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Superstitions anciennes et modernes, préjugés vulgaires qui ont induit les peuples à des usages & à des pratiques contraires à la religion / [Pierre Lebrun]
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TRAITÉ

DES

SUPERSTITIONS

SE L O N

LECRITURE SAINTE,

LES DECRETS DES CONCILES,

ET LES SENTIMENS DES SAINTS PERES,

ET DES THEOLOGIENS.

CHAPITRE PREMIER.

La Superstition ruine la Eoy de VEglise & la Culte de Dieu. Ce que c'efl que la Superflution. Elle eft condamnée par le premier Commandement de la,Loy. Elle suppose de ne»cejjité un p aile tacite ou exprès avec le c Démon^ avec lequel nous nen devons avoiraucun.

ËGiiSEn'a rien de plus cher nide plus précieux que la Foi. Cestcette divine vertu qui est le fonde-ment de tout Pedifice Chrétien,Cest elle qui éclaire nos esprits deslumières celestes, & nous donne laconnoissance de Dieu & de nous-mêmes , en quoi consiste nostresalut & nôtre perfection. Cest elle qui nous délivredes erreurs d'une multitude insensée, & qui nous inspireles fentimens de la véritable Sagesse. C'est a elle , dit(a) S. Jean, qu' est deuëla viEloire que mus remportonsfur le monde. Cest elle qui sert de nouriture au Juste,selon saint Paul. (b) Cest par elle que les Saints ont conquis les royaumes ; qui's ont accompli les devoirs de la justice & de la vertu ; quils ont reçu lesset des promesses divines; quih ont fermé la gueule des,, lions qui les vouloient dévorer ; quils ont arresté la violence du feu ; quils ont évité le trenchant des,, épées ; quils ont esté guéris de leurs maladies ; quils ont été remplis de force 8c de courage dans les com- bats; & quils ont mis en fuite les Armées des étran- gérs. Cest elle qui estcethresor caché que les Apô-tres & leurs successeurs ont conseryé aux dépens de leur

(») t Joan. f.

t b) Rom I. Hebr. II. Ch. I,

vie, & qui est venu juíquà nous sens altération. Sanselle értíìn il est impossible de plaire k Dieu.

De vient que le même Apôtre recommande fi ex-pressément à Timothée, sc) & en se personne à toutelEglise, de garder 1 le dépost de la Foi Catholique quilui a été confié : de le garder dans un entier éloignementde tout ce qui peut le corrompre, ainsi que lexpliqueVincent de Lérins (d).

Comme il est certain que lHcresie viole lintegrité dece dépost, 8c que le Schisme en rompt luniré, il est fansdoute que la Superstition en détruit la vérité par les faus-ses maximes & par les mauvaises pratiques quelle répanddans le monde.

Dieu, qui est un Dieu jaloux , dans le langage de lE-criturect) , & qui ne peut souffrir que nous donnionsfa gloire àdautres, ne veut pas que nous le servions, nique nous ladorions selon nôtre caprice, mais de la maniérédont il veut lui-même être servi & adoré. La vertu deReligion réglé nôtre conduite sur ce point, & en nousapprenant à rendre à Dieu ce que nous lui devons, elleempêche que nous ne rendions aux créatures le culte qui I ûí

ap-

(c) I. Timoth. r. & r. Timoth. i.

, W Commonit. i. adver. haeres. Catholicse fidei tale/iwni in-violatum, illibatumque conserva.

(ey Exod, 20. £ç 34.

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