph. Elle est de la façon du Gram-mairien Apion , Le chacun peut la lire dans l'IIistorien Juif. C’est ainsi que lacalomnie est de tous les siécles.
Un autre Chef d’accuíàtion c’est l’Idolatrie. Cette accusation paroîtra extra-ordinaire à ceux qui lavent que l’aversion des Juifs pour ce crime est portéejuíqu’au ridicule. En voici un exemple. „ Si, dit Mahnmides , un Juif passe,, près d’une Eglise aux environs de laquelle il y ait quelqu’Image ou quelque„ Statue , & que dans le même instant il lui entre une épine (ou une échar-,, de) dans le pied, il ne se baissera point pour ôter 1 epine, de peur qu’on ne„ croye qu’il se baille pour faire hommage a la statue L’origine de cette ac-cusation est fondée íùr la coutume qu’observent les Juifs de se tenir debout lorsqu’après avoir tiré les livres de la Loi de 1 ’Hechal (c’est ainsi qu’on appelle l’ar-cne ou l’armoire qui les renferme) pour les porter au pupitre , on les montreouverts á l’assemblée pour lui en faire la lecture. Cet usage est justifié par unpassage du livre de (a) Néhemie , & les Juifs continuent de l’observer pourmieux témoigner le profond respect qu’ils ont pour la Loi. Mais c est ici quela prétendue Idolâtrie des Juifs est plus remarquable. Lors qu on raporte laLoi à ÌHeçhal , les Juifs qui se trouvent dans le paflàge baissent la tête & sa-luent cette Loi. „ Cependant cela ne peut être regardé , selon le Rabin Ma-,, najfé , comme un acte d’Idolatrie. C’est un acte de vénération &c de respect,„ Adorer Lc vénerer font deux choses différentes” , & c’est ce qui se prouvenaturellement par les usages établis entre les hommes dans tous les pays du mon-de, non seulement à i égard des Monarques & des grands Seigneurs, mais encoredans les civilités que l’on se fait d egal à égal, & que nous ne refusons pas même ànos inférieurs. Citer des exemples, qui prouvent que les hommages rendus â desSouverains Chrétiens vont bien au delà du respect que les Juifs rendent à leurLoi, serait une chose inutile à des personnes éclairées, & ne convaincrait nul-lement ceux qui par leurs préjugés méritent d etre mis au rang du peuple. L’uíà-ge des Juifs pourrait fournir une réflexion favorable à certains Chrétiens : maisje me garderai bien de la mettre ici.
Le troisième Chef d’accuserion c’est „ que chaque Juif maudit trais fois le,, jour les Chrétiens £z prie Dieu de les confondre & de les exterminer . . .„ Cela se fait de même dans les Synagogues par les Robins Sixte de Sienne ,l’accuíâteur des Juifs en cette occasion, prend le motif de son accusation dans leTaïmud : mais le Rabin Manajfé prétend qu’on n’y trouve qti’une prière contre cer-tains Hérétiques, & qu’il ne s’y agit point des Chrétiens. Il montre que bienloin de les maudire on prie pour eux , & que les Juifs ont observé constam-ment de prier pour les Princes <k les Etats auxquels ils ont été soumis. Laprière que les Juifs sont trois fois le jour est bien éloignée des prétendues ma-lédictions, puis quau contraire on y (demande à Dieu qu il remplisse de ses henc-diBions toutes les Créatures, qui font f ouvrage de ses mains. Les Juifs vont mêmeplus loin ; ils prient le premier jour de l’année & le jour du Chippur pour laconversion de tous les peuples en ces termes ; Seigneur que toutes les Créaturesvous craignent l qiíelUs se prosement m votre présence i quelles se réunissent toutes
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(4) Chap. VIII* V. A.
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