Des superstitions. s
», àux autres , & faire une infinité d’autres choses sem-,, blàbles. Si l’on découvre quelques-uns de ces géns-là», hommes ou femmes, on les doit punir d’autant plus,, rigoureusement qu’ils ont la malice & la témérité de,, ne point appréhender de servir publiquement le De-» mon.
Les Canons Penitentiaux qui sont tirez des anciensLivres Penitentiaux de Théodore Archevesque de Can-torbery, du venerable Bede , de l’Eglise Romaine, deRaban Archevesque de Mayence & d’Halitgarius Eves-que de Cambray, de la collection de l’Auteur anonymequi a été publié par le R. P. Dom Luc d’Achery, (a)
& qui vivoit avant le heufiéme siede, de celle d’IsaacEvefque de Langres, de celle d’Egbert Archevesqued’Yorc, du 19. Livre du Decret de Burchard Evefquede Wormes , Lc de la ist partie du Decret d’Ives deChartres, ont condamné plusieurs sortes de Supersti-tions , & ont prescrit en les condamnant les Pénitencesque l’on doit imposer aux personnes qui les pratiquent.Voici comment ils en parlent: (b) „ Celui qui à la», maniéré des Gentils aura rendu quelque culte aux„ Elemens, & observé des signes superstitieux soit,» pour planter des arbres , soit pour bâtir des maisons,
,j soit pour semer des terres, soit pour faire des maria-„ ges, qu’il fasse penitence durant deux ans aux fériés„ légitimés" - c’est-à-dire les Lundis, les Mercredis &les Vendredis. ,, Celui qui aura fait des cnchantemens», & observé des divinations - fera penitence sept ans.
,, La femme qui est sorcière, fera penitence un an, ou,
,, comme il est ordonné par un autre Canon, sept ans.
„ Celui qui aura cueilly des herbes médicinales avec des„ parolles d’enchantemens , fera penitence vingt jours.
„ Celui qui aura consulté les Magiciens, ou qui les„ aura menez, fera penitence cinq ans. Celui qui aura,, purifié fa maison avec des chansons magiques, qui„ aura fait quelque chose de semblable , qui y aura,, consenti. on qui l’aura conseillé aux autres, sera en,, penitence cinq ans. Celui qui aura envoyé des tem-», pestes fur le champ d’autruy, fera penitence sept ans»,» dont il en jeusnera trois au pain & à l’eau. Celui qui„ y aura ajouté foy , & qui y aura eu part, jeusnera,, un an aux Fériés légitimés. Celui qui aura fait quel-» que charme par paroles, fera penitence trois Caresmes» au pain & à l’eau, le premier avant le jour de la Na-,, tivité de Nôtre-Seigneur, le second avant Basques,„ & le troisième treize jours avant la Peste de saint Iean», Baptiste. Celuy qui aura cherché au sort dans des,, Livres ou Tablettes des choses à venir, fera peni-„ tence quarante jours. Celui qui cherchera des choses„ perdues dans un Astrolabe sera penitenee deux ans.„ Celui qui mangera ou boira, ou portera fur soy quel-,, que chose pour détourner ou pour renverser les Ju-„ gements de Dieu, fera penitence comme Magicien.
„ Guillaume Le Maître Evêque d’Angers , dans son„ Synode de 1294. enjoint à tous les Curés de son Dio-„ cese de dénoncer ceux qui Rappliquent aux sortilèges,„ à la Magie, aux Augures, à la Divination, afin de„ les punir selon la rigueur des Canons. Guillaume Ar-„ chevêque de Cologne, dans ses Statuts de l’an 1317.„ excommunie aussi les Devins, les enchanteurs & les„ sorciers, & ordonne de les dénoncer publiquement pour», excommuniés tous les Dimanches & toutes les Fêtes de„ l’année.
Le Concile de Faïence dans l’ancienne Castille célébrél’an 1322. a proscrit (c) presque toutes les especes deSuperstitions par ce Decret : „ Quoique le Droit Ca-,, non & les Loix Civiles ayent condamné les Supersti-„ rions des Magiciens & des Enchanteurs, il ne laisse„ pas d’y avoir quantité de gens qui tombent dans ce„ péché. C’est pourquoi nous défendons très-expresse-„ ment à toutes sortes de personnes , de consulter cés» gens-là, & de leur demander avis, soit pour eux, soit„ pour les autres, à peined’excommunication ìpso faSlo.
(<*) Tom. 11, Spìcìltg.
{b) Frtcept. i.
W H-
,, Nous leur défendons aussi fous la mcsme peine, de„ s’arréster aux augures , & de les observer dans la,» conduite de leur vie, & nous ordonnons aux Prélats„ & aux Prédicateurs de la Parole de Dieu de détourner», par leurs exhortations tous! les Chrétiens de ces„ vaines pratiques.
En 1398. le 194 jour dé Septembre la Faculté deThéologie de Paris fit cette notable censure, contre les. ;Superstitions : ,, le Chancelier de l’Eglise de Paris & la», Faculté de Théologie én l’Université de Paris nostre», Mere, souhaittent à tous les zélateurs de la Foi orto-„ doxe qu’ils mettent leur esperancé en Dieu & dans la,» pureté de son culté, & qu’ils ne regardent pas les„ vanitez & les folies pleines de mensonge. Les hon-,» teuscs erreurs qui sont nouvellement sorties de leurs,, anciennes retraites, nous ont fait ressouvenir qu'encors„ que les veritez Catholiques soient ordinairement assez„ connues des Théologiens, & de Ceux qui Rappliquent,, à l’estude des saintes lettres, elles ne le sont pas nean-», moins du reste des hommes. En effet chaque science», a cela de propre qu’elle se laisse comprendre à ceux», qui s’y exercent. C’est ce qui â donné lieu à la,, maxime qui dit , Ou'en mature de science il faut„ croire eeux qui y sont habiles ; & à ces paroles d’Ho-3» race que saint Jérôme a employées dans l’Epistre à», Paulin : Les Médecins promettent ce qui dépend de ta,» Medecine , fir les Artisans ce qui depend de leur Art.
»» Mais la Théologie & les saintes Lettres ont cela de»» particulier, qu’elles ne dépendent ni de l’experience,
„ ni des sens, comme les autres arts, & que les person-,, nés videuses ne les peuvent facilement comprendre, à,» cause que leur malice les aveugle. Voilà pourquoi», 1‘Apôtre remarque» que plusieurs se sont égarez, de la,» foy par leur avarice » qu’il appelle pour ce sujet une„ idolâtrie. Les autres sorit tombez en toute sorte d’im-„ pieté & d’idolatrie, selon le mesme Apostre, à cause,, de leur ingratitude, parce qu'ayant connu Dieu , ils.
„ ne l’ont pas glorifié comme Dieu. Les plaisirs déréglez;
„ de la chair ont porté Salomon à l’Idolâtrie, &Didon„ à la Magie. D’autres y ont été poussez par une cu-,, riósité pleine d’orgueil, & pat le désir trop empressé„ de sçavoir les choses à venir. D’autres enfin se sont„ appliquéz à des pratiques très-superstitieuscs & impies„ par une misérable timidité qui dependoit absolument„ du lendemain, comme Lucain l’a observé du fils du„ Grand Pompée, & que les Historiens le témoignent,, de quantité de personnes. D’où il arrive que lé„ pecheur s’éloignant de Dieu, sc tourné du costé des„ vanitez & des folies trompeuses & mensongères, &„ que devenant impudemment & publiquement Apostat,
,3 il prend le parti du Démon, qui est le pere du men-„ songe. C’est ainsi que Saul en usa , lors qu’après„ avoir été abandonné de Dieu , il consulta la Pytho-„ nisse à laquelle il avoit été auparavant si contraire.„ C’est ce que fist Ochosias lors qu’ayant méprisé le„ Dieu d’Israel, il envoya consulter le Dieu d’Acca-», ron. Enfin c’est ainsi qu’il faut de nécessité qu’il„ en arrive à tous ceux qui ne pouvant montrer pat», leur foi ni par leurs œuvres qu’ils adorent le vray*,, Dieu , metirent d'être trompez par les faux Dieux.„ Voilà pourquoi considérant que cette maudite, cette„ empestée, & cette monstreUse abomination des folies,» pleines de mensonges & d’hérésies, se fortifie extraor-„ dinairement dans nôtre siecle , & voulant empêcher,, de toutes nos forces qu’une si horrible impiété, &„ une contagion si pernicieuse ne corrompe nôtre Ro--, yaume très-Chrestien, qui a autrefois été sens mon-,, stres , & qui par la grâce de Dieu en seta toujours„ exempt, nous souvenant en outre de nôtre profession,„ & estant animez du zele de la Loi de Dieu, Nóus„ avons résolu de nôter & de condamner les articles„ suivans, afin qu’à l’avenir personne ne s’y trompe.„ En quoi nous avons suivi entr’autres cette parole que„ letrès-sage Docteur saint Augustin a avancée touchant,, les pratiques superstitieuses” : Ceux qui ajoûtent foiaux Magiciens & aux Enchanteurs , ç£* ceux qui les con -
B f*h