DES SUPERSTITIONS.
nôtrepremiere Mere dans le péché: Je mettrai de l’ini-mitié entre toi & la femme , entre ta semence & laíìenne.
C’est pour ce sujet sans doute que l’Apôtre saintPaul (a) ne veut pas que nous ayons aucune part niaucune société avec les Démons,,: Car, dit-il, vous„ ne pouvez boire le calice du Seigneur Sc le cali-„ ce des Démons. Vous ne pouvez pas participer à las, table du Seigneur & à la table des Démons”. Auffiprotestons-nous solemnellement dans nôtre Baptême quenous renonçons k Satan , a toutes ses œuvres er k toutesses pompes .
CHAPITRE II.
Sentìmens â'Origene , A autres fur lesSuperstitions .
C ’Est dans cet esprit que l’Ecriture sainte, lesConciles, les Peres de P Eglise, les Papes, les E-vêques, & les Théologiens, se font élevez dans tousles siécles contre la Superstition, qu’ils savoient être sisort opposée à la pureté de la Foi Catholique, si con-traire aux promesses de nôtre Bâteme, & si injurieuseà la gloire du Fils de Dieu.
Origene (é), ou Jean 44. Patriarche de Jérusalem,comme veut le P. Pierre Wastel (c) de F Ordre desCarmes, parlant des amis de Job qui demeurèrent septjours & sept nuits avec lui, dit „ : Ils adoraient Dieu„ avec piété, ils ne s’attachoient ni aux augures ni aux„ divinations, ni aux préservatifs, ni aux (d) plaques,, caractérisées, ni aux enchantemens damnables. Carj, toutes les personnes pieuses doivent savoir que toutes .„ ces choses sont des piégés & des tromperies du Dia-„ ble, des restes de l’Idolatrie, des illusions & des3 , scandales des âmes. Ce que la plupart des hommes3, ne reconnoissant pas aujourd’hui, auffi-tôt qu’ils ont», quelque incommodité, ils ont recours aux enchante-3, mens & aifx Enchanteurs, ils se servent de ligatures3, & de préservatifs, ils employeur des maléfices, ils é-3, crivent certains caractères fur du papier , fur du3 , plomb, ou fur de l’estain , & ils les lient à quelque3 > partie du corps des personnes malades. D’autres se3, servent d’enchantemens contre les enchantemens des3, serpens, & contre les suggestions & les blasphèmes3, des Démons. D’autres charment les Charmeurs mê-3, mes, & ceux qui sont charmez. Et toutes ces cho-3 , ses sont des inventions du Diable. II y en a qui ajoutent„ soi aux éternuëmens, à l’appel & au rappel, à la rencontre,, & au chant des oiseaux , ne sachant pas les misera-3 , blés & les desesperez qu’ils sont, que c’est Dieu qui9 , conduit les pas de l’homme , & ne pouvant dire à,, Dieu avec les Saints : Dresses, mes pas dans la voje de„ vos préceptes, afin qu’aucune iniquité ne domine en», moi. Car quiconque parlera ainfi au Seigneur avec», foi, accomplira cette parole: Le Seigneur fera dans„ toutes vos vojes , & conduira en paix tous vos pas.3, Mais celui qui Rappliquera à la vanité des augures ,„ des maléfices, des divinations, des préservatifs & des„ enchantements, fera troublé dans ses démarches ; ses,, actions seront traversées ; Dieu ne le visitera point ;,, les saints Anges l’abandonneront ; le Diable demeure-„ ra avec lui, il lui gastera l’esprit, il lui endurcira le„ cœur, il le rendra insensible aux choses de Dieu. A-„ lors on poura dire de cette personne & de ses scm-,, viables: O que ' les desseins des hommes sont mal-„ heureux ! O que les pensées qu’ils ont des choses de„ la terre sont vaines & superflues ! Ils se séparent &
(a) 1 Corint. io. v. 10.
\b) Tract. in Job.
(c) Lib. 2. Vindic. Oper. Johan. Jeros. Sect. 8. n. r.pag. 413
(d) Ou lames superstitieuses fur leíquelles on grave dès caractè-res étrangers, barbares ou inconnus. On en trouve des représen-tations dans le petit Albert, Agripa, Gérard de Crémone 8t Kir-cljer in Oedipo,
„ s’éloignent de Dieu pour attendre leur salut Sc pour„ prendre conseil des choses insensibles & inanimées.
„ Ils semblent éviter l’Idolatrie, & ils adorent les res»
„ tes des Idoles, je veux dire les augures, les divina-,, rions, les enchantemens, les malesices, les preserva-„ tifs. Us détournent leur esperance de la miséricorde„ de Dieu tout-puissant & vivant, & ils la mettent„ dans des choses mortes & fans ame, dans les preser-,, vatifs & les autres Superstitions dont nous avons par-„ lé ci-devant. Jettez-les dans le feu, pour voir si el-„ les pourront s’aider & se délivrer elles-memes du feu.
„ Si elles ne peuvent s’aider eiles-mêmes, comment„ pouront-elles vous aider ? Si elles ne peuvent se déli-„ vrer elles-mêmes du sou, comment pourront-elles„ vous délivrer de vos infirmitez. Dites-moi, je vous„ prie, y a-t-il un meilleur remède que le pain qui re-,3 jouît le cœur de l’homme? Cependant si vous l’at-„ tachez à vôtre cou fans mordre dedans, fans le man-,, ger, il vous fera inutile, il ne vous servira de rien.
„ Si donc le pain, qui est la vie du corps, étant atta-„ ché à vôtre cou, ne vous sert de rien, que vous„ serviront les préservatifs & les caractères écrits fur„ des plaques mortes & inanimées , les charmes, les,, auguresS'-Ies divinations, les maléfices, 1a rencontre,
„ l’appel ou le rappel des oiseaux, ce qui n’est qu’un„ effet de l’esclavage & de l’illusion du Démon , &
,, une participation de l’Idolatrie? Celui qui espere en,, une Statue inanimée est malheureux ; mais celui qui„ espere en des préservatifs morts, est encore plus mal-„ heureux. La Loi de Dieu qui veut qu’on mette à„ mort les Idolâtres, veut auffi qu’on traite de même„ les Enchanteurs & ceux qui observent les augures,
„ les divinations, les oracles, le chant des oiseaux, &
„ tous les autres maléfices. Et tous ces gens là ne doivent■,, attendre au temps de la résurrection que la colere de„ Dieu,l’Enser,les peines du Jugement eternel, 8 c le sup-„ plice du feu qui ne s’esteindra jamais. Fuyons donctoutes ces folies, mes amis, comme la flame du feu& les peines eternelles, & ayons en de l’horreur,puisque nous ne les pouvons pratiquer fans faire al-liance avec le Démon. Recommandons à Dieu tou-tes nos infirmitez , toutes nos misères , toutes nos„ traverses, toutes nòs démarches, toutes nos entrées ,
„ toutes nos sorties, enfin tout ce que nous sommes &
„ tout ce que nous possédons, afin que le Seigneur nous„ prenne en fa garde, qu’il soit en nôtre compagnie,
,, & qu’il nous assiste en tout temps & en tout lieu,
„ qu’il donne ordre à ses Anges de nous garder en„ toutes nos voyes, afin qu’étant participans de la gloire„ des Saints, nous puiffions dire avec eux ' : Soit quenous vivions y ou que nous mourrions, nous appartenons auSeigneur , „ Sc non point aux Idoles , aux enchante-„ mens, aux augures, aux divinations, aux maléfices,
,, aux préservatifs, ni aux autres œuvres & aux autres„ tromperies du Démon.” Nous appartenons au Seigneur ,
„ qui est le maître de la vie Sc de la mort, qui a puis-„ lance sur la chair & sur l’esprit , & qui dispose
„ comme il lui plaist de la vie des hommes.
„ Saint Gaudence Evesque de Bresse (e) , parle ainsi„ aux Néophytes ou nouveaux Chrétiens: Il ne suffit„ pas à un Chrétien de se priver des viandes mortelles„ des Démons ; il faut qu’il évite toutes les a-„ bominations des Gentils, Sc toutes les traces de l’I-„ dolatrie, comme des poisons diaboliques. Car les„ maléfices, les charmes, les ligatures, les vanitez, les,, augures, les sortilèges, les présagés Sc les superflu-„ fions qui.concernent les morts, sont des especes d’I-„ dolatrie.
„ Le 4. Concile de Carthage (f) en 39g. ordonne„ que l’on chasse de l’assemblée des Fidèles ceux qui„ Rappliquent aux augures & aux enchantemens, aufli->, bien que ceux qui observent les Superstitions & les,, Ferles Judaïques.
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(e) Tract. 4, de lect. Exodí.
(f) Can. 89.