TRAITÉ
DES
SUPERSTITIONS
SE L O N
LECRITURE SAINTE,
LES DECRETS DES CONCILES,
ET LES SENTIMENS DES SAINTS PERES,
ET DES THEOLOGIENS.
CHAPITRE PREMIER.
La Superstition ruine la Eoy de VEglise & la Culte de Dieu. Ce que c'efl que la Superflution. Elle eft condamnée par le premier Commandement de la,Loy. Elle suppose de ne»cejjité un p aile tacite ou exprès avec le c Démon^ avec lequel nous n’en devons avoiraucun.
’ËGiiSEn'a rien de plus cher nide plus précieux que la Foi. C’estcette divine vertu qui est le fonde-ment de tout Pedifice Chrétien,C’est elle qui éclaire nos esprits deslumières celestes, & nous donne laconnoissance de Dieu & de nous-mêmes , en quoi consiste nostresalut & nôtre perfection. C’est elle qui nous délivredes erreurs d'une multitude insensée, & qui nous inspireles fentimens de la véritable Sagesse. C'est a elle , dit(a) S. Jean, qu' est deuëla viEloire que mus remportonsfur le monde. C’est elle qui sert de nouriture au Juste,selon saint Paul. (b) C’est par elle que „ les Saints ont„ conquis les royaumes ; qu’i's ont accompli les devoirs„ de la justice & de la vertu ; qu’ils ont reçu l’esset„ des promesses divines; qu’ih ont fermé la gueule des,, lions qui les vouloient dévorer ; qu’ils ont arresté la„ violence du feu ; qu’ils ont évité le trenchant des,, épées ; qu’ils ont esté guéris de leurs maladies ; qu’ils„ ont été remplis de force 8c de courage dans les com-„ bats; & qu’ils ont mis en fuite les Armées des étran-„ gérs”. C’est elle qui estcethresor caché que les Apô-tres & leurs successeurs ont conseryé aux dépens de leur
(») t Joan. f.
t b) Rom I. Hebr. II. Ch. I,
vie, & qui est venu juíqu’à nous sens altération. Sanselle értíìn il est impossible de plaire k Dieu.
De là vient que le même Apôtre recommande fi ex-pressément à Timothée, sc) & en se personne à toutel’Eglise, de garder 1 le dépost de la Foi Catholique quilui a été confié : de le garder dans un entier éloignementde tout ce qui peut le corrompre, ainsi que l’expliqueVincent de Lérins (d).
Comme il est certain que l’Hcresie viole l’integrité dece dépost, 8c que le Schisme en rompt l’uniré, il est fansdoute que la Superstition en détruit la vérité par les faus-ses maximes & par les mauvaises pratiques qu’elle répanddans le monde.
Dieu, qui est un Dieu jaloux , dans le langage de l’E-criturect) , & qui ne peut souffrir que nous donnionsfa gloire àd’autres, ne veut pas que nous le servions, nique nous l’adorions selon nôtre caprice, mais de la maniérédont il veut lui-même être servi & adoré. La vertu deReligion réglé nôtre conduite sur ce point, & en nousapprenant à rendre à Dieu ce que nous lui devons, elleempêche que nous ne rendions aux créatures le culte qui I ûí
ap-
(c) I. Timoth. r. & r. Timoth. i.
, W Commonit. i. adver. haeres. Catholicse fidei tale/iwni in-violatum, illibatumque conserva.
(ey Exod, 20. £ç 34.
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